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Regard critique · Justice sociale

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« Le Gué », bien plus qu’un lieu de passage…

Créé en 1967, « Le Gué »1 se compose d’un centre de jour pour personnes souffrant de troubles psychiatriques et d’une maison de jeunes. Unstatut particulier qui lui permet, grâce à cette dernière, une certaine ouverture sur le quartier tout en offrant une base de réinsertion originale aux patients.

04-02-2008 Alter Échos n° 244

Créé en 1967, « Le Gué »1 se compose d’un centre de jour pour personnes souffrant de troubles psychiatriques et d’une maison de jeunes. Unstatut particulier qui lui permet, grâce à cette dernière, une certaine ouverture sur le quartier tout en offrant une base de réinsertion originale aux patients.

Commune calme et résidentielle de la Région de Bruxelles-Capitale, Woluwé-Saint-Lambert n’est pas réputée pour l’agitation de ses rues ni pour lefoisonnement d’activités que l’on peut y trouver. Dans cette zone faite de parcs et de petites maisons cossues se trouve cependant « Le Gué », double asblregroupant d’une part, une maison de jeunes et, de l’autre, un centre de jour pour personnes souffrant de troubles psychiatriques. « Au départ nous ne formions qu’uneseule et même association affirme ainsi Patrick Fabry, un des directeurs du Gué, et puis l’ensemble s’est scindé en deux asbl distinctes en 2001 à la demande decertains des pouvoirs susbsidiants (Ndlr : la Communauté française) dont le souhait était de donner plus de visibilité à la maison de jeunes. » Uneséparation qui n’a cependant pas coupé les liens entre les deux entités puisque celles-ci partagent une partie de leurs locaux et collaborent d’une manièrebien spéciale en utilisant régulièrement la maison de jeunes comme lieu de réinsertion sociale pour les patients (ou plutôt les « membres » comme lesappellent les thérapeutes) du centre de jour.

« Le centre est mixte et accueille 22 patients par jour, pour une période de 3 ans maximum pour chacun d’eux. Âgés en moyenne de 30 à 40 ans (Ndlr :l’âge minimum est de 17 ans), ils sont entourés d’une équipe d’environ 12 personnes parmi lesquelles on retrouve des ergothérapeuthes, des assistantssociaux, des psychologues et un psychiatre. Nous proposons aux membres toute une série d’activités sportives, d’expression artistique et également un ensembled’animations sans but thérapeutique mais ayant comme visée d’aborder du concret, d’armer les patients en vue de leur sortie du centre. » Ainsi, desséances d’information concernant les élections ou la tenue d’un budget ménager ont été organisées dans l’optique quelque peu paradoxale« (…) de préparer la sortie des patients du centre dès leur entrée dans celui-ci » selon les propres termes de Patrick Fabry. La maison des jeunes, quantà elle, joue un rôle clef dans cette politique de réinsertion puisqu’elle accueille, chaque mercredi, l’ensemble des patients afin que ceux-ci prennent part àla vie de la maison ou puissent bénéficier des sorties organisées par celle-ci. L’occasion est ainsi donnée aux pensionnaires du centre de jour de se mêler auxjeunes « sans problèmes » impliqués dans la vie de l’endroit et de se resocialiser doucement à leur contact.

Ouverture et marché bio…

Lieu de socialisation, la maison de jeunes n’en reste pas moins également un espace ayant sa propre vie, une porte ouverte sur le quartier et la ville. « Chaque jeune de laRégion de Bruxelles-Capitale et même au-delà peut faire partie de la maison en s’acquittant des 2,5 euros par an de cotisation continue ainsi Patrick Fabry. Des concertssont proposés régulièrement les vendredis soirs et insufflent un peu de vie dans le quartier, même si cela peut quelques fois occasionner des problèmes quand on saitqu’un marché bio est également organisé le samedi matin dès 6H00… ». Un marché bio se voulant, comme tout le reste, symbole d’une relationsoutenue entre « Le Gué » et son voisinage. « Dans le cas du marché, il s’agit d’une opportunité pour les patients du centre de jour d’entreren contact avec un public différent, composé de gens un peu plus âgés. Ce mélange de population, cette ouverture est très importante pour nous car elle sertaussi à sensibiliser les gens et les jeunes à la thématique des troubles mentaux et à leur montrer que non, ce n’est pas dangereux… ».

Soucieux de s’intégrer au tissu social qui l’entoure, Le Gué a d’ailleurs fait partie du comité de quartier et prêtera ses locaux pour la «Fête des voisins » programmée pour le futur ; futur qui s’annonce décidément bien chargé puisque 2008 marquera aussi les 40 ans de la double association.« Nous comptons fêter dignement cet anniversaire conclut le directeur même si nous ne savons pas encore comment. Il se peut que nous nous orientions vers quelque chose detrès ludique ou de plus politique, comme pour nos 30 ans, puisque certains des subsides dont nous bénéficions pourraient, avec les débats gouvernementaux actuels, passerdu fédéral au régional. » Prévues pour septembre ou octobre, les réjouissances seraient alors l’occasion d’inviter certaines personnalitéspolitiques à s’exprimer sur leur vision de l’avenir du secteur de la santé mentale.

1. « Le Gué » :
– adresse : chaussée de Roodebeek 300 à 1200 Bruxelles
– tél. : 02 770 53 97.

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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