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Dossier: prostitution

Les dessous du débat

Le face-à-face n’est pas neuf et suscite des prises de position enflammées: il oppose les partisans d’une prostitution réglementée, avec la création d’un statut professionnel, à ceux qui militent pour l’abolition de la prostitution, au motif que les personnes prostituées sont les victimes d’un système de dominations de genre et économiques. Si, au lieu de tenter de prendre position, on reconnaissait que la solution unique n’existait pas? Et que c’est l’ensemble des politiques publiques qui doit être interrogé? Interview de Renaud Maes, sociologue (ULB, Université Saint-Louis).

Illustration Mathilde Wauters

Le face-à-face n’est pas neuf et suscite des prises de position enflammées: il oppose les partisans d’une prostitution réglementée, avec la création d’un statut professionnel, à ceux qui militent pour l’abolition de la prostitution1, au motif que les personnes prostituées sont les victimes d’un système de dominations de genre et économiques. Si, au lieu de tenter de prendre position, on reconnaissait que la solution unique n’existait pas? Et que c’est l’ensemble des politiques publiques qui doit être interrogé? Interview de Renaud Maes, sociologue (ULB, Université Saint-Louis).

Alter Échos: Métier librement choisi ou contrainte imposée: la notion de choix est-elle pertinente?

Renaud Maes: Cette question n’a pas vraiment d’intérêt, parce que l’on se retrouve avec deux fictions qui s’opposent: la fiction de la victime absolue et celle de l’entrepreneur libéral. Les personnes qui se prostituent ne sont ni l’une ni l’autre. Selon moi, la marge de liberté individuelle dans le choix de n’importe quelle profession est extrêmement faible puisqu’il y a toujours énormément de déterminants sociaux et économiques à l’œuvre. Est-ce mieux de se prostituer ou d’être caissière au Carrefour? C’est une question entendue 3.000 fois et qui a peu de sens puisqu’il serait mieux de ne faire ni l’un ni l’autre. Ce qui est un peu désagréable dans la manière dont certains abolitionnistes définisse...

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Le face-à-face n’est pas neuf et suscite des prises de position enflammées: il oppose les partisans d’une prostitution réglementée, avec la création d’un statut professionnel, à ceux qui militent pour l’abolition de la prostitution1, au motif que les personnes prostituées sont les victimes d’un système de dominations de genre et économiques. Si, au lieu de tenter de prendre position, on reconnaissait que la solution unique n’existait pas? Et que c’est l’ensemble des politiques publiques qui doit être interrogé? Interview de Renaud Maes, sociologue (ULB, Université Saint-Louis).

Alter Échos: Métier librement choisi ou contrainte imposée: la notion de choix est-elle pertinente?

Renaud Maes: Cette question n’a pas vraiment d’intérêt, parce que l’on se retrouve avec deux fictions qui s’opposent: la fiction de la victime absolue et celle de l’entrepreneur libéral. Les personnes qui se prostituent ne sont ni l’une ni l’autre. Selon moi, la marge de liberté individuelle dans le choix de n’importe quelle profession est extrêmement faible puisqu’il y a toujours énormément de déterminants sociaux et économiques à l’œuvre. Est-ce mieux de se prostituer ou d’être caissière au Carrefour? C’est une question entendue 3.000 fois et qui a peu de sens puisqu’il serait mieux de ne faire ni l’un ni l’autre. Ce qui est un peu désagréable dans la manière dont certains abolitionnistes définisse...

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Marinette Mormont

Marinette Mormont

Coordinatrice Focales, journaliste (social, santé, logement)

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