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Le parcours d’accueil pour les primo-arrivants n’est pas sans rappeler le dispositif « d’inburgering »

15-02-2013 Alter Échos n° 354

Le parcours d’accueil pour les primo-arrivants n’est pas sans rappeler le dispositif « d’inburgering » mis en place depuis plusieurs années en Flandre et aux Pays-Bas. À l’heure où la Région wallonne et la Cocof bruxelloise planchent sur leurs décrets respectifs, il est intéressant de se pencher à nouveau sur les évaluations faites par nos voisins du Nord.

On rappellera que les dispositifs bruxellois et wallons viseront à offrir à chaque primo-arrivant, selon ses besoins : un premier accueil ; une formation à la langue française si nécessaire ; une information sur l’histoire et le fonctionnement de notre société, ainsi que sur les droits et devoirs de chacun ; et une orientation socio-professionnelle. Côté flamand, le décret « inburgering », entré en vigueur en 2004, propose au primo-arrivants de suivre un module composé de cours de langue néerlandaise, de cours d’orientation sociale (ou intégration civique) et d’orientation professionnelle. Les similitudes sautent aux yeux. Si au Nord, le parcours d’intégration semble donner de bons résultats, il faut toutefois apporter quelques nuances, afin d’éviter de vouloir avancer trop vite.

En 2008, une étude conjointe d’Hiva (KUL) et de Cemis (Université d’Anvers) montrait qu’en 2005, seuls 38,1 % des primo-arrivants s’étaient présentés à un bureau d’accueil et seulement 10 % de ceux-ci avaient obtenu un certificat final. Parmi les inscrits au parcours, près de 41,5 % n’allaient pas jusqu’au bout pour diverses raisons. Raison la plus souvent invoquée : le fait d’avoir trouvé du travail ! Paradoxal, n’est-il pas ?
« En Flandre, nombre de primo-arrivants ne terminent pas leurs parcours d’intégration, parce qu’ils ont trouvé du travail »

Deux ans plus tard, en 2010, une nouvelle étude menée par Hiva montrait que la plupart des participants étaient satisfaits des bureaux d’accueil et des cours donnés. Parce qu’ils leur permettent de construire du lien social, de se créer un réseau avec les autres participants, et aussi de décrocher un emploi. Le taux d’emploi des primo-arrivants est de 44 % pour ceux qui ont suivi un parcours d’intégration, alors qu’on estime que 33 % des primo-arrivants ont du travail. Les participants se débrouillent aussi plus facilement pour rechercher un emploi, comprendre le système de santé ou le système judiciaire.

Néanmoins, les chercheurs relevaient aussi que le niveau de connaissance du néerlandais restait relativement faible et, qu’à l’issue du parcours, nombre de participants retournaient dans leur communauté. Ce qu’on ne peut qualifier de succès en termes d’intégration…

Il ne faut donc pas espérer que le parcours d’accueil révolutionnera l’intégration, mais au moins il contribuera à la faire progresser. Pas à pas.

Baudouin Massart

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