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"Le CSEF, Lire et Écrire et les partenaires sociaux s'associent contre l'illettrisme"

02-07-2001 Alter Échos n° 101

Dans le cadre de l’appel à projets Equal, programme européen qui concerne les publics ayant un handicap sur le marché du travail, le Conseil subrégional del’emploi et de la formation (CSEF) du Hainaut occidental1et l’asbl Lire et écrire2 ont initié un vaste programme de lutte contre l’illettrisme. Le CSEF estl’opérateur et le coordinateur de ce projet porté par les partenaires sociaux qui siègent en son sein et, introduit via Lire et Écrire Wallonie. Pour Marc Myle,secrétaire-coordinateur du CSEF, il s’agit de « mener sur l’ensemble du Hainaut occidental, avec un maximum de partenaires (une vingtaine), une action pour enrayerl’illettrisme et pallier la faible scolarisation d’une part importante de personnes dans la région ».
Quarante-cinq pour cent de sa population ne détient en effet d’autre diplôme que celui de niveau primaire, triste record en Wallonie. Mais si l’infrascolarisation constituegénéralement le critère de l’illettrisme, elle se limite à fournir seule une « indication de probabilité d’illettrisme », précise DominiqueBrasseur, chargée du projet à Lire et Écrire. De plus, on estime aujourd’hui que des problèmes existent jusqu’en sixième secondaire, voireau-delà. Les nouvelles technologies créent par ailleurs des formes neuves d’illettrisme, de même que des normes de sécurité plus complexes et les nouveauxprocessus de qualité dans les entreprises requièrent souvent une maîtrise de la langue accrue, devenant pour certains des facteurs d’exclusion supplémentaireý.L’illettrisme doit donc être compris dans son évolution, mais aussi dans sa réalité : « L’illettrisme à l’école ou dans un CPAS, par exemple,ce n’est pas la même chose ». La phase en amont du projet doit prendre en compte cette réalité avant de déboucher sur une définition collective et pratique del’illettrisme.
Le projet
Le CSEF a donc pris contact avec un maximum d’acteurs au niveau « de l’école, des structures d’accueil et d’accompagnement ou de réinsertion professionnelle, etde l’entreprise »3. « Chacun des acteurs s’engage, en dehors de toute forme de financement européen, à poursuivre et à intensifier les actions qu’il mènedéjà », confirme Marc Myle. Le volet européen, lui, « prendra plusieurs formes allant des rencontres et échanges entre intervenants sociaux jusqu’à la formationde formateurs, voire des programmes de formation sur des problèmes bien spécifiques », explique Dominique Brasseur. Une réflexion sera donc menée sur laspécificité du public rencontré par chaque acteur. Les outils développés de longue date par Lire et Écrire seront spécifiquementréadaptés, et l’asbl fournira un accompagnement lors de leur utilisation. Les autres volets du projet comprennent :
> la création d’espaces-ressources, via la collaboration probable de bibliothèques, c’est-à-dire de lieux où les formateurs locaux puissent venirs’informer et disposer d’outils pédagogiques ;
> la communication, visant une large prise de conscience du problème, sa démystification par des actions de proximité directement au sein des structures, là oùse rendent les personnes illettrées.
L’esprit du projet dépasse les prérogatives des institutions participantes. Pour Dominique Brasseur, « la lutte contre l’illettrisme ne doit pas rester au seul Lire etÉcrire, elle doit traverser l’ensemble des acteurs. C’est une question de citoyenneté. » Et de même pour Marc Myle qui conclut de la sorte : « Nous sommes certesd’abord dans une perspective d’insertion professionnelle, mais nous espérons bien entendu la dépasser. Le fait de mobiliser plusieurs partenaires qui ne travaillent pasforcément ensemble d’habitude est toujours intéressant. Il y a des effets induits, qu’on ne peut pas mesurer et qui sont même parfois les plus importants. »
1 CSEF, rue Moulin de Marvis 9 à 7500 Tournai, tél. 069 22 21 78, fax. : 069 22 19 68, contact : Marc Myle (secrétaire-coordinateur).
2 Lire et Écrire asbl, quai Andreï Sakkarohv à 7500 Tournai, tél. : 069 22 30 09, contact : Dominique Brasseur.
3 Les partenaires sont nombreux : citons entre autres les CPAS et le Forem de Tournai et Mouscron, la mission locale de Tournai, la FGTB Tournai Ath et la CSC, plus d’une dizained’écoles, et trois secteurs professionnels : le textile, l’agroalimentaire et la construction.

Agence Alter

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