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Salades feuilles de chêne, chips poivre et sel, pain frais, champignons de saison, plats préparés, biscuits croquants, confitures et cuberdons se côtoient sur les étals du BelgoMarkt. Pas question cependant de trouver de l’huile d’olive ou des citrons dans ce supermarché belgo-belge proposant un nouveau mode de consommation responsable, local et écologique.

Lors de son inauguration en mai dernier, le magasin a connu une affluence inattendue, obligeant le trio d’entrepreneurs à fermer ses portes les deux jours suivants faute de produits dans les rayons. Au terme de l’année 2016, le succès du supermarché ixellois ne se dément pas et la file à la caisse ne désemplit pas. « Ce qui explique cela, c’est probablement la difficulté de trouver des produits locaux en centre urbain » explique Mélanie Mikiels, l’une des fondatrices du BelgoMarkt.

Outre les denrées alimentaires et les produits transformés, la coopérative souhaite proposer de nouvelles alternatives pour une consommation plus responsable. En cette période hivernale, le BelgoMarkt s’est joint à plusieurs associations afin d’offrir un lieu de rassemblement pour un engagement social et économique.

« Notre engagement est social et économique à la base. La dimension écologique s’est imposée par la suite »

Dans la salle polyvalente située à l’arrière de la boutique, une classe est venue mettre la main à la pâte pour confectionner des décorations visant à garnir le sapin communal avant les congés scolaires, pour un Noël sans déchets. Trois écoles ont en effet été invitées à participer à cette opération avant les congés scolaires, pour amener les jeunes à réfléchir sur leur mode de consommation, « mais également pour challenger les pouvoir publics et leur faire prendre conscience qu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher un arbre de Noël en Slovénie ». Pendant qu’un groupe s’affaire à créer des guirlandes à base de bouchons en liège, de morceaux de tissus ou de capsules récupérées, un autre visite le supermarché pour comprendre le projet et l’objectif de la démarche économique et sociale de ses créateurs.

Un supermarché : oui, mais pas seulement

Le mot d’ordre de la coopérative est annoncé : la mise en avant des producteurs et le circuit court. Le plus important, selon Mélanie Mikiels, est de valoriser la production, grâce à la suppression des intermédiaires et sans les mettre en concurrence. Cette démarche permet non seulement au BelgoMarkt de négocier des prix avantageux en assurant la quasi-exclusivité de chaque marque, mais également de ne proposer que des produits de qualité et par conséquent rester concurrentiel avec la grande distribution.

Les initiateurs du projet se sont également associés à certains producteurs pour réaliser des ateliers, sur la récupération des aliments après les fêtes ou sur la conservation des abeilles, par exemple. « On n’a pas plus de légitimité que les autres pour sensibiliser à la consommation responsable, mais les producteurs en ont et on souhaite leur offrir un espace où ils peuvent faire part de leur expérience. »

Le BelgoMarkt, plus qu’un supermarché, est un espace de rassemblement.

En plus des ateliers de sensibilisation, les gérants organisent une récolte de couvertures et vêtements pour l’ASBL Solidarité Grand Froid et redistribuent les invendus à plusieurs associations, aidant ainsi les plus démunis. Des initiatives qui entrent en raisonnance avec la volonté d’induire un mouvement de mobilisation. Selon Mélanie, ces initiatives entrent en résonance avec la démarche de conscientisation, qui passe par la mise en avant de petits producteurs d’une part, et par une mobilisation pour les personnes en situation de précarité d’autre part. Le BelgoMarkt, plus qu’un supermarché, est un espace de rassemblement.

« Nous avons deux types de clientèle qui se présentent au supermarché. En journée nous avons une population de quartier assez engagée qui ne se retrouve plus dans les supermarchés traditionnels et qui vient au BelgoMarkt car elle soutient le projet. Le soir, ce sont plutôt des travailleurs du quartier européen qui viennent sans vraiment connaître le concept du magasin mais qui apprécient la qualité des produits  ». Militants ou non, les clients sont conquis par la suppression des emballages et la nécessité d’apporter leur propre contenant pour emballer des aliments proposés en vrac dans des grands tonneaux ou dans des caisses en bois. « Notre engagement est social et économique à la base. La dimension écologique s’est imposée par la suite », précise néanmoins Mélanie Mikiels.

Le BelgoMarkt, est en définitive une belle rencontre entre le développement d’une économie locale et un engagement social, le tout sur un fond d’écologie.

Caroline Van Pee

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