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Culture
© Samir Al-Haddad

Radio Femmes Fatales brouille les pistes du genre

3 juin 2016 Marie-Eve Merckx

Clichés, stéréotypes et rôles liés au genre féminin font l’objet de quantité d’analyses et d’études de tous bords. Ces matières sont scrutées avec des tas de lunettes différentes. Et pour cause, la dualité homme/femme, ses enjeux, reviennent continuellement sur le devant de l’actualité via le combat pour une égalité toujours en devenir ou le retour inquiétant à des idées rétrogrades au sein de la société, entre autres…

Radio Femmes Fatales (RFF) a choisi d’explorer les notions d’identités féminines par le biais de la création radiophonique.

Radio Femmes Fatales (RFF), c’est un duo, formé par Maya Boquet et Lenka Luptáková, qui élabore des pièces radiophoniques jouées en direct sur scène et retransmises en live et en simultané sur des radios. Partout où elles débarquent, elles investissent, le temps de leur émission, à la fois un lieu de représentation et une fréquence hertzienne. Il y a donc deux types de publics : ceux qui voient un spectacle et ceux qui écoutent une pièce sonore.

Les émissions de RFF combinent et détournent différents formats radiophoniques. Une grammaire sonore faite d’éléments hétérogènes et éclectiques – musique, extraits d’interviews, bruits, … – qui s’entremêlent au sein d’une partition déroutante, où la seule règle serait celle de l’exploration de l’inouï. Ce dispositif ouvre la réflexion sur les questions de genre, avec une belle liberté de ton et sans conclusion ni démonstration …

Les émissions sont présentées sous forme d’épisodes courts, d’une durée de 30 minutes, qui ouvrent sur des figures des « femmes fatales pas comme les autres ». Ces « femmes fatales » sont celles et ceux qui, par leurs actions, œuvrent à brouiller les catégories traditionnelles et à définir un large spectre entre les pôles « mâle » et « femelle ». Tout un programme.

Pour creuser la démarche & le travail de RFF, nous avons rencontré Lenka Luptáková pour une interview « mixte » – questions écrites, réponses sonores – et plutôt brute, sur une terrasse de la Place Bethléem à Saint-Gilles. Comme un écho aux partitions de RFF, la voix de Lenka se mêle aux bruits de la rue, klaxons, moteurs, vent dans le microphone et bavardages des tables voisines …

AE : D’où vient cette idée de « Radio Femmes Fatales » ?

AE : À travers ses émissions, RFF met en lumière des figures de « femmes fatales pas comme les autres ».  Quelles sont-elles ?

AE : Dans leur dimension sonore, les partitions de RFF se conçoivent comme des « hörspiels », des « jeux pour l’oreille » où différents éléments s’entrelacent. Comment construisez-vous ces partitions ?

AE : Les émissions que vous concevez sont également jouées en direct et en public. En quoi cette dimension de ‘rapport direct ‘ avec les spectateurs est-elle importante ?

AE : RFF explore les notions d’identité féminine. De manière large, à travers une série de références filmiques, musicales, littéraires… mais vous vous inspirez également de vos expériences personnelles. Où placez-vous la limite à votre investissement dans le jeu ?

AE : L’idée est de batailler de manière créative contre les idées figées. Comment faites-vous pour éviter de tomber vous-mêmes dans les clichés ? Faites-vous appel à des regards extérieurs, notamment masculins ?

AE : Le champ d’exploration choisi est vaste, dense. Il est très présent dans l’actualité. L’identité féminine est mise à mal, particulièrement dans un contexte de crise politique, économique et sociale. Cela peut donner lieu à un nombre infini d’épisodes …

Radio Femmes Fatales sera en représentation ces vendredi et samedi 3 & 4 juin au Théâtre Varia pour le festival Variasons.

RFF y présentera un épisode différent, chacun des deux jours à 20h.

Ces deux émissions seront également diffusées en direct depuis cette plateforme web : http://mixlr.com/radiofemmesfatales/

Pour en savoir plus sur Radio Femmes Fatales : http://radiofemmesfatales.blogspot.be/

Et pour vous plonger dans le vif du sujet, rendez-vous ci-dessous :

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A propos de l'auteur(e)

Marie-Eve Merckx

Elle se voyait hôtesse de l'air ou avocate. Elle a fini par étudier la traduction et la socio-politique, « deux choses qui ne servent à rien » comme lui a un jour affirmé une personne lors d'un entretien d'embauche. Pourtant, on ne peut pas dire que Marie-Ève ne sert à rien dans les murs de l'Agence Alter. Grande maîtresse de la comm', c'est elle aussi qui s'occupe des abonnements, d'une partie des subsides et des petites vidéos GIF décalées dont elle abreuve les boites mails de ses collègues. Fan de Frida Kahlo et de sa fameuse « maison bleue », cette originaire du Pays-vert se verrait bien faire de la radio jusqu'à la fin de ses jours si ses finances devaient un jour le lui permettre. Pourquoi ? « Parce que c'est absolument nécessaire par les temps qui courent. » marie-eve [dot] merckx [at] alter [dot] be

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