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L’interprète social, partenaire de l’ONE

Tous les usagers des services sociaux ne maîtrisent pas l’une des langues nationales, pourtant c’est essentiel en matière de soins de santé,d’éducation, d’emploi… Une vingtaine de services de traducteurs leur assurent une transmission correcte des informations.

15-06-2007 Alter Échos n° 231

Tous les usagers des services sociaux ne maîtrisent pas l’une des langues nationales, pourtant c’est essentiel en matière de soins de santé,d’éducation, d’emploi… Une vingtaine de services de traducteurs leur assurent une transmission correcte des informations.

Regroupés au sein de la coordination fédérale de la traduction et de l’interprétariat social (Cofetis)1, la plupart de ces services (appelésSetis, dont neuf francophones) proposent des traducteurs et des interprètes jurés qui se déplacent sur le lieu de rendez-vous des bénéficiaires et des services depremière ligne. « La langue ne doit priver personne de ses droits à l’aide et à l’assistance », estime Stephan Backes, le coordinateur de Cofetis. Mieuxvaut pas de traducteur qu’un mauvais traducteur ; quand une femme maghrébine se rend chez le médecin, la présence d’un traducteur professionnel garantitl’exactitude des propos tenus, sans filtre culturel et sans impliquer à mauvais escient un proche dans des situations qui le dépassent ou qui ne le concernent pas. « Un amiou un parent ne connaît pas toujours les termes précis utilisés par le médecin ; un enfant n’a pas à apprendre à son parent la maladie dont il souffre», fait remarquer S. Backes.

Un précieux instrument

L’ONE2 fait appel depuis longtemps à ce type de service dans le cadre d’une convention annuelle avec le Ciré (Coordination et initiatives pour et avec lesréfugiés et étrangers)3. Les interprètes accueillent les parents dans la salle d’attente et leur proposent leur aide lors des consultations. « Ilsfont partie intégrante de l’équipe, explique Dominique Fiévez, coordinatrice accompagnement de l’ONE dans les communes de Saint-Josse, de Schaerbeek et d’Evere,les communes où la demande est la plus forte. Leur rôle est bien défini, ce ne sont pas des bénévoles, ils n’interviennent pas sur le fond mêmes’ils peuvent parfois donner des indications culturelles aux médecins et aux travailleurs médico-sociaux (TMS). » Ils permettent de faire passer les messages deprévention aux parents et leur donnent la possibilité d’échanger sur les problématiques qu’ils vivent.

Les Setis mettent à disposition 140 langues — du punjabi au kazakh, du biélorusse à l’assyrien, du dari au pular… —, ce qui, malgré tout, necouvre pas toutes les demandes. Dans le passé, Dominique Fievez faisait essentiellement appel à des traducteurs arabes et turcs. « Les quartiers sont aujourd’hui moinshomogènes, les nationalités se multiplient, constate-t-elle. Un nouveau service s’est créé pour les langues rares : l’interprétariat partéléphone. Cela nous dépanne. » À l’ONE, l’usage d’interprètes ne se limite pas aux consultations, ils accompagnent aussi les TMS lors desvisites au domicile des familles pour les aider à comprendre des situations souvent complexes. Ils sont aussi présents lors des activités collectives développéesdans le cadre des projets « Santé-Parentalité ».

On pourrait croire que la traduction restreint l’autonomie de ces populations. Pour Dominique Fievez, c’est l’inverse qui se passe. « Il s’agit d’un moteurd’intégration, dit-elle. Cela permet à des parents plongés dans un contexte inconnu de s’y retrouver petit à petit et de trouver un soutien en matièred’éducation et de soins de leur enfant. » Cela permet en outre de mieux comprendre les mécanismes de la société d’accueil et d’y participer.

La traduction et l’interprétariat social collaborent aussi concrètement à une politique de diversité dans les services utilisateurs. La personne d’origineétrangère est stimulée à apprendre une des langues nationales. Son isolement diminue, limitant le repli individuel ou communautaire. Le degré de participation desminorités ethnoculturelles augmente tout comme l’efficacité du service utilisateur : la communication passe mieux et plus vite ce qui, malgré les frais de traduction,diminue au final son coût économique. Du côté de l’ONE, c’est clair : « On ne pourrait pas faire sans. »

1. Cofetis, rue du Progrès 323/9 à 1030 Bruxelles— tél. : 02 204 09 68 –
fax : 02 204 06 48 – courriel : info@cofetis.be.
2. ONE, chaussée de Charleroi 95 à 1060 Bruxelles – tél. : 02 542 12 11 –
fax : 02 542 12 51 – courriel : info@one.be.
3. Ciré, rue du Vivier, 80/82 à 1050 Bruxelles –
tél. : 02 629 77 10 – fax : 02 629 77 33 – courriel : cire@cire.irisnet.be.

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