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Le gouvernement bruxellois développe un "Plan Emploi Jeunes"

Ce 19 juillet, le Gouvernement bruxellois adoptait un « Plan pour l’emploi des jeunes », constitué de 24 mesures. Avant d’entrer en vigueur, le Plan doit encoreêtre discuté et avalisé par le CBCES (Comité de bruxellois de concertation économique et sociale) : le cabinet du ministre de l’Économie et del’Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), espère que ce sera chose faite pour la fin du mois de novembre.

19-10-2007 Alter Échos n° 238

Ce 19 juillet, le Gouvernement bruxellois adoptait un « Plan pour l’emploi des jeunes », constitué de 24 mesures. Avant d’entrer en vigueur, le Plan doit encoreêtre discuté et avalisé par le CBCES (Comité de bruxellois de concertation économique et sociale) : le cabinet du ministre de l’Économie et del’Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), espère que ce sera chose faite pour la fin du mois de novembre.

Les chiffres sont aussi connus que catastrophiques : le taux de chômage des jeunes Bruxellois avoisine les 35 % (pour une moyenne européenne de 18 %, et nationale de 21 %. En chiffresabsolus, ce sont ainsi 14 131 jeunes de moins de 25 ans qui étaient demandeurs d’emploi indemnisés en avril 2007, et 30 291 de moins de 30 ans. La pression est doncparticulièrement forte pour s’attaquer à un problème qui concerne autant les politiques régionales que communautaires (en matière d’enseignement). Elles’était notamment matérialisée par une manifestation organisée ce 22 juin par une Plateforme pour l’emploi des jeunes Bruxellois.

Six volets

Pour tenter de répondre au défi, le gouvernement a élaboré un plan en six volets :
• multiplier les expériences professionnelles ;
• lutter contre la dualisation scolaire ;
• améliorer les compétences des chercheurs d’emploi ;
• favoriser l’apprentissage des langues ;
• renforcer l’accompagnement de chaque demandeur d’emploi ;
• développer de l’emploi pour les peu qualifiés.

Sans détailler l’ensemble des 24 mesures ainsi rassemblées, le Plan confirme notamment la décision du gouvernement bruxellois du 21 juin de créer un ou plusieurs (enfonction de la qualité des projets) nouveaux Bureaux sociaux d’intérim : un appel à projets devrait prochainement être publié au Moniteur à ceteffet. Une telle structure – Aris1 – a déjà été lancée en février 2007 (résultant d’une collaboration entre Daoust,Febecoop et T-Service d’Actiris), avec un objectif de trente mises à l’emploi par an, mais n’a pas encore été évaluée.

Le gouvernement bruxellois souhaiterait également renforcer le projet Jeep (Jeunes École Emploi, tout un programme !) – récemment dans la tourmente suite auxhésitations de la Communauté française quant à la poursuite de son soutien au-delà de 20082. Le gouvernement bruxellois souhaiterait en passer par unaccord de coopération ou une convention pour régler ces difficultés, et réorienter le projet pour lui donner une véritable « approche métiers »,alors qu’actuellement le programme se veut plus globale, abordant des aspects tels que la sécurité sociale. Reste toutefois à voir comment ces changements éventuelss’articuleront aux projets du Contrat pour l’école, en matière d’orientation, et notamment celui de développer un service d’« information-orientation » communà la Communauté française, à la Région wallonne et à la Cocof, qui devrait réunir l’enseignement et les organismes communautaires del’emploi et de la formation.

CPP obligatoire ?

En termes de réactions, la proposition la plus controversée est celle de systématiser – c’est-à-dire rendre obligatoire – la conclusion d’un CPP(Contrat de projet professionnel). Jusqu’à présent, cette signature demeure minoritaire : entre juillet 2004 et juin 2006, sur les 28 475 jeunes de moins de 25 ans qui ontété convoqués pour un CPP, 19 298 se sont présentés à l’entretien et seuls 7 980 ont signé le contrat. La systématisation constitueraitdonc un changement majeur auquel ne sont pas favorables les syndicats, qui jugent l’outil relativement inadapté pour les publics les plus fragilisés. Il semble d’ailleurs que lesdiscussions en cours au CBCES aient permis d’assouplir la position.

Enfin, en ce qui concerne, la cause structurelle la plus profonde du chômage des peu qualifiés – à savoir le manque d’emplois disponibles correspondant àleur profil –, le Plan prévoit des mesures en termes d’information, à destination des travailleurs et chercheurs d’emploi quant à l’ensemble des mesuresauxquelles ils donnent droit à leur employeur.

1. Aris Intérim :
– adresse : bd Adolphe Max, 22 à 1000 Bruxelles
– tél : 02 220 3120
– courriel : info@aris-interim.be
– site : www.aris-interim.be

2. Voir le site : www.mission-locale.be/jeep/

Edgar Szoc

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