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Flora : les projets bourgeonnent, le budget se flétrit …

Début juin, le réseau Flora1 faisait le point sur plus de dix ans d’activité lors d’un événement organisé à la Tentation àBruxelles. Fière du travail accompli, l’asbl s’inquiétait néanmoins à propos de son financement et se demandait si elle allait pouvoir continuer à fonctionner.Quelques mois plus tard, si de nouveaux projets démarrent, l’argent, lui, se fait toujours attendre…

10-10-2008 Alter Échos n° 260

Début juin, le réseau Flora1 faisait le point sur plus de dix ans d’activité lors d’un événement organisé à la Tentation àBruxelles. Fière du travail accompli, l’asbl s’inquiétait néanmoins à propos de son financement et se demandait si elle allait pouvoir continuer à fonctionner.Quelques mois plus tard, si de nouveaux projets démarrent, l’argent, lui, se fait toujours attendre…

Plus de cent-vingt jours séparent les membres du réseau Flora de ce 5 juin 2008 où, ensemble, ils fêtèrent leur asbl tout en se projetant avec inquiétudedans un futur incertain. Composé de vingt-quatre associations bruxelloises, wallonnes et flamandes, Flora a pour vocation d’œuvrer à une augmentation des chances d’insertionsocioprofessionnelle des femmes peu scolarisées ou en situation problématique. Actif dès lors dans des domaines comme le jobcoaching, le genderconsulting ou encorele gendermainstreaming, le réseau pouvait légitimement se poser quelques questions à cette époque puisqu’une bonne partie de son financement, assuré par leFonds social européen (FSE) au niveau fédéral, arrivait à terme. Qu’en est-il aujourd’hui  ? Si l’horizon paraît s’être dégagé en ce quiconcerne la création de projets, les problèmes financiers semblent, quant à eux, rester cruellement d’actualité.

Marie-Rose Clinet, responsable du coaching d’insertion, une des deux nouvelles initiatives francophones mises sur pied par Flora, détaille la situation. « À l’heureactuelle nous avons mis deux nouvelles initiatives en place du côté FSE francophone explique-t-elle. Le premier projet intitulé “Coaching d’insertion” s’adresse auxstructures d’insertion et se situe dans la suite logique de nos activités de jobcoaching. Le principe est d’y sensibiliser les travailleurs sociaux à l’attitude à adopteravec des personnes en situation d’insertion (ndlr : toujours en y incluant une dimension ayant trait au genre) : comment mobiliser et développer les ressources de ces mêmespersonnes  ? Comment soutenir le changement important que constitue l’insertion pour ce type de public  ? C’est une démarche importante à nos yeux. À ce sujet, noussouhaiterions d’ailleurs mettre en place une sensibilisation destinée aux conseillers d’Actiris et du Forem ainsi qu’aux référents officiant au sein des CPAS. Àl’heure où l’on parle un peu partout de contrat et d’autonomie pour les demandeurs d’emploi, il serait en effet bon que tout le secteur de l’insertion marche dans la même direction. Ledeuxième projet francophone, intitulé Forum Insertion Genre, ambitionne quant à lui de travailler avec les femmes en recherche d’insertion et les personnes qui les accompagnentou les forment. ». Néanmoins, la pérennité de ces deux nouvelles initiatives est suspendue à l’arrivée, ou pas, de subsides. Et, à ce niveau-là,Flora attend toujours des nouvelles…

L’hiver sera-t-il rude ?

En effet, si les deux projets francophones ont été jugés éligibles au FSE, Flora attend toujours d’être fixée sur les contreparties que la Cocof et laRégion wallonne, entre autres, pourraient lui attribuer. « Or, il est très important pour nous d’être fixés assez vite à ce sujet, car le Fonds socialeuropéen ne nous octroiera des fonds qu’à concurrence de ce qui sera fourni par les pouvoirs publics belges», continue Marie-Rose Clinet. Bien qu’ayant décidé d’« aller de l’avant », Flora semble donc toujours en proie à des problèmes financiers et se débrouille comme elle peut pour boucler l’année 2008. « Ilserait vraiment souhaitable que nous retrouvions un peu de sérénité budgétaire pour les années 2009 et 2010, déclare à ce sujet Anne Snick,coordinatrice de l’asbl. À l’heure actuelle, nous n’avons toujours pas reçu les soldes de l’argent dû par le FSE fédéral pour les années 2000, 2004, 2005,2006 et 2007. Pour 2008, rien n’est encore arrivé. Nous sommes donc quelque peu préoccupés par cette situation.»

