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Épreuves de sélection : pas de réglementation pour les personnes handicapées de la vue

Le 15 octobre dernier, à l’occasion de la journée internationale de la canne blanche, la (Confédération belge pour la promotion des aveugles et malvoyants), laCBPAM1, se penchait sur les problèmes de la mise au travail des personnes handicapées visuelles.

28-07-2005 Alter Échos n° 151

Le 15 octobre dernier, à l’occasion de la journée internationale de la canne blanche, la (Confédération belge pour la promotion des aveugles et malvoyants), laCBPAM1, se penchait sur les problèmes de la mise au travail des personnes handicapées visuelles.

Une personne handicapée de la vue peut en effet avoir fait des études et suivi de nombreuses formations, ce n’est par pour autant qu’elle parvient àdécrocher un emploi. Les employeurs, confrontés à une compétitivité sans cesse croissante craignent en effet – mais souvent à tort – un rendementmoindre, une intégration difficile, le coût du poste de travail d’une personne aveugle ou malvoyante. « Or, le travail apporte à celle-ci un revenu, des relations avecd’autres travailleurs, un sentiment d’utilité et de reconnaissance », argumente la CBPAM. Pourtant, il est clair que le handicap visuel reste un handicap grave. Dans le mondedu travail, la personne aveugle ou malvoyante présente deux types de difficultés : celle de se déplacer et celle de prendre connaissance d’informations écrites,visuelles. Néanmoins, de nombreuses possibilités de primes d’acquisition du matériel et d’adaptation sont offertes par les technologies actuelles : la barrettebraille sur l’ordinateur, la TV-loupe, la synthèse vocale qui permettent l’accès à l’information. Outils d’ailleurs exposés lors de lajournée organisée dans les locaux de la FEB, la Fédération belge des entreprises, un appel du pied clair aux employeurs qui se montreraient récalcitrants.

Nécessité d’un cadre réglementaire pour les épreuves de sélection

Selon Harry Geyskens, coordinateur général de la CBPAM, « la personne aveugle ou malvoyante peut apporter un « plus » à l’entreprise car elle a apprisà mieux utiliser ses autres sens : ouïe, odorat, toucher. Outre sa formation et ses compétences professionnelles, elle présente souvent une meilleure facultéd’écoute et d’abstraction, une mémoire exercée et une plus grande capacité de concentration. » Des intégrations qui en général sepassent bien comme en témoignaient lors de la journée, un assistant social aveugle, Gérard Silvestre, travaillant depuis 18 ans au service social liégeois de l’ACIH(Association chrétienne des invalides et handicapés) et une jeune femme, Julie Vander Schriek, membre du cabinet de la ministre Arena. Mais si certaines expériencess’avèrent concluantes, d’autres le sont moins, ainsi Alexis Deboe, aveugle de naissance et par ailleurs bien intégré sur le marché du travail, relatait lamésaventure qui lui était arrivée lors d’une épreuve de sélection du Selor voici trois ans. « Il s’agissait d’une épreuve desélection de niveau 1 pour l’administration fédérale, nous étions plusieurs personnes malvoyantes ou aveugles. Pour la première partie del’épreuve, tout s’est bien déroulé, il y avait eu un partenariat avec la Ligue braille, les textes avaient été convertis en braille ou lus mais lors dela seconde partie, nous avons été confrontés au système Ariane qui est une épreuve de sélection informatisée, il s’agit de répondreà un maximum de questions en un temps déterminé, en l’occurrence ici une heure. On nous a lu les questions oralement mais bien sûr cela prend plus le temps que pourles autres. Or, l’épreuve est basée sur le degré de rapidité et les examinateurs n’ont pas voulu prendre la liberté de nous donner plus de temps.Résultat : les candidats ont obtenu de piètres scores après avoir passé avec succès la première épreuve. Le problème, c’est qu’iln’existe en Belgique aucune réglementation en matière d’épreuves de sélection pour les personnes handicapées de la vue, contrairement à laFrance. On pourrait par exemple, prévoir plus de temps ou des épreuves orales. » Un recours a été déposé au Conseil d’État, trois ans plustard, il n’a toujours pas été tranché.

1. La CBPAM fondée en 1988, regroupe 45 associations dont 25 francophones et 22 néerlandophones, qui aident les personnes aveugles et malvoyantes et défendent leursintérêts, CBPAM asbl, av. Georges Henri, 278 à 1200 Bruxelles, tél. : 02 732 53 24, fax : 02 735 64 53, courriel : bcbs.cbpam@skynet.be, contact Harry Geyskens, coordinateur général.

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