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Le Goéland à Nivelles : des logements d’insertion pour des jeunes femmes de 18 à 35 ans

« J’ai reçu beaucoup d’amour et mon plus grand bonheur, c’est de le partager. Voir une mère qui abandonne son enfant, des jeunes de 17 ans sans famillem’ont terriblement donné envie de combler tout cela. Je me suis cassé le nez. Je me suis donc formée, pour être efficace », confie sœur Paule De Cleyre,administratrice déléguée de l’asbl Le Goéland1, créée en 1976. Dans un but de préparation à l’autonomie, l’accueil etl’hébergement d’adolescentes en difficulté ont commencé en 1971 de manière privée, pour prendre la forme d’une maison familiale,agréée en 1981. Le choix d’accompagner des filles s’est naturellement posé pour la religieuse. De toute façon, quand il y a des filles, les garçonssuivent, explique-t-elle. Nous remarquions que les jeunes s’installaient dans la maison familiale, et des anciennes revenaient. Il fallait une étape en plus qui les incite àsortir de l’assistanat. En 1982, nous avons créé la Goélette, dans une maison qui appartenait à la congrégation des Sœurs de l’Enfant Jésus.Le passage de la majorité à 18 ans suscite de nouveaux besoins et de nouvelles réponses. Les jeunes quittent les institutions sans être préparées àassumer leur autonomie toute fraîche, assoiffées de liberté. Sœur Paule quittera en 1995 la direction de la maison familiale pour se consacrer aux jeunes majeures qui seretrouvent en dehors de toute structure encadrante. La Goélette est agréée en 2000 pour trois ans comme maison d’accueil pour adultes par le ministère des Affairessociales, sans subvention. L’agrément a été renouvelé, avec cette fois un subside qui permet d’engager en juillet prochain un assistant social à tempsplein et une éducatrice à mi-temps.

28-07-2005 Alter Échos n° 144

« J’ai reçu beaucoup d’amour et mon plus grand bonheur, c’est de le partager. Voir une mère qui abandonne son enfant, des jeunes de 17 ans sans famillem’ont terriblement donné envie de combler tout cela. Je me suis cassé le nez. Je me suis donc formée, pour être efficace », confie sœur Paule De Cleyre,administratrice déléguée de l’asbl Le Goéland1, créée en 1976. Dans un but de préparation à l’autonomie, l’accueil etl’hébergement d’adolescentes en difficulté ont commencé en 1971 de manière privée, pour prendre la forme d’une maison familiale,agréée en 1981. Le choix d’accompagner des filles s’est naturellement posé pour la religieuse. De toute façon, quand il y a des filles, les garçonssuivent, explique-t-elle. Nous remarquions que les jeunes s’installaient dans la maison familiale, et des anciennes revenaient. Il fallait une étape en plus qui les incite àsortir de l’assistanat. En 1982, nous avons créé la Goélette, dans une maison qui appartenait à la congrégation des Sœurs de l’Enfant Jésus.Le passage de la majorité à 18 ans suscite de nouveaux besoins et de nouvelles réponses. Les jeunes quittent les institutions sans être préparées àassumer leur autonomie toute fraîche, assoiffées de liberté. Sœur Paule quittera en 1995 la direction de la maison familiale pour se consacrer aux jeunes majeures qui seretrouvent en dehors de toute structure encadrante. La Goélette est agréée en 2000 pour trois ans comme maison d’accueil pour adultes par le ministère des Affairessociales, sans subvention. L’agrément a été renouvelé, avec cette fois un subside qui permet d’engager en juillet prochain un assistant social à tempsplein et une éducatrice à mi-temps.

Un temps pour se poser

La Goélette peut accueillir dix jeunes femmes, entre 18 et 35 ans. Beaucoup sont étudiantes. Certaines ont un passé en institution, d’autres sont en rupture avec leurfamille, demandent à être accompagnées dans la vie avec leur(s) enfant(s), sont victimes des guerres ou de leur culture, reviennent après un échec dans leur couple.Elles disposent du revenu d’intégration minimum, du chômage ou d’un salaire. Cet hébergement leur permet de terminer leurs études, de se remettre debout. Ellesparticipent au loyer à raison de 8 euros par jour et les autres frais sont à leur charge. Quatre travailleurs sociaux assurent une permanence de 8 h à 22 h, sœur Pauleprend le relais la nuit. La durée d’hébergement est de 180 jours. L’asbl ne fait pas d’accueil d’urgence. Chaque jeune est accompagnée par un adulte lorsdu premier entretien. Le paquet est mis sur leur réinsertion sociale. Ces jeunes femmes se lancent très vite dans des relations affectives, elles ont besoin d’êtreaimées et tombent souvent sur des hommes eux-mêmes en difficultés. Une guidance administrative, budgétaire, scolaire, culinaire, de promotion de la santé,d’insertion professionnelle font partie du projet pédagogique.

À côté de la Goélette…

La Clé des Champs, autre structure agréée par la Région wallonne2 au sein de l’asbl « Le Goéland », dispose de cinq studios au statut delogements de transition (6 mois renouvelables une fois) et d’insertion (3 ans) ainsi que deux petites maisons unifamiliales, pour des retours à la carte. Une agréationaccordée de justesse aux privés puisqu’il revient aux communes de définir la politique régionale en matière de logement décent3. Mais les logementsinsalubres, une fois remis en état, sont loués à des gens qui ont des moyens.

L’asbl tourne avec une équipe de sept personnes, sous contrat Prime. En 2002, 24 personnes ont reçu une aide. La mise en conformité avec les pompiers acoûté 123 946 euros, financés par des dons et sur fonds propres, et 74 368 euros glanés auprès de sponsors. Chaque année, il faut trouver 14 873 euros pourles suppléments de salaires, amenés par l’atelier de couture et le magasin de seconde main, Le Bouton d’Or, eux aussi partie intégrante de l’asbl « LeGoéland ». Les vêtements déposés sont triés par des bénévoles, lavés et mis en magasin. Les vêtements démodés et enbon état sont acheminés dans le tiers monde, par une filière sûre.

Le subside de la Région wallonne est pain bénit dans une région où le coût de l’habitat est facteur d’exclusion, et l’offre réduite.Trouver des fonds pompe 80 % de l’énergie au détriment des jeunes. L’accent est actuellement mis sur la valorisation de l’activité commerciale. À 67 ans,sœur Paule aspire à relayer la coordination pour s’investir comme personne-ressource auprès des anciennes. Un travail essentiel, non reconnu. Or, un poste de direction estfinancé à partir de 30 lits, et les pistes de logements sont limitées.

1. Faubourg de Bruxelles 57 à 1400 Nivelles, tél. : 067 21 50 51, legoeland@skynet.be

2. Subvention pour les travaux d’aménagement, 80 % pris en charge par la Région, 20 % par l’asbl.
3. Depuis le 1er janvier 2001, mise en application du Code wallon du Logement-ancrage communal (décret du 29 octobre 1998) pour des actions en matière de droit à un logementdécent.

Nathalie Cobbaut

Nathalie Cobbaut

Rédactrice en chef Échos du crédit et de l'endettement

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