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One of us : Débat animé au sujet de l'embryon

Pétition géante, « One of us » demande à l’Union européenne qu’elle cesse tout financement à des activités pouvant détruire des embryons humains. Leur cible : les recherches sur les cellules souche d’embryons humains et l’avortement. Une audition avait lieu jeudi 10 avril au Parlement européen. Les pro-IVG s’inquiètent.

10-04-2014
Manifestation pour le droit à l'avortement BXL 2012 -La Hay 1974 : le combat continue ? ©Archives du Pays-Bas et CAL
Le droit à l’avortement sous pression ? ©Archives du Pays-Bas et CAL

Les groupes religieux et conservateurs sont de retour. Après avoir fait capoter le rapport prônant le droit à l’avortement de la députée Edite Estrela, les mêmes mouvements étaient à la fête ce matin, jeudi 10 avril, au Parlement européen.

L’objet de leur fierté tient en trois mots : « One of us ». Une initiative citoyenne européenne signée par 1,8 millions de personnes. Son but : qu’on ne touche plus à l’embryon humain.

Un but assorti de deux demandes très concrètes : que l’Union européenne ne finance plus aucun projet de recherche impliquant des cellules souches d’embryons humains et qu’elle cesse toute aide au développement qui pourrait, directement ou indirectement, soutenir l’avortement.

Vu le nombre de signataires, One of us est l’initiative citoyenne européenne qui a, à ce jour, connu le succès le plus important.

Pour rappel, ces initiatives sont une innovation du traité de Lisbonne. En théorie l’initiative citoyenne européenne donne « aux citoyens un droit d’initiative législative similaire à celui dont dispose le Parlement européen et le Conseil des ministres ». Il s’agit en gros d’un droit de pétition. Lorsqu’une pétition récolte un million de signatures, réparties dans au moins sept États européens, le comité de citoyens à l’origine du texte peut être auditionné au Parlement européen.

Quant à la Commission européenne, elle est dans l’obligation de se prononcer sur l’initiative et devra préciser les suites qu’elle entend y donner.

« Des forces conservatrices qui se mobilisent »

Justement, quelle sera la suite réservée à cette initiative ? La question est ouverte. On sait que la Commission devra se prononcer avant le 28 mai.

Pour Neil Datta, secrétaire du Forum parlementaire européen sur la population et le développement, cette initiative « ne devrait pas aller bien loin au niveau juridique ». Si, selon lui, le courant qui s’exprimait aujourd’hui est « très minoritaire chez les députés, un courant ultra-religieux de droite et d’extrême droite », cela n’empêche nullement que ce « courant politique » autoproclamé « pro-vie », prend de l’assurance.

Et c’est bien ce qui inquiétait les défenseurs du droit à l’avortement, un peu sonnés. Viviane Teitelbaum, présidente du Lobby européen des femmes s’inquiète de ce « mouvement de fond. Ces forces conservatrices qui se mobilisent ». Elle se dit « très choquée » des propos exprimés lors de l’audition comme si « le ciel s’assombrissait au dessus de nous ». Même son de cloche chez Marc Tarabella qui a dénoncé, par voie de communiqué, un « Parlement européen plongé dans le moyen-âge ».

Il est vrai que le discours de Grégor Puppinck, président du comité de citoyens One of us et responsable du Centre européen pour la loi et la justice, ONG financée par les néo-conservateurs américains, a de quoi faire peur aux partisans du droit à l’avortement. De manière récurrente il a défendu le droit à la dignité de l’être humain « dès sa conception ». Il a dénoncé la « destruction des êtres humains » au point de comparer son combat pour le respect des embryons à la « lutte contre l’esclavage ». Un discours fortement applaudi…

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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