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Non-recours : une bombe à retardement

La crise sanitaire et sociale risque d’aggraver le non-recours, phénomène par lequel des personnes qui peuvent prétendre à des droits et des services n’en bénéficient pas.

© Flickrcc Alexcoitus

De longues minutes d’attente au téléphone, une voix humanoïde qui nous prie de patienter et une musique d’ascenseur censée calmer nos nerfs… Pendant le confinement, et encore aujourd’hui, travailleurs sociaux mais aussi bénéficiaires ont dû prendre, au bout du fil, leur mal en patience. De nombreux services ayant fermé leur porte, les rendez-vous «de visu» se sont transformés en appels téléphoniques ou en démarches virtuelles. Avec un risque de perdre, d’emblée ou en cours de route, une partie du public pourtant éligible à des droits ou services.

Il y a encore quelques années, on parlait peu du non-recours en Belgique, qui renvoie, selon Odenore, Observatoire français des non-recours aux droits et services, pionnier dans l’étude du phénomène, «à toute personne qui – en tout état de cause – ne bénéficie pas d’une offre publique, de droits et services, à laquelle elle pourrait prétendre» (lire «Le non-recours aux droits: un chantier ouvert en Europe», Alter Échos n°403, juin 2015.) Selon la typologie établie par Odenore, les causes du non-recours sont: la non-connaissance, la non-demande, le non-accès, la non-réception et la non-proposition. La saturation des services, la lourdeur et la complexité administrative, ou encore la peur de l’institution, peuvent décourager certaines personnes de faire valoir leurs droits. Le concept a depuis peu gagné notre pays. Il a notamment fait...

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Manon Legrand

Manon Legrand

Coordinatrice Alter Échos, journaliste (social, logement, environnement)

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