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Jeunesse (Aide à la)

L’Interfédé et Catherine Fonck : désaccords majeurs

L’Interfédération de l’Aide à la jeunesse1 se plaint une fois de plus du « manque de volonté de dialogue » de sa ministre CatherineFonck2. En cause, le retard dans l’affectation d’un budget supplémentaire pour renforcer l’encadrement des services d’accueil. Pas certain, pourtant, quel’Interfédé tire sur la bonne cible…

16-01-2009 Alter Échos n° 265
Pexels, mar-newhall

L’Interfédération de l’Aide à la jeunesse1 se plaint une fois de plus du « manque de volonté de dialogue » de sa ministre CatherineFonck2. En cause, le retard dans l’affectation d’un budget supplémentaire pour renforcer l’encadrement des services d’accueil. Pas certain, pourtant, que l’Interfédé tire sur la bonne cible…

L’Interfédération des services agréés de l’Aide à la jeunesse en Communauté française (Ifaj) n’est pas contente et tient à le faire savoir. L’objet de son courroux concerne l’affectation du fameux « bonus » d’1,5 million d’euros promis au secteur depuis un an par la ministre de l’Enfance et de l’Aide à la jeunesse, Catherine Fonck. Une première salve de négociations (tendues) avait concerné la répartition des budgets, l’Interfédé souhaitant qu’ils servent à renforcer l’encadrement dans les centres d’orientation éducative (COE), dans les services d’accueil et d’aide éducative (SAAE), et dans les services de placement familial (SPF). Pour maximiser le budget, en principe récurrent, il était prévu de passer par des emplois régionaux (APE). La ministre avait, elle, souhaité que les services d’accueil spécialisé de la petite enfance (Saspe) fassent également partie du lot. Après de nouveaux rounds de négociation, une note technique de répartition arrivait enfin sur la table, à la fin de l’été 2008, mettant bon gré, malgré tout le monde d’accord. Mais depuis, ça patine au point que l’Interfédé a perdu toute sérénité.

« Voilà un an, jour pour jour, que nous avons remis une note technique détaillée à la ministre pour la répartition du budget de 1,5 million d’euros. Force est de constater que nous n’avons pas avancé d’un millimètre depuis. On ne comprend pas le silence de la ministre à ce sujet », déclare Alain Lefèvre,porte-parole de l’Interfédé. Avec des accents tantôt inquiets – « nous arrivons en fin de législature et il n’y a plus grand-chose à attendre »– tantôt belliqueux – « si la ministre ne nous donne pas de réponse claire et satisfaisante avant le 31 janvier, nous estimerons que les relations sont rompues et nous envisagerons de durcir le ton » – l’Interfédé est revenue une ultime fois sur les difficultés relationnelles du secteur avec la ministre Catherine Fonck. « Les budgets ont été dégagés avant la crise boursière mais nous n’en avons pas encore vu la couleur. Notre crainte aujourd’hui, c’est qu’ils servent d’autres intérêts, dans le cadre de cadeaux de fin de législature, par exemple, alors qu’il y a urgence à renforcer l’encadrement et augmenter le nombre de places disponibles dans le secteur résidentiel. » Et l’Interfédé d’exiger, « le plus vite possible », une reprise de contact.

« L’argent sera affecté avant la fin de la législature »

Du côté du cabinet, on s’étonne de cette sortie… puisqu’une rencontre a encore eu lieu le 9 décembre dernier entre des représentants de l’Interfédé et des conseillers de la ministre pour discuter de l’affectation de ce fameux budget ! De là à dire que la rencontre fut constructive et cordiale…« L’argent a été attribué au secteur, il sera affecté avant la fin de la législature et il n’y a aucune raison de revenir là-dessus. En revanche, les conditions économiques étant devenues très compliquées entre-temps, la Région nous a annoncé qu’elle ne pouvait plus nous garantir les emplois APE », explique-t-on au cabinet Fonck. « L’affectation d’environ 50 % du budget a d’ores et déjà été décidée, elle concerne le renforcement de l’emploi psychosocial des SPF et l’encadrement dans les Saspe. Elle passera au gouvernement fin janvier. Pour la deuxième partie, nous avons proposé à l’Interfédé de réaffecter l’argent à des frais de fonctionnement plutôt qu’à de l’emploi. C’est une question pragmatique : avec un tel budget, nous pourrions créer une vingtaine d’emplois pour 200 services, contre une centaine d’emplois si nous avions bénéficié des aides régionales. » Plutôt que de faire du saupoudrage d’emplois, le cabinet a donc estimé plus utile d’aider tous les services à assurer leurs frais de fonctionnement. Ce qui, soit dit en passant, était aussi une revendication de l’Interfédé, dont on peut cependant comprendre l’agacement. Se voir proposer le remboursement des notes de téléphone ou de loyer alors qu’il était prévu de renforcer les équipes encadrantes, c’est difficile à avaler… mais c’est à prendre ou à laisser, semble suggérer le cabinet. Reste à voir si l’Interfédé fera le choix du pragmatisme ou s’accrochera aux promesses antérieures.

 

1. Interfédération AAJ :
– adresse : chaussée de Boendael, 6 à 1050 Ixelles
2. Cabinet de la ministre Catherine Fonck :
– adresse : bd du Régent, 37-40 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 788 83 04
– courriel : cabinet.fonck@cfwb.be

aurore_dhaeyer

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