Alter Échosr
L'actualité sociale avec le décodeur

Archives

"Le nouveau PAC ne touche que 50 % des 18-25 ans bruxellois"

02-11-1999 Alter Échos n° 62

Depuis le printemps, les Régions ont mis en œuvre le nouveau Plan d’accompagnement des chômeurs (PAC), revu en 98, dont la première partie consiste à donner uneformation de 1.000 heures aux 18-25 ans qui n’ont pas terminé leur scolarité (décrochage avant la troisième secondaire) et n’ont aucune expérience professionnelle.Soit 600 personnes à Bruxelles et 3.000 en Wallonie. A l’heure qu’il est, cette première partie arrive en vitesse de croisière, et les autres publics prévus 1 sont entrain d’être contactés.
Tandis que le gouvernement fédéral prépare de nouvelles modifications du PAC pour 2000, tous les acteurs de première ligne concernés sont unanimes : cette mesureest inadaptée au public visé.
Bruxelles
C’est l’ORBEm 2 qui est responsable de la mesure. Il convoque les personnes concernées par courrier (étape aujourd’hui achevée). Puis les envoie au «Centre de ressourcesPAC» de Bruxelles-Formation pour trouver une orientation. Les 1.000 heures de formation sont ensuite suivies chez Bruxelles-Formation ou chez un des nombreux partenaires du dispositifd’insertion bruxellois. L’ORBEm convoque la personne tous les mois à des fins de suivi.
L’ORBEm se refusant depuis le mois de mai à nous communiquer quelqu’information sur le PAC, c’est à des contacts informels que nous avons recouru : on constate aujourd’hui que 50 % despersonnes visées auraient déjà décroché. Certaines ne se sont pas présentées à la première convocation, certaines n’ont pasété faire de démarches d’orientation chez Bruxelles-Formation comme convenu lors de ce premier rendez-vous, et certaines ne se sont pas présentées à laformation décidée, ou y montrent un absentéisme important.
C’est donc au moins 50 % du public concerné que l’ORBEm est ou sera obligé de «radier».
Les personnes que nous avons contactées pointent du doigt :
n le trop grand nombre de «guichets» vers lesquels ces jeunes sont envoyés successivement,
n le manque de préparation des opérateurs pour mettre au point des approches et pédagogies adaptées (c’est seulement depuis octobre que Bruxelles Formation a fait passerses bilans de trois à cinq jours pour ce public),
n l’absence de droit à une seconde chance si le jeune constate qu’il s’est trompé d’orientation.
Les radiations à l’ORBEm sont à transmettre à l’ONEm : comme le mentionne l’ORBEm dans sa convocation, en cas de radiation, la personne concernée peut se réinscriredès le lendemain comme demandeur d’emploi. Mais ce public ne pouvant bénéficier d’allocations de chômage, nul n’est à même de dire ce que le PAC aura commeconséquences pour ces personnes, par exemple lorsque après un contrat de travail elles demanderont le droit aux allocations. La FEBISP 3 nous affirme avoir interpellé la ministrefédérale de l’Emploi à ce sujet.
Wallonie
On parle ici du programme «Enjeu 3.000» qui, sous la responsabilité du Forem 4, accorde, par stagiaire concerné, des subventions complémentaires aux opérateursqui prennent en charge les 1.000 heures de formation.
Ici, la moindre complexité institutionnelle facilite à peine les choses et le questionnement est plus radical : les personnes visées ne pouvant bénéficierd’allocations de chômage, c’est un revenu qu’elles cherchent, donc un travail plutôt qu’une formation.
Il s’avère que moins d’une centaine de jeunes à peine sont jusqu’ici arrivés en formation. Le Forem essaie donc de miser plus sur les Plans formation insertion (PFI), quicomportent un contrat de travail, que sur les formations initialement prévues. Par ailleurs, il ne convoque plus les jeunes par courrier après leur sixième moisd’inactivité, mais les invite à un nouveau rendez-vous au moment de leur inscription comme demandeurs d’emploi.
1 L’actuelle mouture du PAC prévoit aussi une initiative sur mesure pour les demandeurs d’emploi qui ont quitté l’école avant la sixième mais qui ont une expérienceprofessionnelle, et une formation courte pour les demandeurs d’emploi qui ont décroché entre la troisième et la sixième, et qui n’ont pas d’expérienceprofessionnelle.
2 ORBEm, bd Anspach 65 à 1000 Bruxelles, tél. : 02/505 14 11, fax : 02/511 30 52.
3 Fédération bruxelloise des organismes d’insertion socioprofessionnelle, rue des Alliés 307 à 1190 Bruxelles, tél. : 02/537 72 04, fax : 02/537 84 04, e-mail :febisp@skynet.be
4 Forem, direction Formation, bd Tirou 104 à 6000 Charleroi, tél. : 071/20 65 85, fax : 071/20 67 96.

Alter Échos

Pssstt, visiteur, visiteuse du site d'Alter Échos !

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, notamment ceux en lien avec le Covid-19, pour le partage, pour l'intérêt qu'ils représentent pour la collectivité, et pour répondre à notre mission d'éducation permanente. Mais produire une information critique de qualité a un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous ! Et parlez-en autour de vous.
Profitez de notre offre découverte 19€ pour 3 mois (accès web aux contenus/archives en ligne + édition papier)