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Familles d'accueil : un manque criant d'encadrement

Avant la publication d’une étude sur les familles d’accueil, petite piqûre de rappel : près de la moitié de ces familles ne bénéficient d’aucunencadrement.

03-04-2011 Alter Échos n° 313

Investir ou pas dans les familles d’accueil ? La ministre de l’Aide à la jeunesse attend les résultats d’une étude de la Fondation Roi Baudouin pour se prononcer. Certainsdéfauts du système sont néanmoins bien connus. A commencer par le manque d’encadrement des familles.

L’encadrement des familles d’accueil va-t-il être renforcé ? C’est l’une des questions qui sera posée à la ministre de l’Aide à la jeunesse ces prochainessemaines. On sait qu’elle apprécie cette modalité d’accueil des mineurs en danger. On sait aussi qu’Evelyne Huytebroeck (Ecolo) a promis d’injecter des moyens dans le secteur de l’Aideà la jeunesse pour augmenter le nombre de prises en charge de mineurs dans et hors du milieu de vie.

Ces moyens seront-ils consacrés au recrutement et à l’encadrement des familles d’accueil ? La ministre de l’Aide à la jeunesse attend les résultats d’une étudecommandée à la Fondation Roi Baudouin pour se prononcer. Une étude qui se fait attendre, car ses conclusions étaient attendues pour le mois de février.Néanmoins, on connaît certains points faibles de ces placements, à commencer par le manque criant d’encadrement des familles. Ceci pouvant expliquer que peu de candidats sebousculent au portillon pour accueillir des mineurs en danger.

Un problème majeur : le manque d’encadrement

Le placement en famille d’accueil n’est pas marginal. On estime que 50 % des prises en charge de mineurs en danger hors de leur milieu de vie se fait dans ces familles. Certaines sont suivies etencadrées par l’un des dix-sept services de placement familial. Mais bien moins que l’on croit. Fin 2009, 1308 familles étaient accompagnées par un service, alors que 1200familles étaient laissées à elles-mêmes, ou presque. Ces familles sont suivies par une autorité mandante. Un accompagnement assez lâche, qui n’a rien àvoir avec celui d’un service spécialisé.
Dans de nombreux cas, la famille d’accueil fait partie de la famille élargie du mineur. Dans d’autres, il s’agit de familles d’accueil sélectionnées qui, si elles ne sont pasencadrées, doivent gérer seules une série d’éléments complexes.

« Inadmissible de voir des familles non encadrées »

Marie-Dominique Buchet, présidente de la Fédération des services de placement familial1 nous démontre l’importance de l’encadrement : « Les servicesoffrent un encadrement spécialisé pour les familles d’accueil, les familles d’origine et pour l’enfant. Nous organisons les rencontres entre familles, nous proposons des formationsainsi qu’un soutien administratif, social et psychologique. » Le service fait donc l’interface entre les enfants, les parents d’origine et la famille d’accueil. C’est un intervenant neutreentre ces trois parties. La présence d’un tiers paraît essentielle quand on pense aux difficultés dans lesquelles sont empêtrés ces enfants, quand on imagine larivalité potentielle entre familles. Selon Marie-Dominique Buchet, « il est inadmissible de voir des familles non encadrées à côté de famillesencadrées. On laisse des familles gérer seules des situations très complexes ». Cet avis est partagé par Yves Polomé, directeur adjoint de l’Aide à lajeunesse2, qui fait partie du comité d’accompagnement de l’étude de la Fondation Roi Baudouin. Il affirme, catégorique, « il n’y a pas assez de services deplacement familial ». Et leur rôle est crucial : « Les familles d’accueil ne sont pas neutres, le service peut déminer une situation de conflit. » Yves Polomé sedit néanmoins convaincu de l’utilité de ces placements : « L’accueil familial peut être extraordinaire. Cela permet à l’enfant d’être dans un cadre pluschaleureux, avec un milieu familial rassurant. Mais les conditions posent problème. »

On peut aussi se dire qu’un encadrement renforcé permettrait de clarifier les rôles de chacun. Les familles d’accueil laissées à elles-mêmes n’étant pas lesplus promptes à encourager les relations de l’enfant avec ses parents d’origine. Ceci expliquant peut-être le très faible taux de retour dans la famille d’origine. En 2009 ilétait de 16 %. Ce chiffre fera prochainement l’objet d’un article dans Alter Echos.

En attendant, nos deux interlocuteurs ont le regard tourné vers la Flandre, où chaque famille d’accueil bénéficie d’un accompagnement spécialisé… dansl’intérêt de chacun, à commencer par l’enfant.

1. Fédération des services de placement familial :
– adresse : rue de la Source, 65 à 1060 Bruxelles
– tél.  : 02 537 81 55
– courriel : plaf@skynet.be
– site : www.plaf.be
2. DGAJ :
– adresse : boulevard Léopold II, 44 à 1080 Bruxelles
– tél. : 02 412 32 06
– courriel : dgaj@cfwb.be
– site : www.aidealajeunesse.cfwb.be

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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