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Soins de santé

Molenbeek, un projet pilote pour intégrer social et santé

En octobre 2017, le centre de santé K-Nal Santé a ouvert à Molenbeek en vue de devenir dès 2019 un centre social et de santé intégré. Encore en gestation, le projet réunit quatre autres structures: le centre  médico-social pour usagers de drogues Lama, le planning familial Leman, le centre d ‘action sociale globale Solidarité Savoir et le centre de santé mental D’ici et d’Ailleurs. L’objectif est de répondre aux enjeux de la fragmentation et de la saturation de l’offre social-santé du quartier.

Sugree, CC BY 2.0

En octobre 2017, le centre de santé K-Nal Santé a ouvert à Molenbeek en vue de devenir dès 2019 un centre social et de santé intégré. Encore en gestation, le projet réunit quatre autres structures : le centre médico-social pour usagers de drogues Lama, le planning familial Leman, le centre d’action sociale globale Solidarité Savoir et le centre de santé mentale D’ici et d’Ailleurs. L’objectif est de répondre aux enjeux de la fragmentation et de la saturation de l’offre social-santé du quartier.

Travaillant avec des personnes en marge du système de santé, Médecins du Monde (MdM) se veut être une « passerelle » entre celles-ci et le système de santé. « Nous avons constaté que nous ne parvenions pas à les (re)mettre dans le système, notamment parce qu’il n’y a pas assez de places. On s’est dit que nous allions en créer de nouvelles. La Belgique est aussi connue pour la fragmentation des soins, ce qui diminue leur accessibilité, d’autant plus pour les personnes précarisées ou âgées », explique Isabelle Heymans, de MdM.

À Molenbeek, tout comme dans d’autres quartiers bruxellois, s’observe une importante densité du réseau associatif. Le centre social-santé intégré serait pour les partenaires un possible lieu de travail collaboratif, permettant une plus grande fluidité entre les services, tout en préservant les usagers non désireux de cette approche. « Nous ne voulons pas avoir une approche totalitaire. L’usager qui intégrera le centre ne sera pas obligatoirement inscrit dans ce processus. De plus, nous veillerons à ce que les notions de déontologie et de secret professionnel soient correctement maintenues », précise Michael Vaneeckhout, de l’asbl Solidarité Savoir.

Un modèle à bout de souffle ?

Élaborée par le Groupe d’étude pour une réforme de la médecine (GERM) dans les années 1970, la philosophie des centres intégrés a donné naissance au modèle des maisons médicales, plannings familiaux, centres de santé mentale et pour usagers de drogues. Comme de plus en plus de personnes ne parviennent plus à accéder aux soins de première ligne, « on s’est dit que notre modèle des années 1970 était peut-être à bout de souffle, que les conditions professionnelles et sociétales sont telles que nous devions le repenser », explique Michel Roland, président de MdM. Se voyant de plus en plus sollicitée, l’ONG a cherché à réunir plusieurs structures en vue d’assurer un accès social-santé ouvert à tous, y compris les personnes les plus désaffiliées, afin de garantir une mixité sociale et éviter toute stigmatisation. Le projet s’inspire tant des centres locaux de santé communautaire testés au Québec que de la Free Clinic, située à Matongé à Ixelles. À la différence qu’il réunit des structures du quartier déjà agréées, hormis le planning familial Leman jusqu’à présent situé à Etterbeek. Si le planning familial du Karreveld, implanté dans le quartier depuis une vingtaine d’années, aurait peut-être été intéressé de rejoindre l’initiative, celui-ci n’en a pas été informé. Depuis, la commune de Berchem-Saint-Agathe lui a proposé de participer à un autre projet.

En cours de réflexion depuis deux ans, les partenaires se réunissent dans un comité de pilotage (directions et coordinations), des groupes de travail et des plénières avec l’ensemble des travailleurs. Le groupe de travail « Trajectoire » se penche spécifiquement sur la trajectoire du patient, afin de réfléchir à la collaboration entre les services autour de ce dernier, et notamment son accueil. « L’accueil est quelque chose de très important, sachant que notre patientèle présente certaines caractéristiques. Il s’inscrit dans le processus du soin. Quand on parle d’exil psychique, l’accueil permet déjà à la personne de s’inscrire dans un ici », explique Benoît Pierret, de D’ici et d’Ailleurs. Un autre enjeu est de parvenir à mettre en place une gouvernance collective permettant un travail transsectoriel et transdisciplinaire, tout en respectant les identités propres des structures. Ce qui n’est pas toujours tâche facile sachant que les structures ne partagent pas les mêmes réalités, ne connaissent pas la même saturation et n’ont pas le même modèle organisationnel.

En savoir plus

Alter Échos n° 444, « Promotion de la santé : à contre-courant ? », Julie Luong, 17 mai 2017

Laurence Grun

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