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Il faut construire plus et autrement  !

Pour la Confédération construction, outre l’expansion démographique, aujourd’hui de nombreux défis doivent être relevés au niveau du logement, enmatière de cohésion sociale, de mobilité et de climat.

27-05-2012 Alter Échos n° 339

Il faut construire plus, mais surtout autrement  ! En effet, outre l’expansion démographique, aujourd’hui de nombreux défis doivent être relevés, en matièrede cohésion sociale, de mobilité et de climat. Et ce n’est pas un militant environnementaliste qui le dit, mais bien la Confédération Construction.

La quadrature du cercle est bien là, en particulier à Bruxelles, touchée en premier lieu par le « city boom »  : un besoin de logement en explosion,des ménages aux moyens financiers qui vont diminuant et des exigences d’efficacité énergétiques des logements qui augmentent les coûts de la construction de 15à 20  %  !

Face à un tel constat, il faut un changement radical dans la manière d’envisager le logement en général et la construction en particulier, insiste Robert deMûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction1. Ce message, il l’a fait passer à un parterre de responsables politiques,d’académiques et de professionnels du secteur, réunis aux journées d’étude « CityBoom » organisées dans le cadre du salon de l’immobilierRealty qui s’est tenu du 22 au 24 mai dernier à Tour et Taxis.

Pour Robert de Mûelenaere, il n’y pas trente-six solutions pour relever les défis colossaux qui se posent au secteur du logement aujourd’hui. Il faut en passer par une augmentationtrès sensible du nombre de logements construits, par une diminution de la taille des logements, par une réduction des coûts de construction et par le recours à desmatériaux et des techniques énergétiquement efficaces.

Chacune de ces pistes de solution recèle en elle-même une série d’enjeux. Ainsi, le « city boom » – qui se joue principalement à Bruxelles,mais touche bien sûr d’autres villes en Belgique – est-il clairement illustré par quelques chiffres  : 30 000 à 40 000 nouveaux logements sont construitschaque année, alors que 50 000 à 55 000 nouveaux ménages apparaissent dans le même temps  !

Il faut coupler à cela la baisse des revenus des ménages, en particulier dans les villes. A Bruxelles, si la population croît fortement, ce n’est pas celle quibénéficie de revenus moyens. Au contraire, les revenus moyens ont plutôt tendance à quitter la ville.

Il faudra donc construire beaucoup en en ville, et à un coût qui permet à tous d’accéder au logement, voire à la propriété. Une réflexiondoit d’ailleurs être menée sur ce point précis aussi, relève Robert de Mûelenaere, soulignant les expériences menées sur des modes nouveaux de prise depossession – plutôt que de propriété – de logements.

Vers des logements plus petits

En ce qui concerne la taille des logements, l’administrateur délégué de la Confédération Construction est clair  : c’en est fini des habitats de 200m2  ! La famille moyenne étant composée aujourd’hui de deux personnes et le phénomène de la « décohabitation » segénéralisant, les logements doivent naturellement voir leur surface diminuer en conséquence.

Il faut donc aller vers des logements plus petits et, dans le même mouvement, opter pour une plus grande densification des lieux de vie, pour des immeubles à appartement, pourl’habitat groupé. Une densification qui apporte en outre une première réponse aux défis énergétiques.

Ces défis liés aux consommations d’énergie peuvent aussi être relevés par des matériaux et des techniques innovantes. Et Robert de Mûelenaere deciter les constructions en ossature bois et les associations bois-béton ou bois-acier. Mais l’innovation doit aussi toucher l’organisation interne des entreprises de construction. Lepréfabriqué, par exemple, offre des solutions qui permettent d’optimiser la logistique d’un chantier.

Et les entrepreneurs vont, d’une manière générale, devoir s’atteler sérieusement à optimiser le timing d’arrivée des matériaux et des interventionsdes corps de métier sur leurs chantiers. Car il s’agira de compenser les 15 à 20  % de surcoût que représente le recours à des matériauxénergétiquement performants.

Enfin, Robert de Mûelenaere pointe les enjeux de mobilité et rappelle que Bruxelles est citée comme cas d’école d’un mauvais maillage entre le centre et lapériphérie. Une politique de transport en commun doit absolument être mise en place.

Ces messages, l’administrateur délégué de la Confédération Construction les adresse aux décideurs politiques, certes, mais aussi à tous lesprofessionnels du secteur. « C’est aussi un message à usage interne », souligne-t-il, rappelant que les entrepreneurs comme les architectes, les maîtres d’ouvrageet les promoteurs sont concernés par ces défis. Ceci dit, « il y a là un formidable moteur d’innovation », s’enthousiasme Robert de Mûelenaere. Etselon lui, les oreilles y sont réceptives et favorables.

1. Confédération Construction :
– adresse : rue du Lombard, 34-32 à 1000 Bruxelles
– tél.  : 02 545 56 00
– courriel  : info@confederationconstruction.be
– site  : www.confederationconstruction.be

Arnaud Gregoire

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