On l’aura compris, il est à souhaiter pour Flora que la situation financière se débloque. D’autant plus que, outre les deux projets francophones déjàcités, le réseau planche également sur une initiative FSE néerlandophone. Et, ici aussi, il est question du Fonds social européen. « Ce projet vise àfournir aux organisations qui accompagnent les femmes précarisées des outils destinés à guider celles-ci vers l’emploi. L’initiative n’en est qu’à sesbalbutiements, mais nous avons besoin du financement du FSE “flamand” pour l’écriture de ce pré-projet », ajoute Anne Snick.

Quoiqu’il en soit, cette situation incertaine a poussé Flora à chercher des pistes de financements structurels. L’asbl s’est notamment tournée du côté del’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes qui, à l’heure actuelle, parraine déjà des structures fédérales comme Sophia (réseau decoordination des études féministes en Belgique), Amazone (centre de ressources pour l’égalité) ou le Conseil des femmes. « Or, si ces structures fournissent untravail très utile, aucune d’entre elles ne dispose de l’expertise de Flora en matière d’économie ou de mise à l’emploi des femmes, continue Anne Snick. Le Conseil desFemmes travaille d’ailleurs avec nous afin que nous puissions lui faire profiter de notre expérience dans ce domaine. Eu égard à ce constat, nous pensons donc pouvoir revendiquerdes financements structurels au niveau de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.» Reste à savoir, dans l’hypothèse où de telles démarchesdevaient aboutir, si l’enveloppe actuelle de subsides dédiés aux associations pourrait être augmentée ou juste divisée en tenant compte de la prise en charge deFlora…

« GenderatWork », une jeune pousse solide ?

Cependant, malgré ce climat lourd d’incertitude, un événement important a marqué la rentrée pour Flora. Le premier septembre 2008 a en effet vu ledémarrage d’une spin-off portant le doux nom de GenderatWork 2. Active dans le domaine du gendermainstreaming (ndlr – cette notion étant comprise commela stratégie qui consiste en l’analyse des effets possibles en termes de genre et d’égalité de toute politique, mesure ou action), cette asbl fonctionne comme unbureau-conseil. Elle tente dans ce cadre de mettre sur pied des projets visant à renouveler le contenu du gendermainstreaming en tant que stratégie. Anne Snick commente : «Le projet fonctionne plutôt bien pour l’instant, même si toute prévision ne peut être faite, à ce niveau, qu’à court terme. Il faut dire que l’Unioneuropéenne insiste beaucoup, pour l’instant, sur le gendermainstreaming. Ce qui aide… »

Ainsi, la structure semble avoir reçu un nombre
satisfaisant de demandes de collaboration, notamment de la part des pouvoirs publics. « Il faut savoir que GenderatWork offreégalement des services de consultance, ajoute Anne Snick. Grâce au travail en réseau mené au sein de Flora, elle est à même de fournir un travaildifférent des autres consultants « genre », ce qui peut constituer un atout.» Si GenderatWork est une spin-off et fonctionne donc à ce titre demanière indépendante par rapport à Flora, elle semble ainsi malgré tout se nourrir de l’expérience forgée au sein du réseau. Un réseau qui,quant à lui, trouve un allié de choix afin de diffuser sa philosophie. En guise de conclusion, et dans l’attente de plus de détails à propos de la future situationfinancière de Flora, il est à noter que le réseau vient de publier les résultats d’une recherche menée à l’initiative de l’ancien ministrefédéral des Pensions, Bruno Tobback (SP.A). Celle-ci concerne les fins de carrières des femmes peu scolarisées. Flora souhaite que les résultats obtenus contribuentà établir une politique des pensions plus pertinente pour ce public fragile. Le rapport est disponible sur le site de Flora.

1. Flora asbl :
– adresse : rue du progrès, 323/7 à 1030 Bruxelles
– tél.  : 02 204 06 40
– courriel : flora@florainfo.be
– site : www.florainfo.be

2. GenderatWork asbl :
– adresse : rue du Méridien, 10 à 1210 Bruxelles
– tél. : 02 204 06 42
– site : www.genderatwork.be

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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