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Regard critique · Justice sociale

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Le DIISP passé à la loupe

Le colloque d’ouverture de la quatorzième Université d’été des formateurs d’adultes, organisé par le Centre universitaire de Charleroi (CUNIC), s’estpenché sur le cas du Dispositif intégré d’insertion socioprofessionnelle (DIISP)

27-08-2009 Alter Échos n° 278

Le colloque d’ouverture de la quatorzième Université d’été des formateurs d’adultes, organisé par le Centre universitaire de Charleroi (Cunic)1, s’estpenché sur le cas du Dispositif intégré d’insertion socioprofessionnelle (DIISP). Une série de cinq interventions, des plus « classiques » àla plus insolite, ont tenté de dégager les enjeux du dispositif.

Considérée par beaucoup d’opérateurs de terrain comme étant la rentrée officieuse du secteur, la quatorzième Université d’été duCunic a été mise sur orbite, ce 17 août, par un colloque consacré au DIISP. Rappelons que le DIISP, piloté par le Forem, a pour objectif de cadrer le champ et lesacteurs de l’insertion socioprofessionnelle en Wallonie et de structurer l’accompagnement des demandeurs d’emploi afin de les amener le plus rapidement possible vers un emploidurable et de qualité. Organisé sous forme d’un décret cadre entré en vigueur le premier janvier 2004, son but est d’organiser, entre différents opérateurs,des actions de formations et d’insertion intégrées, coordonnées et centrées sur le bénéficiaire. Une implication plus forte des employeurs (participation despartenaires sociaux aux commissions consultatives, régionale et sous-régionales, implication dans les différents dispositifs de formation professionnelle et d’insertion,implication dans des conventions) est également encouragée.

Ce cadre posé, le débat pouvait commencer. Encouragé sans doute par la forte chaleur régnant dans la salle du centre PME de Gilly où se tenait le colloque, c’estGeorges Liénard, professeur à l’Université catholique de Louvain (UCL) qui fut le premier à se jeter à l’eau. Le thème de son intervention, « Leseffets du chômage et les dispositifs d’accompagnement. Approche sociologique et psychosociale », promettait, et l’on ne fut pas déçu. Première charge : c’est lemanque structurel d’emploi convenable qui est le facteur primordial du chômage et du précariat. D’après Georges Liénard, la responsabilité du chômage seraità mettre sur le compte du fonctionnement du système économique libéral tourné vers le profit à court terme et sur le fonctionnement inégalitaire dusystème social et culturel (échecs scolaires, utilisation insuffisante de la formation continue, manque de formation en entreprise). Le chercheur affirme également que latendance actuelle serait à une responsabilisation trop unilatérale du chômeur, sans lui permettre d’acquérir dans la durée les capacités nécessairespour améliorer sa condition ou le relier à un emploi convenable. Et le chercheur de l’UCL d’explorer les effets de la privation d’emploi sur la santé mentale des demandeursd’emploi pour conclure qu’avant d’être une conséquence de l’altération du bien-être psychologique, le chômage est plutôt la cause de celle-ci. Unealtération qui se traduit par des conduites d’addiction, des problèmes somatiques, des symptômes psychologiques, une mortalité élevée et surtout unestigmatisation amenant les demandeurs d’emploi à se percevoir négativement.

Une politique inspirée par l’éducation permanente ?

Ce fut ensuite au tour de Paul Timmermans, président de l’Intermire nouvellement constituée, de se lancer dans un état des lieux du DIISP. Selon l’intervenant, le DIISPpossède quelques qualités. Il a entre autres permis d’intégrer la logique de territorialité, de bassins (par le biais des Commissions consultatives régionales (CCR)et des commissions consultatives sous-régionales (CCSR) instaurées au sein des Comités subrégionaux de l’emploi et de la Formation (CSEF). Autre point positif, lesacteurs de terrain se connaissent dorénavant mieux.

A contrario, selon Paul Timmermans, il n’y a pas ou peu de « fluidité » dans les formations, peu de passerelles entre celles-ci selon qu’elles soient mises enplace par tel ou tel opérateur ; opérateurs entre lesquels des logiques de concurrence fortes subsistent toujours. Le pilotage du dispositif serait, selon notre intervenant,technocratique et bureaucratique. On attendrait enfin toujours une implication concrète des employeurs dans le DIISP. Paul Timmermans conclut ensuite par une invitation à repenserl’accompagnement social. La mise en place d’une politique de citoyenneté, irriguée par les principes de l’éducation permanente serait, selon lui, une bonne chose.

