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Ouest du Brabant wallon : sous-région cherche identité

La soirée débat du 1er mars, à Tubize, a mis en évidence la vitalité des maisons de jeunes et centres culturels de Tubize, Ittre et Rebecq dans laréflexion sur l’avenir de leur région. Mais aussi la difficulté de connecter des initiatives socioculturelles à une action politique.

15-03-2007 Alter Échos n° 225

La soirée débat du 1er mars, à Tubize, a mis en évidence la vitalité des maisons de jeunes et centres culturels de Tubize, Ittre et Rebecq dans laréflexion sur l’avenir de leur région. Mais aussi la difficulté de connecter des initiatives socioculturelles à une action politique.

Région sinistrée et tiraillée

Ittre, Tubize et Rebecq ont quelques points communs :
• ce sont des espaces ruraux ou semi-ruraux marqués par l’industrialisation : les carrières de porphyre à Quenast (Rebecq), les papeteries Arjo Wiggins dans lavallée de Virginal (Ittre) et les Forges de Clabecq – désaffectées (Tubize).
• elles forment à trois une zone tampon entre Bruxelles et le Hainaut, qui attire les familles bruxelloises cherchant un coin de campagne à un jet de pierre de la capitale.

Conséquence : une pression immobilière difficilement soutenable pour les habitants du coin, durement frappés par la fermeture de Fabelta (fin des années 70) et desForges de Clabecq (fin des années 90).

Mais les habitants de ces trois communes se retrouvent-ils pour autant dans une même identité ? Les découpages institutionnels et l’action des politiquesrépondent-ils encore aux enjeux de développement identifiés par les habitants ?

Plusieurs points de vue ont été travaillés à partir du thème proposé par le Centre culturel du Brabant wallon (CCBW1) :
• l’évolution des paysages,
• des habitats ,
• des modes de vie.

Plus d’une âme dans ses paysages

Pourquoi les paysages ? Parce que « le paysage est un langage » affirme Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste français passionné des banlieues etinvité d’honneur. Selon lui, le paysage « est le reflet de l’ordre social. Changer le monde, c’est d’abord changer notre paysage en refusant que d’autres lefassent – ou ne le fassent pas – à notre place. »

À Ittre et à Rebecq, le CCBW et la Maison des jeunes de Rebecq ont réuni deux ateliers de jeunes adultes qui ont mis en évidence la nécessité depréserver l’esprit de convivialité des villages. Pour faire face à la hausse de l’immobilier, ils préconisent de favoriser des systèmes de colocationintergénérationnelle et de pouvoir conserver les droits d’enregistrement d’un bien lors d’un déménagement.

Venu de l’est du Brabant wallon, Eric Cuypers, membre d’associations de préservation des paysages, a proposé sa lecture des paysages de l’ouest du Brabant wallon.Sa principale caractéristique, selon lui, c’est de présenter de multiples visages : rural, semi-rural, urbain, industriel et ouvrier, avec des influences architecturales tantflamandes que hennuyères. Pour Cuypers, harmoniser les multiples « âmes » du paysage de l’ouest passe par une meilleure intégration architecturale eturbanistique du bâti. Les méthodes de construction et les matériaux contemporains doivent être utilisés à partir d’une interprétation descaractéristiques locales. Le regard doit être formé, sensibilisé.

Considérant que « leur premier paysage c’est le social, les autres êtres humains », un groupe de la Maison des jeunes de Tubize a réalisé uncourt-métrage vidéo intitulé « Putain de train de vie ». À travers les préjugés qu’entretiennent les uns sur les autres trois personnagesqui se croisent à la gare, ces réalisateurs-comédiens attirent notre attention sur la part de fantasme et la part de réel qui conditionnent nos relations sociales. Ilsnous demandent d’être vigilants au regard que l’on porte sur les autres, comme sur le paysage.

Monologue à double sens avec les politiques

Des mandataires communaux assistaient à la soirée-débat. L’un d’eux – Alain Rosenoer, échevin socialiste – a longuement listé les initiativesurbanistiques terminées ou en cours à Tubize. Une autre – Marie-Claire Godeau Bougard, échevine de l’Urbanisme à Ittre (liste Participation & Alternatives) – afait part de son désarroi face à la difficile mobilisation des habitants dans les dispositifs de participation. Mais il n’y eut pas de véritable dialogue entre, d’une part, lesintervenants et le public et, d’autre part, les politiques, comme prisonniers de leurs façons de penser et d’agir.

En 2003 déjà, à la suite de la fermeture des Forges de Clabecq, le Centre culturel du Brabant wallon avait coordonné des débats citoyens dans le « voletcitoyenneté » des réflexions sur la reconversion de la sous-région (voir Alter Échos n°138 “Plus de culture dans le volet citoyenneté del’Ouest du Brabant wallon ?” et “Le Centrerégional d’intégration du Brabant wallon prend ses marques“). Sans parvenir, à l’époque, à faire entendre notamment les propositions qui y avaient vu jour enmatière de mobilité pour la sous-région. Une fois de plus, aujourd’hui ce sont des acteurs socioculturels qui ont mobilisé des habitants et construit avec eux des pointsde vue sur l’avenir d’une région. Et, une fois de plus, le rendez-vous avec les acteurs politiques semble ajourné.

1. Centre culturel du Brabant wallon, rue Belotte 3 à 1490 Court-Saint-Etienne – tél. : 010 62 10 30 – courriel :info@ccbw.be.

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