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"Intérim : l'Upedi fait le point sur l'actualité politique"

05-06-2001 Alter Échos n° 99

Comme tous les ans à cette époque, l’Upedi, la fédération des entreprises privées de travail intérimaire1, faisait le 30 mai le point surl’avancement des revendications du secteur en matière de politiques d’emploi, en présentant son rapport d’activités.
L’Upedi a dans l’ensemble de quoi se réjouir. La reconnaissance du rôle de l’intérim dans le placement des demandeurs d’emploi est en tête des ordresdu jour de tous les ministres de l’Emploi depuis un an, en écho au fait que l’Upedi réclame depuis de nombreuses années des politiques de gestion mixteprivé-public du marché de l’emploi, et des collaborations plus nombreuses et plus structurelles avec les services publics d’emploi et de formation.
Gestion mixte privé-public
La perspective d’un nouveau Service public de l’emploi wallon est perçue par l’intérim comme un « nouveau souffle ». « Néanmoins, a précisé YvanDierckxsens, vice-président de l’Upedi, l’élaboration de la nouvelle réglementation qui transpose la convention de l’OIT (n°181 sur la régulation dumarché du placement) ne peut se faire sans concertation avec les principaux intéressés, représentés par l’Upedi. »
À Bruxelles, l’Upedi s’impatiente faute de voir le ministre Tomas proposer un scénario de gestion mixte du marché de l’emploi, et qualifie de « collaborationsponctuelles » les initiatives qu’il mène avec l’Orbem et Bruxelles Formation.
Pour ce qui est de la Flandre, l’Upedi déplore que le gouvernement, qui avait pris de l’avance en approuvant la convention de l’OIT et en faisant passer un décret surle placement, ne mette aucune de ses décisions en application.
Concurrence et régulation
En général, le fil rouge des employeurs de l’intérim est le suivant : les services de l’emploi doivent être autonomes. Ils ne peuvent être à lafois « juge et partie », régulateur et prestataire. Les activités d’intérêt économique général développées par les services publicsdoivent être délimitées précisément.
Si la question cruciale est celle de la concurrence non déloyale de l’action publique, l’Upedi ne remet pas pour autant en cause le principe de l’agrément par lesRégions des entreprises d’intérim. Le directeur de l’Upedi, Herwig Muyldermans, a reprécisé cette position en l’exemplifiant : une sociétéfrançaise qui n’a pas de siège en Belgique mais qui y emploie comme intérimaires des pilotes d’avion refuse actuellement de payer des cotisations ONSS pour des primesde fin d’années. L’agrément régional va leur être retiré, position que soutient l’Upedi. « Il y a des règles à respecter ! ».
Titres-services
L’Upedi souhaite que les entreprises de travail intérimaire puissent accéder à l’agrément pour prester dans le cadre de la relance du titre-servicesfédéral. « Il faut de la concurrence à côté des ALE ; il faut donc une place pour les asbl et les entreprises privées. »
Conjoncture
La proportion du nombre d’heures travaillées en 2000 qui ont été prestées en mission d’intérim a atteint l’an dernier 2,1 %. Pour lapremière fois, le seuil de 2 % est passé. Ce qui met la Belgique à la 5e position des pays européens qui utilisent le plus l’intérim (la Belgique est en faitmieux placée parce que le compte de l’Upedi ne retient pas les agences publiques d’intérim… qui n’existent pas ailleurs en Europe). Cela représente303.722 personnes par an, soit 71.395 par mois. C’est pratiquement une croissance de 14 % pour le secteur.
La croissance est la plus forte en Wallonie : +16,4 %, contre 14,4 % en Flandre et 6,9 % à Bruxelles. Cela s’explique en bonne partie par le fait que les variations conjoncturelles serépercutent surtout sur les ouvriers et pratiquement pas sur les employés. D’où la stabilité de Bruxelles, surtout économie de services, et la plus forteréactivité de la Wallonie, où l’industrie occupe la place la plus importante.
1 Upedi, ave de l’Héliport 21/3 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 203 38 03, fax : 02 203 42 68, e-mail : info@upedi.be

Thomas Lemaigre

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