Télescopage entre PAC et DIISP

Troisième intervenant à monter à la barre, Éric Mikolajczak, le secrétaire général de l’Interfédération des entreprises de formationpar le travail (EFT) et des organismes d’insertion socioprofessionnelle (OISP) s’est focalisé un moment sur l’intégration optimale au DIISP au bénéfice d’une insertion dequalité. Premier constat : dès sa mise en place, le DIISP aurait « télescopé » le Plan d’activation des chômeurs (PAC). Rejoignantcertains constats par ailleurs effectués par la fédération bruxelloise des organismes d’insertion socioprofessionnelle (Febisp) dans une note qu’elle avait publiée enavril 2009, Éric Mikolajczak note que l’un des effets de la politique d’activation est l’augmentation des demandes d’entrée dans les organismes de formation et d’insertionsocioprofessionnelle. « Cependant, déclare-t-il, il faut bien constater que de nombreux candidats manifestent des sentiments de peur, d’insécurité, d’échec etne sont donc pas dans les conditions pour suivre sereinement un parcours de formation censé les mener à l’emploi. Le choix qu’ils ont posé n’en est pas un puisqu’il est contraintet, faute d’une démarche d’orientation préalable, le choix de la filière de formation est souvent inapproprié. (…)

Pour nous, ces constats n’entraînent qu’une seule conclusion : il est impératif de faire la distinction entre le DIISP et le PAC. Pour permettre aux opérateurs d’assurerleurs missions décrétales, il faut éliminer les effets négatifs et pervers du PAC, donner la priorité au DIISP et viser un réel travail d’accompagnement dupublic dit prioritaire. » Outre ce dernier point, Éric Mikolajczak souligne également un certain nombre de propositions émises par l’Interfédération desEFT et OISP. Il préconise ainsi de développer les filières et les passerelles, de renforcer les missions de conseil et d’orientation des Carrefours Emploi Formation (Cefo),d’utiliser le Contrat crédit insertion (Cocri) comme un réel outil favorisant l’insertion (en immunisant notamment le bénéficiaire du contrôle dedisponibilité par l’Onem durant la durée couverte par le Cocri). Enfin, il faudrait selon notre intervenant assurer l’effectivité et la neutralité du rôledécrétal de régisseur assemblier, dévolu au Forem conseil. Une mission pour
laquelle des moyens suffisants doivent lui être alloués. Et ÉricMikolajczak d’insister sur l’investissement à long terme en ce qui concerne la formation et l’insertion socioprofessionnelle, que ce soit au niveau des employeurs (il faut les inciter àprendre part au DIISP en privilégiant l’investissement à long terme plutôt que le résultat immédiat) ou des opérateurs de formation qui doivent oser investirdans le développement de nouvelles filières innovantes.

Et si la solution venait du neuromanagement ?

Après les interventions de Thomas Guinet, des « Compagnons du Devoir du Tour de France » et de Jacques Lefevre de l’asbl, « Le Grain » (qui s’estintéressé à la « pédagogie émancipatrice »), c’est à Thierry Verdoodt, de l’Institute of Neuromanagement (INC) que revint l’honneur deconclure. Une conclusion quelque peu atypique puisque l’INC est une asbl qui affirme avoir « approfondi, à la lumière des neurosciences et des dernièresavancées en sciences des comportements, la compréhension de nos mécanismes cérébraux et de leur impact sur nos décisions. » Au point d’avoirélaboré un « modèle neurocognitif et comportemental » (NCC) précisant comment notre cerveau et ses centres décisionnels induisent certainsstéréotypes et démontrant que le cerveau humain est capable de s’adapter et d’assumer la complexification croissante du monde moderne. Dans son exposé, ThierryVerdoodt va identifier deux « modes mentaux » distincts. Le « mental automatique » et le « mental préfrontal ». Le premiermode génère rigidité, simplification, certitude, routine. Le deuxième permet la curiosité, l’adaptation, la nuance, la relativité, la réflexion. Faceà un monde en pleine complexification, les individus restant en « mode automatique » ressentiraient un sentiment de cloisonnement, d’échec et seraient sujets aurefus et à l’immobilisme. Un état qui finirait par générer du stress. « Le stress est le signe que j’utilise mon cerveau automatique à laplace du préfrontal face à une situation complexe », déclare Thierry Verdoodt. Comment dès lors utiliser son cerveau préfrontal, plus à mêmed’appréhender ce type de situation complexe ? « Le problème est que l’utilisation de ce cerveau préfrontal n’est pas consciente. Mais on peut l’activer par desexercices… » De là à imaginer une formation en NCC pour les bénéficiaires du DIISP, il y a un pas que certains n’oseraient probablement pas franchir. Resteque commencée dans un léger brouhaha, l’intervention de Thierry Verdoodt s’est conclue en entendant les mouches voler…

1. Centre universitaire de Charleroi asbl (Cunic) :
– adresse : av. Général Michel, 1B à 6000 Charleroi
– tél. : 071 65 48 30
– site : www.cunic.be

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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