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Technologie

Mauvaise herbe

21 novembre 2018 Julie Luong

Le Ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio a récemment débloqué une enveloppe de 500.000 euros pour tester les robots désherbeurs sur le territoire wallon. Une alternative viable aux produits phytopharmaceutiques ?

Pas de maraîchage sans désherbage, en particulier s’agissant des cultures à croissance lente (carottes, navets, panais, épinard…). Mais aujourd’hui, le principe de précaution devrait conduire à réduire ou, mieux, à supprimer l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Encore faut-il trouver des alternatives viables, dans un contexte où le désherbage à la main a souvent été abandonné, faute de main d’œuvre. Le Ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio vient donc de débloquer une enveloppe de 500.000 euros pour permettre au CRA-W (Centre wallon de recherches agronomiques de Gembloux) de tester les robots désherbeurs. Capables de se déplacer à travers champs pour traquer l’herbe mauvaise de manière mécanique et/ou cibler la diffusion d’herbicides en lieu et place de l’épandage massif, ces machines pourraient être appelées à jouer un rôle majeur dans la transition agricole. « Il s’agit d’outils totalement innovants qui, pour beaucoup, sont encore à l’état de prototypes », explique Laurent Jamar, attaché scientifique au CRA-W. Raison pour laquelle le centre va tester pendant trois ans les possibilités offertes par cette robotisation. « La première phase est de déterminer avec quelles firmes produisant ce type de machines nous allons travailler. Ensuite, il faut valider leur usage en champs expérimentaux, sur les terres du CRA-W, dans différentes situations, selon les espèces, selon les surfaces, etc. Enfin, les tests seront menés en conditions réelles, avec la collaboration d’agriculteurs qui se verront équipés de robots électriques pour traiter leur production maraîchère. »

Quelle salade

Jusqu’à ce jour, en Belgique, ces robots désherbeurs étaient en effet totalement absents du paysage. La France, en revanche, en compte un peu moins d’une centaine. Ils ont notamment été validés dans les cultures de salade « homogènes », à savoir présentant une couleur uniforme, un indice de taille pour ces machines. « Les caméras du robot lui permettent de détecter l’emplacement des lignes, mais aussi l’emplacement des plans. La reconnaissance visuelle joue un rôle majeur », explique Laurent Jamar. Reste la question épineuse du coût de ces robots. « Aujourd’hui, les prix commencent autour de 30.000 euros pour aller jusqu’à 100.000 euros, selon le type d’outils, mais aussi leur degré d’autonomie : il y a des robots capables d’effectuer une partie du désherbage mais d’autres peuvent réaliser la totalité du travail. Ces outils restent en moyenne très onéreux car très peu diffusés, mais si leur usage se généralise, ça pourrait se démocratiser très très rapidement », commente encore Laurent Jamar, qui précise qu’une petite dizaine de firmes est aujourd’hui active dans le développement de ces outils. La traque à la mauvaise herbe ne fait que commencer.

 

Découvrez notre web-doc sur les robots

De la même façon que la machine à vapeur ou l’électricité ont révolutionné le monde du travail en leurs temps, nous sommes aujourd’hui à la veille de grands bouleversements. Les développements de la robotique poussent à une automatisation sans cesse accrue du travail. Si le robot est amené à remplacer l’humain, faut-il prévoir une taxe sur les machines pour financer la sécurité sociale ? Repenser la répartition du travail et la concertation sociale ? La technologie n’est pas en soi bonne ou mauvaise. Bien utilisés, les robots peuvent aussi assister l’humain dans des tâches pénibles.

A voir sur -> www.alterechos.be/4emerevolution

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