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Technologie
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Make Equity : une app au service de l’égalité des genres

Alter Échos n° 447 17 mai 2017 Alexandre Decoster

Bientôt sur les rails, l’application Make Equity ambitionne de réguler, sur un mode ludique, la répartition des tâches au sein des cercles familiaux. Un outil qui s’intègre dans un projet plus large visant à sensibiliser sur les possibilités d’utiliser l’open data pour réduire les inégalités de genre.

En novembre 2016, Amazone-Carrefour de l’égalité de genre co-organisait avec le CIRB un hackathon (marathon de développeurs) sur la question de l’égalité homme-femme dans les villes. Partie finale d’un projet visant à sensibiliser les administrations sur l’importance de rendre disponible de l’open data ventilée par genre. « Le hackathon fait partie d’un projet plus large qui a pour but d’ouvrir les bases de données (open data) et de les ventiler par genre pour faciliter le travail des associations de femmes », explique Virginie Tumelaire, collaboratrice du centre de documentation d’Amazone. En effet, depuis 2015 les administrations ont pour obligation d’ouvrir leurs bases de données au public.

« Une fois, mon fils a mis des pulls en laine (dans le lave-linge) à haute température, mes amies m’ont dit : ‘Faut pas le laisser faire’. Moi j’ai dit : ‘Non, non ! C’est bien qu’il le fasse ! Tant pis pour mes pulls.’ », Ana Valuenza,”Make Equity”

L’association veut attirer l’attention sur l’importance de ventiler les données par genre au risque de voir des mesures politiques aggraver cette fracture homme-femme par une mauvaise compréhension des données. L’événement était aussi l’occasion pour les équipes de rivaliser d’imagination pour créer des applications autour de la question de genre utilisant l’open data. L’application gagnante « Make Equity » a pour ambition d’introduire davantage d’égalité dans les tâches ménagères.

Make Equity

Parmi l’équipe de développeurs de « Make Equity », on trouve Ana Valuenza, biologiste et directrice de projets pour l’asbl De Creatiev Estem. Apprenant l’organisation du hackathon organisé par Amazone via ses contacts dans les milieux féministes, elle est tout de suite emballée par l’idée. Le but de l’application ? « L’évaluation des tâches pour les femmes dans la maison, rendre visibles les tâches, le temps et (ce que) ça donne comme somme d’argent », explique la chercheuse. L’application permettra dans un premier temps de faire un diagnostic de la répartition des tâches dans le ménage et ensuite de les redistribuer selon des critères de temps, de difficultés et de valeurs monétaires. Les membres du ménage pourront ensuite s’échanger leurs tâches tout en conservant une équité entre chacun.

À la base de ce projet, plusieurs constats identifiés lors d’entretiens avec des femmes et hommes à propos de la répartition des tâches dans leur ménage. « Des hommes qui en restant à la maison se sont impliqués, car sur le lieu de travail ils ne visualisaient pas », se souvient Ana Valenzuela. « Ou des femmes qui préfèrent faire tout elles-mêmes car les hommes ne le font pas bien », s’amuse-t-elle. Si, à la base l’application devait s’adresser aux couples, elle s’est finalement élargie aux familles. Ana Valuenza, mère de deux enfants, pioche d’ailleurs dans son vécu pour l’illustrer. « Une fois, mon fils a mis des pulls en laine (dans le lave-linge) à haute température, mes amies m’ont dit : ‘Faut pas le laisser faire’. Moi j’ai dit : ‘Non, non ! C’est bien qu’il le fasse ! Tant pis pour mes pulls.’ »

Utiliser l’open data pour la recherche

Si l’application prend un tour ludique, elle a aussi pour but de collecter des données pour la recherche. Malheureusement, pas encore de date de sortie annoncée même si un prototype existe déjà. Malgré le Boot Camp MIC (coaching par Microsoft) gagné lors du hackathon, l’association rencontre des problèmes de financement. Le coaching proposé par Microsoft s’oriente vers des applications payantes, ce qu’Ana Valenzuela veut éviter, trouvant que cela n’aurait pas d’intérêt pour la recherche. « On a le projet, on a un prototype. Ce qu’on voudrait, c’est parler avec des femmes, des féministes. On a besoin d’associations pour financer au début et d’utilisateurs pour la tester. » Des volontaires ?

 

 

En savoir plus

AlterEchos (site) « Radio Femmes Fatales brouille les pistes du genre », Marie-Eve Merckx, 3 juin 2016

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