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"La concertation bruxelloise sur les sans-abri butte sur la place du Samu social"

09-04-2001 Alter Échos n° 95

Le vendredi 28 mars, le Comité de concertation sur la politique des sans-abri (Cocom)1 se réunissait pour discuter des conclusions de la recherche commandée l’an dernierà l’Institut de sociologie de l’ULB et destinée à instruire une prochaine réorganisation du secteur. Le débat s’est très vite focalisé sur le Samusocial. “Le Comité de concertation a acté unanimement la proposition de transfert provisoire des activités du Samu social vers diverses institutions”, affirme lecommuniqué envoyé à la presse par les représentants du secteur de l’aide aux sans-abri suite à cette réunion.2
L’avant-veille, ils avaient fait part publiquement de leurs réactions aux pistes proposées par l’étude universitaire. Ils veulent mettre en avant dans la concertation :
> La cohérence des politiques, et en particulier la coordination entre les inititiatives bilingues de la Cocom et celles francophones de la Cocof, “conditionne la cohérence del’action de terrain”.
> La reconnaissance politique de la compétence et de l’expertise des associations de terrain, et donc de leurs initiatives.
> La création d’un observatoire et d’un service d’orientation indépendants des acteurs de terrain (lisez “du Samu social” entre les lignes).
Autrement dit, ils veulent développer les formules d’aide sociale innovantes comme le travail de rue et l’habitat accompagné, sans augmenter le nombre total de lits ; “Il est doncinutile de développer des lits d’urgence”.
Le même vendredi 28, l’après-midi, le Conseil d’administration du Samu social se réunissait à nouveau. Les représentants des institutions représentéesdans ce nouveau CA n’étaient pas présents à la réunion de concertation de la matinée. C’est probablement la raison pour laquelle ils envoyaient le soir mêmeun fax à la plupart des services d’aide aux sans-abri ainsi qu’à une partie de la presse, pour affirmer la volonté du Samu social de renouer le contact “avec l’ensemble desacteurs de terrain et des sans-abri”. Invitation était donc lancée pour une réunion le lundi 2 avril à midi. Les responsables des services concernés se sontimmédiatement mobilisés : ils se sont retrouvés devant l’hôtel de ville de Bruxelles le dimanche midi sous ce mot d’ordre sarcastique : “Réouverture du Samu social :un poisson d’avril ?” Ou en d’autres mots, comme nous le disait un participant à cette mobilisation “On n’est pas là pour se faire siffler comme ça ! D’abord il y a un lieu deconcertation où le Samu social est bien représenté. Nous lui demandons d’y revenir. Et puis il n’y a pas d’urgence : nous proposons que le Samu cesse temporairement sesactivités, le temps que son nouveau Conseil d’administration soit élu et que la concertation avance.”
D’autres interlocuteurs associatifs remarquent d’ailleurs que les premiers intéressés, à savoir les sans-abri, ne sont pas dupes de tous ces mouvements et des échosmédiatiques qu’ils reçoivent. Le sentiment d’être instrumentalisés se traduit en une montée de la violence au sein de tous les lieux d’accueil, le Samu social commeles autres, nous affirme-t-on du côté des travailleurs de première ligne.
1 Ce Comité de concertation a été créé par l’exécutif bicommunautaire (bilingue) bruxellois. Il rassemble l’ensemble des services concernés par l’aideaux sans-abri, y compris ceux qui relèvent des compétences de la Cocof, comme les maisons d’accueil et le Samu social.
2 Contacts : Bernard Horenbeek, Diogènes, 0497 45 35 30 ; Pascale Paternotte, AMA, 0495 78 43 93 ; Laurent van Hoorebeke (Pierre d’Angle), etc.

Thomas Lemaigre

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