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« Des fils et des mains » et le CPAS de Namur s’associent autour d’un spectacle de marionnettes

Ce 21 mai dernier, sur la place d’Armes à Namur, se produisait dans le cadre du Festival des Arts forains « Namur en mai », un spectacle de marionnettes manipuléespar 11 stagiaires de la compagnie « Des fils et des mains1 » avec sa marionnettiste professionnelle, Corinne Bailleux. Les stagiaires avaient ceci de particulier qu’ilsétaient des usagers du CPAS de Namur2 ayant bénéficié de la subvention accordée en avril 2003 par le ministre de l’Intégration sociale del’époque (Johan Vande Lanotte), pour permettre aux usagers l’accès à la culture (voir AÉ N° 164).

27-07-2005 Alter Échos n° 166

Ce 21 mai dernier, sur la place d’Armes à Namur, se produisait dans le cadre du Festival des Arts forains « Namur en mai », un spectacle de marionnettes manipuléespar 11 stagiaires de la compagnie « Des fils et des mains1 » avec sa marionnettiste professionnelle, Corinne Bailleux. Les stagiaires avaient ceci de particulier qu’ilsétaient des usagers du CPAS de Namur2 ayant bénéficié de la subvention accordée en avril 2003 par le ministre de l’Intégration sociale del’époque (Johan Vande Lanotte), pour permettre aux usagers l’accès à la culture (voir AÉ N° 164).

Un projet culturel difficile à intégrer dans une structure hiérarchique non préparée

« Le CPAS a eu la chance d’être tombé sur nous car je connais la musique avec une expérience de 15 années d’ateliers. Mais c’est une structurehiérarchique qui ne connaît ni la problématique culturelle ni la vie professionnelle d’un artiste et n’a aucune notion de la façon dont on organise un atelier.Comme le CPAS n’avait aucun participant à nous proposer, nous avons fait des permanences dans les couloirs du CPAS pour proposer aux gens nos ateliers en distribuant des fleurs »,souligne Corine Bailleux, très enthousiaste, mais qui a travaillé sans contrat signé pendant toute la durée du projet (octobre 2003 à mai 2004).

Une cellule « Sports et culture »3 fut créée dans le CPAS et une séance d’information du projet d’ateliers de marionnettes s’est tenueauprès des 45 assistants sociaux. Une journée portes ouvertes à l’atelier de la compagnie a réussi à attirer de 4 à 6 personnes et ensuite lebouche-à-oreilles a fonctionné. Pendant quatre semaines d’affilée, des réunions se tenaient au siège de la compagnie tous les jeudis de 13 h à 17 hpour parvenir à réunir une dizaine de personnes dont quelques-uns avaient un passé d’artistes, hormis les 4 musiciens qui se sont ajoutés pour lesreprésentations.

Véronique Caruso, assistante sociale de la cellule « Sports et Culture », explique le manque de préparation : « Nous avons été bousculés parcette subvention et avons été pris dans l’urgence. Nous n’étions pas du tout prêts au niveau culturel. Il n’est pas facile d’intégrer cettelogique dans le système du CPAS qui est habitué à faire de l’aide sociale. Pour la plupart des AS qui sont loin de penser à la culture, fabriquer des marionnettesn’est pas de première nécessité. Mais c’est un moyen pour ces personnes de réintégrer la société. Jusqu’à présent, 27personnes sur 2.000 (ressortissants du CPAS) y ont trouvé un petit bonheur. Ce sont de petits résultats mais il faut s’en réjouir ».

Créer en laissant sa problématique dehors : un défi

Les marionnettes ont été créées entièrement par les stagiaires depuis le choix des personnages jusqu’à leur fabrication. Trois marionnettes àtaille humaine ont été sculptées dans de la frigolite et enduites de pâte à bois. Huit petits personnages ont été façonnés dans de laterre. Ensuite, il a fallu apprendre à les manipuler avec, pour objectif, la représentation dans le cadre du Festival des Arts forains. Le scénario sur le thème del’amour et du choix fut mis en musique par Corine Bailleux. Les répétitions se faisaient deux jours par semaine pendant un mois (et plus pour certains comme Fatima qui ne savaitni parler ni écrire le français).

« Cela demande énormément d’attention car ils sont en demande. Il faut être fort à l’écoute. Même si je demande de laisser saproblématique dehors. Le défi du groupe était de travailler comme tout un chacun. Ce n’est pas toujours facile de souder un groupe avec toutes des personnalitésmarquées. De plus, rien qu’en un an, ils ont connu trois déménagements. Nous avions toujours l’angoisse de voir s’ils allaient venir. Mais ils faisaient letam-tam entre eux ».

Si Corine Bailleux trouve intéressant d’introduire la culture dans une structure sociale, elle soulève un hiatus : « Il faut prendre garde que cela ne devienne un moyende pression de peur de perdre le revenu d’intégration. Le CPAS est une structure politisée et hiérarchisée dans laquelle on met un colibri en liberté. Il nefaudrait pas que cela devienne : Tu peux chanter, mais sur les notes qu’on te donne ».

1. Cie « Des fils et des mains », bd de Merckem, 38 à 5000 Namur, tél. : 081 21 15 61, fax : 081 21 19 59, GSM : 0495 46 27 09, courriel : info@desfilsetdesmains.org, site : www.desfilsetdesmains.org. Lespectacle « Amalgam » continue la tournée à laquelle les stagiaires s’étaient engagés : le 13 juin à 17 h à la ferme-château deBonneville, le 20 juin dans le cadre du festival « Estiv’Arts », à 14 h 30 et 17 h 30, place de l’Ange à Namur.
2. CPAS de Namur, rue d’Harscamp, 9 à 5000 Namur, cellule Sports et Culture : 081 24 24 28 (contact : Véronique Caruso).

3. Des propositions à long terme sont en chantier. Des ateliers de peinture fonctionnent déjà avec le Théâtre de Namur et la cellule article 27 s’organisepour proposer des sorties culturelles.

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