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La validation des compétences sur sa lancée ?

Plus de quatre ans après les premières épreuves de validation, le dispositif de validation des compétences continue de grandir à Bruxelles et en Wallonie,même si des problèmes d’offre subsistent.

31-01-2010 Alter Échos n° 288

Plus de quatre ans après les premières épreuves de validation, le dispositif de validation des compétences continue de grandir à Bruxelles et en Wallonie,même si des problèmes d’offre subsistent. La demande, quant à elle, pourrait profiter de la mise en place de plus de filières d’accès vers la validation, l’un desdéfis pointés par Alain Kock, directeur de la cellule exécutive du Consortium de validation des compétences1.

Effectif depuis 2005, le dispositif de validation des compétences permet aux personnes n’ayant pas de titre scolaire, mais se déclarant néanmoins porteuses decompétences, de faire reconnaître celles-ci de manière officielle grâce à l’obtention d’un « titre de compétence ». Délivré par uncentre agréé après passage d’une épreuve de validation, ce titre est ensuite valorisable notamment auprès d’un employeur, des services publics de l’emploi ou dansle cadre d’une formation (il permet l’accès à certaines formations ou la dispense de certaines matières).

À l’heure actuelle, 131 titres de compétences associés à 44 métiers sont disponibles sur le « marché de la validation », et si l’année2005 avait vu l’organisation de 55 épreuves de validation, 2009 en aura compté près de 1 500. Des chiffres en augmentation et qui devraient continuer à grimper puisque lanote stratégique 2009-2013 du Consortium de validation des compétences2, organe dont le but est de mettre en œuvre le dispositif, pointe l’augmentation de l’offre devalidation comme une priorité. Néanmoins, une relative faiblesse de l’offre serait encore à déplorer. Certains centres de validation mettraient en effet moins d’entrainque d’autres à organiser des épreuves de validation. L’explication de ce phénomène est simple : les centres agréés sont tous des opérateurs deformation et la validation n’entre donc pas dans leur « core-business ». D’où une certaine difficulté à dégager des marges horaires ou des moyens pour mettreles épreuves en place.

Et la demande ?

« Ce souci au niveau de l’offre a évidemment des conséquences sur la demande qui, elle, a des effets sur l’offre puisque si la demande est basse, cela n’incitera pas lesopérateurs à investir dans la validation », déclare à ce sujet Alain Kock. Si on semble malgré tout encore loin du cercle vicieux ainsi décrit (lenombre de centres de validation, qui s’élève aujourd’hui à 42, est en augmentation), le consortium planche néanmoins sur la construction de nouvelles filièresd’accès susceptibles de « booster » ladite demande. « Nous avons fait un effort d’information et de mobilisation des conseillers des services publics de l’emploi, ajouteAlain Kock. Un projet pilote a ainsi été mis en place avec Actiris sur trois métiers (employé administratif, carreleur et coiffeur), afin que les conseillers orientent lescandidats qui pourraient être intéressés vers la validation dans ces trois domaines. Des journées de sensibilisation pour les EFT/OISP (Entreprises de formation par letravail et Organismes d’insertion socioprofessionnelle) ont également été organisées avec les Comités subrégionaux de Liège, Huy, Verviers et Namur.Certaines d’entre elles développent d’ailleurs des partenariats avec des centres de validation afin d’organiser au mieux la validation des compétences de leurs stagiaires, notamment entermes de planning [NDLR le délai d’attente pour une épreuve de validation est parfois long]. »

Le non-marchand impliqué ?

Avec l’évocation des EFT/OISP, c’est tout le débat sur l’implication du secteur non marchand dans la validation des compétences qui revient sur la table. « Il fautreconnaître que le non-marchand n’a pas vraiment été associé, au début, au travail du consortium de validation, admet Alain Kock. Mais nous sommes actuellement dansune phase d’élargissement. » Et notre interlocuteur de rappeler que le secteur non marchand a notamment participé à l’élaboration des référentiels devalidation et que, selon lui, près de trois quarts des métiers « validés » sont applicables au non-marchand. Des avancées auraient égalementété faites dans les métiers de la culture et le secteur des aides ménagères. Avant d’ajouter : « Il faut également mettre fin à unelégende urbaine qui voudrait que le non-marchand ne pourrait pas être éligible au titre de centre de validation des compétences. Nous avons ainsi une EFT reconnue commecentre de validation des compétences dans le domaine de la culture. Il faut admettre que c’est la seule, mais elle prouve que rien ne s’y oppose. Il faut juste répondre au cahier descharges. »

1. Consortium de validation des compétences :
– adresse : rue de Stalle, 67 b à 1180 Bruxelles
– tél. : 02 371 74 41
– courriel : info@cvdc.be
– site : www.cdvc.be

2. Composé du Forem, de Bruxelles Formation, de l’enseignement de Promotion sociale et de l’IFAPME-SFPME.

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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