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Pauvreté des enfants : vers une approche multidimensionnelle et participative

Ne pas réduire la lutte contre la pauvreté des enfants à une seule dimension. Voilà la teneur du message délivré par l’Unicef.

03-09-2010 Alter Échos n° 300

Ne pas réduire la lutte contre la pauvreté des enfants à une seule dimension. Voilà la teneur du message délivré par l’Unicef1, mais aussi parune étude de la Fondation Roi Baudouin2, avant une conférence sur le sujet, qui s’est tenue les 2 et 3 septembre à Marche-en-Famenne.

La lutte contre la pauvreté infantile doit être… enrichie. L’affirmation n’a rien d’un paradoxe et se trouve au cœur de l’initiative “Voilà ce que nous en pensons” (ou”What do you think ?”), que l’Unicef Belgique promeut depuis plus d’une décennie. Lancé en 1999, le projet vise à faire entendre au plus haut niveau la voix des jeunes les plusvulnérables. Il a débouché sur plusieurs rapports, dont le dernier a été présenté au Comité des droits de l’enfant de l’ONU, qui en a tenucompte dans ses observations sur la Belgique, en juin dernier.

Pour rappel, le Comité avait adressé pas moins de 88 recommandations à la Belgique. Il s’était inquiété notamment du taux élevé depauvreté infantile (16,9  %) et de l’existence d’inégalités à l’école. Il avait aussi évoqué la question de la participation des enfants, endemandant par exemple à l’État belge de leur permettre d’être entendus dans toutes les procédures administratives et judiciaires qui les concernent. Le Comitéétait par ailleurs intervenu dans la polémique sur la mendicité des enfants, en recommandant à la Belgique de l’interdire – à rebrousse-poil d’unedécision de la Cour d’appel de Bruxelles, qui avait acquitté une mère rom mendiant avec ses enfants.

Une source d’inspiration

Le rapport d’Unicef aura servi une nouvelle fois d’inspiration pour une conférence organisée dans le cadre de la présidence belge de l’Union européenne. Sous laprésidence du secrétaire d’État à l’Intégration sociale Philippe Courard (PS), flanqué des princesses Astrid et Mathilde, 300 experts et responsableseuropéens se sont réunis ces 2 et 3 septembre à Marche pour évoquer la pauvreté infantile. Objectif  : baliser le chemin pour des recommandations de laCommission européenne.

L’agenda de la conférence laisse penser que la Belgique a intégré les conseils de l’ONU, puisque l’événement se voulait participatif  : toutes les sessionsdevaient débuter par des voix d’enfants, retransmises par vidéo, enregistrées notamment dans le cadre de la campagne “Voilà ce que nous en pensons”. C’est tout le sens dela démarche de l’Unicef. “Les enfants sont les mieux placés pour parler des problèmes qui les préoccupent”, explique Isabelle Marneffe, directrice de la communication etdes programmes d’Unicef Belgique.

Réédité pour la conférence de Marche, le rapport très dense de l’Unicef reprend les remarques de centaines d’enfants vulnérables (mineurs étrangersnon accompagnés [Mena], enfants porteurs de handicap, malades, délinquants, en situation de pauvreté…), regroupées en sept pôles thématiques (la famille,les amis, l’école, le quartier, le temps libre, la pauvreté et la solidarité et le futur). L’Unicef a refusé délibérément de synthétiser lesaspirations et les frustrations exprimées par les jeunes. “Le danger des résumés et autres récapitulatifs est que l’on risque de perdre la richesse de l’original et desombrer dans les généralités”, est-il précisé d’emblée.

D’où la nécessité d’une “approche multidimensionnelle”, qui, selon Isabelle Marneffe, “ne soit pas basée seulement sur les moyens matériels”, même siceux-ci ne peuvent évidemment pas être négligés. Le respect, l’estime de soi, l’accompagnement scolaire doivent être des aspects très importants des politiquesen la matière.

Ces conclusions se retrouvent en partie dans un document esquissé sous le patronage de la Fondation Roi Baudouin, qui aura également être évoqué lors de laconférence de Marche. En coopération avec des associations, la Fondation a rédigé un manuel censé aider ceux qui essaient de donner la parole aux enfants ensituation de pauvreté.

Le document de 94 pages, téléchargeable gratuitement sur le site de la Fondation, expose des méthodes pour établir la confiance, mais aussi pour traduire les rencontresen une démarche positive pour eux. Il détaille aussi une série de cas concrets, notamment l’expérience d’une association d’Eeklo avec des enfants roms, qui, dans lecontexte actuel, pourrait permettre de nuancer certains discours sécuritaires.

1. Unicef Belgique :
– adresse : 4 route de Lennik 451, bte 4 à 1070 Bruxelles
– tél. : 02 230 59 70
– courriel : info@unicef.be
– site : www.unicef.be
2. FRB :
– adresse : rue Brederode, 21 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 511 18 40
– courriel : info@kbs-frb.be
– site : www.kbs-frb.be

Eric Walravens

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