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Écolo profile les « quartiers durables » à la Belge

Le réchauffement climatique donne des ailes aux thèses écologiques. Et aux projets des écologistes, dont le centre de recherche, Etopia1, organisait mercredi28 février un colloque sur les « quartiers durables ». Ou comment construire et rénover des quartiers en réduisant l’empreinte écologique : moins deconsommation énergétique, moins de déplacements nécessaires, moins de terres urbanisées, le tout au service d’une meilleur qualité de vie pour tous lesgroupes sociaux. Un défi que plusieurs villes ont déjà relevé en Europe. La Belgique à la traîne ?

05-03-2007 Alter Échos n° 224

Le réchauffement climatique donne des ailes aux thèses écologiques. Et aux projets des écologistes, dont le centre de recherche, Etopia1, organisait mercredi28 février un colloque sur les « quartiers durables ». Ou comment construire et rénover des quartiers en réduisant l’empreinte écologique : moins deconsommation énergétique, moins de déplacements nécessaires, moins de terres urbanisées, le tout au service d’une meilleur qualité de vie pour tous lesgroupes sociaux. Un défi que plusieurs villes ont déjà relevé en Europe. La Belgique à la traîne ?

Ingénierie verte : oui mais … pas seulement

L’urgence de construire des quartiers durables ne découle pas seulement du réchauffement climatique. Et il ne suffit pas d’appliquer des normes de « hautequalité environnementale » (HQE) pour réaliser un quartier durable, insiste Yaron Pesztat, président de séance et chef de groupe Ecolo au Parlement bruxellois.

Comme l’a rappelé l’architecte Lucien Kroll, qui avait carte blanche pour son intervention, « c’est dans les quartiers sociaux préfabriqués que lesvoitures et les bâtiments publics ont brûlé » en France durant l’automne 2005. Contre l’architecture criminogène, Kroll préconise d’abandonnerla notion d’habitat social « qui débouche sur des ghettos ». « Il faut parler de quartiers où il y a n’importe qui ! »

Une condition sine qua non : associer les habitants et les usagers à l’élaboration des projets architecturaux et urbanistiques. « Pas pour faire ce que disent leshabitants, encore trop souvent frappés d’atavismes architecturaux. Mais pour avancer avec eux. » En croisant leurs expériences et les expertises des architectes, desurbanistes. Ultime provocation de l’architecte belge contemporain le plus célèbre (à l’étranger …) : « Les contraintes et les règles nem’ont jamais gêné ; mais il faut les contourner avec celles et ceux qui les ont élaborées car l’intention reste primordiale. » À quand un quartierdurable belge dû à Lucien Kroll ?

Vers des contrats de quartiers durables à Bruxelles

« En tant que ministre, je suis effectivement une gardienne des règles », répond Evelyne Huytebroeck, en charge de l’Environnement à la Régionbruxelloise. « Mais j’apprécie la notion de contournement si ça signifie souplesse et créativité : c’est ça qui donne de la vie à la ville ! »

Et d’appeler, pour Bruxelles, à des contrats de quartier durables. Non par adjonction d’une nouvelle couche de lasagne. Mais plutôt « par imprégnation desdispositifs réglementaires existants, via une approche souple ». Comment ? Notamment en adaptant les primes environnementales revalorisées dans les périmètres descontrats de quartier (énergie, citernes d’eau de pluie, etc.).

Quant à l’aspect social, la ministre refuse de jeter l’enfant avec l’eau du bain. Pour elle, les contrats de quartier n’induisent pas d’office la «gentrification » dénoncée par certains (soit le remplacement des populations à revenus modestes du quartier par l’arrivée de populations aisées).« Un contrat de quartier n’est pas l’autre. Mais on ne peut pas non plus empêcher que de nouvelles populations arrivent et contribuent à la mixité sociale. Ilfaut par contre trouver les moyens d’empêcher que le prix des logements augmente au point de faire fuir les populations modestes. »

Se donner le droit à l’expérimentation

Jalon vers un premier quartier durable en Belgique, Etopia a réalisé une étude (disponible sur son site) remarquablement synthétique des enjeux sur la piste vers unpremier quartier durable à Bruxelles ou en Wallonie. L’étude reprend une série de réalisations crédibles à l’étranger que plusieursintervenants ont illustré.

Des lignes de force se dégagent de ces expériences. Pour atteindre des niveaux élevés d’exigence dans les normes architecturales, sociales eténergétiques, les pouvoirs publics doivent pouvoir maîtriser le foncier. Des solutions innovantes en matière de déplacements non polluants doivent être enplace dès l’arrivée des premiers habitants dans les nouveaux quartiers. L’implication des acteurs (habitants, partenaires privés, administrations, etc.) doitêtre forte et faire l’objet d’une approche professionnelle.

Enfin, pour Dominique Sellier, de l’Agence régionale pour l’énergie et l’environnement en France2, « il est aussi utile de prévoir desindicateurs de performance de la durabilité d’un quartier. Sans en faire un frein à l’expérimentation, qui prévaut aujourd’hui. »

SUD, un consortium de compétences au service du développement durable.

Programmer la réalisation d’un projet urbanistique durable nécessite de faire appel à de nombreuses compétences : architecture, économie et finance,concertation, études techniques, information… Probablement premier du genre en Belgique, le consortium SUD3 entend relever ce défi en mettant en communl’expérience de ses cinq membres. La méthode élaborée par les cinq bureaux d’étude4 est basée sur l’élaborationd’une stratégie territoriale (analyse du territoire et élaborations d’hypothèses de développement) puis sur la mise en œuvre du scénario urbaindurable (SUD) retenu. Elle articule diagnostics, concertation, évaluations financières, recherche de partenaires et de subsides, coordination des intervenants, assistance à lanégociation, etc. L’ambition est de soutenir et d’assister les maîtres d’œuvres qui s’engagent dans la voie du développement durable. Si aucune offreformelle n’a encore été introduite, des perspectives existent. En attendant, des contacts sont en cours pour faire connaître l’initiative et affiner l’outil avecdes commanditaires potentiels.

1. Etopia ( www.etopia.be ), Centre d’animation et de recherche en écologie politique, Espace Kegeljan 52 av. de laMarlagne à 5000 Namur – tél. : 081 22 58 48 – courriel : info@etopia.be.

2. Agence régionale pour l’énergie et l’environnement ( www.areneidf.org ), Arene-Ile-de-France, av.de Suffren, 94 bis à 75015 Paris – France – tél. : 00 33 (0)1/53 85 61 75.
3. Contact : Artau scrl – Société d’architectes ( www.artau.be ), rue La Vaulx, 19 à 4960 Malmedy – tél :080 33 78 94 – courriel : archi@artau.be.
4. Artau scrl, Ingénieurs bct, Stratellia, Trame scrl, Via.

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