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Emploi/formation

La pension

Nous sommes quatre, sortis ensemble de l’université. Les uns ont été journalistes, les autres, enseignants. Même âge donc, même durée de carrière professionnelle, mais pas le même statut. Et, au final, des montants de pensions qui varient du simple au double. Analyse d’un système d’assurance sociale peu équitable et pas toujours efficace pour assurer la sécurité d’existence des plus âgés.

© Johan Massez

Tout a commencé par un regard lucide sur mon compte bancaire. J’ai 61 ans et, avec un contrat à mi-temps à 800 euros, des piges de journaliste indépendante qui dépassent difficilement 400 euros brut en moyenne, avec l’entretien d’une maison octogénaire qui vieillit mal, je suis en faillite. Je dois trouver un revenu stable, genre «pension», mais la mienne est encore loin. La pension anticipée à 62 ans aurait pu être à ma portée, mais je me souviens que le gouvernement Di Rupo a sabré dans le système. Pour y accéder, il faut, à 62 ans, avoir 40 années de carrière. Pas pour moi donc. Puis, en fouillant un peu, je tombe sur cette «disposition transitoire» prise, en 2012, pour les «presque pensionnés» (sic). Si, au 31 décembre 2012, je pouvais totaliser 35 ans de carrière, c’est gagné. Un rapide calcul: 33 ans au Soir, deux contrats à durée déterminée auparavant… Je passe un coup de fil au SPF Pensions.

Premier miracle: on me répond tout de suite. La fonctionnaire fouille dans ma carrière. L’administration, elle, n’a rien oublié. Elle connaît la date précise de mon premier CDD. Elle déniche trois intérims réalisés pendant ma dernière année d’étudiante. Et c’est le deuxième miracle: «Vous aviez 35 années de carrière en 2012. Presque 36.» Je pousse un rugissement de surprise et de plaisir. Que faut-il faire? «Juste nous écrire que vous désirez prendre votre retraite à 62 ans.» Et ...

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Tout a commencé par un regard lucide sur mon compte bancaire. J’ai 61 ans et, avec un contrat à mi-temps à 800 euros, des piges de journaliste indépendante qui dépassent difficilement 400 euros brut en moyenne, avec l’entretien d’une maison octogénaire qui vieillit mal, je suis en faillite. Je dois trouver un revenu stable, genre «pension», mais la mienne est encore loin. La pension anticipée à 62 ans aurait pu être à ma portée, mais je me souviens que le gouvernement Di Rupo a sabré dans le système. Pour y accéder, il faut, à 62 ans, avoir 40 années de carrière. Pas pour moi donc. Puis, en fouillant un peu, je tombe sur cette «disposition transitoire» prise, en 2012, pour les «presque pensionnés» (sic). Si, au 31 décembre 2012, je pouvais totaliser 35 ans de carrière, c’est gagné. Un rapide calcul: 33 ans au Soir, deux contrats à durée déterminée auparavant… Je passe un coup de fil au SPF Pensions.

Premier miracle: on me répond tout de suite. La fonctionnaire fouille dans ma carrière. L’administration, elle, n’a rien oublié. Elle connaît la date précise de mon premier CDD. Elle déniche trois intérims réalisés pendant ma dernière année d’étudiante. Et c’est le deuxième miracle: «Vous aviez 35 années de carrière en 2012. Presque 36.» Je pousse un rugissement de surprise et de plaisir. Que faut-il faire? «Juste nous écrire que vous désirez prendre votre retraite à 62 ans.» Et ...

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