Alter Échosr
L'actualité sociale avec le décodeur

Migrations

Le choix de Bapa-BXL interroge

Le 10 septembre dernier, la Cocof avait surpris son monde en annonçant le financement de deux Bapa. Pourtant, l’appel à projets, publié au Moniteur belge le 27 mai, ne prévoyait l’ouverture que d’un seul bureau d’accueil. Selon plusieurs connaisseurs du dossier ayant préféré rester anonymes, ce n’est pas forcément le meilleur projet qui a été choisi.

26-11-2015
© Lucie Castel

Le 10 septembre dernier, la Cocof avait surpris son monde en annonçant le financement de deux Bapa. Le premier, Bapa-BXL, était porté par Bruxelles-ville et son CPAS, sous la houlette de Pascale Peraïta et Faouzia Hariche, échevine de la cohésion sociale. Le second, VIA, était un projet des communes de Molenbeek et de Schaerbeek, réalisé et pensé avec huit associations locales.

Pourtant, l’appel à projets, publié au Moniteur belge le 27 mai, ne prévoyait l’ouverture que d’un seul bureau d’accueil.

Selon plusieurs connaisseurs du dossier ayant préféré rester anonymes, ce n’est pas forcément le meilleur projet qui a été choisi. Parmi les candidats, l’association Convivial, forte de nombreuses années d’expertise dans l’intégration des réfugiés, avait proposé d’ouvrir un Bapa. Des sources très proches du dossier confirment qu’il s’agissait de la meilleure candidature.

L’administration de la Cocof aurait même marqué ses préférences pour ce projet. Oui mais voilà, lors du collège de la Cocof cet avis n’aurait pas vraiment été pris en compte. C’est plutôt la candidature de Bapa-BXL qui a été mise en avant par les responsables socialistes ; ce qui n’aurait pas vraiment plu au FDF qui soutient plutôt VIA, présent sur « sa » commune de Schaerbeek. La décision aurait alors été bloquée par ces derniers.

Crise de l’accueil des réfugiés oblige, un budget a pu être débloqué fort opportunément pour ouvrir deux Bapa, permettant au collège de se mettre facilement d’accord.

Convivial ne faisait plus partie du tableau. Parmi les raisons du refus adressé à Convivial, le fait que le futur Bapa ne soit pas situé en zone EDRLR (Espace de développement renforcé du logement et de la rénovation) est avancé par certaines sources. En effet, il est stipulé clairement dans l’arrêté de programmation que le Bapa doit être installé dans l’une de ces zones dans lesquelles « une dynamique de rénovation est nécessaire ».

Manque de bol, le projet de Convivial se situait à 100 mètres d’une zone EDRLR. Cela dit, l’association s’était engagée à déménager et les autres n’avaient pas encore d’emplacement. L’administration, d’ailleurs, n’aurait pas estimé que ce critère devait être discriminant pour Convivial.

Les deux bureaux d’accueil bruxellois francophones pour primo-arrivants (Bapa) vont ouvrir très prochainement.

Ils devraient permettre d’accueillir 4.000 personnes par an. Quelles seront leurs relations avec le monde associatif bruxellois ? Comment feront-ils face à la demande si le parcours d’accueil devient obligatoire ? Alter Échos fait le point : “Primo-arrivants : où t’es Bapaoutai ?”

 

Cédric Vallet

Cédric Vallet

Journaliste (jeunesse, aide à la jeunesse et migrations)

Pssstt, visiteur, visiteuse du site d'Alter Échos !

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, notamment ceux en lien avec le Covid-19, pour le partage, pour l'intérêt qu'ils représentent pour la collectivité, et pour répondre à notre mission d'éducation permanente. Mais produire une information critique de qualité a un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous ! Et parlez-en autour de vous.
Profitez de notre offre découverte 19€ pour 3 mois (accès web aux contenus/archives en ligne + édition papier)