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"Droixhe : les locataires demandent qu'on entretienne…"

24-06-2002 Alter Échos n° 123

aLe complexe social de Droixhe comprend 1800 appartements répartis dans les buildings de l’avenue de la Croix-Rouge, les immeubles Truffaut-Libération en bord de Meuse et lesbâtiments de « l’îlot central ». L’association des locataires1 demande la réparation des ascenseurs, des portes, des parlophones et des boîtes auxlettres. La Région wallonne a prévu un budget de 44,6 millions d’euros (1,8 ¬illiard de FB) pour requalifier le quartier. L’enveloppe budgétaire estdestinée à la rénovation lourde des 600 logements des cinq immeubles Truffaut-Libération (environ 1 milliard de FB) et à la probable démolition de troistours des cinq buildings de l’avenue de la Croix-Rouge – d’après les résultats de l’étude de stabilité actuellement en cours. En attendant larequalification (promise depuis 1995), les locataires réclament l’entretien des appartements.
Pour Pierre Demeuse, président de l’association, « le problème des ascenseurs concerne tous les immeubles. C’est un problème de qualité de viequotidienne. Il est évident que cet aspect est moins médiatique que les rénovations mammouths, mais quand on habite au 10e ou 21e étage, monter à pied est difficilesurtout si on a un certain âge ». Une éducatrice confirme qu’« au moins un ascenseur par immeuble est en panne : les habitants font la file et s’impatientent». Un locataire parle aussi des « ascenseurs qui se bloquent ». La société Kone reçoit un forfait annuel de 8 millions pour l’entretien, maisl’entreprise facture les réparations dues au vandalisme : les habitants pointent du doigt « la vétusté des ascenseurs. D’autre part, les portes des immeubles nesont pas fermées : ces bâtiments sont des vrais halls de gare ouverts à tous ».
Un ouvrier bricoleur
René Reinotte habite l’îlot central : « Voilà trois ans, dit-il, que la société gestionnaire Atlas nous promet de réparer les fermetures de porte.Et on attend. Nous avons interpellé l’attaché de cabinet du ministre Michel Daerden : il nous répond que l’enveloppe est limitée à 1,8 milliard. »Les locataires souhaitent « un milliard de plus pour remettre en état les appartements de l’îlot central ». Ils désirent aussi le retrait (aprèsrestauration des bâtiments) des barrières placées autour de la plupart des immeubles pour sécuriser les passants contre le béton humidifié qui s’effriteet pour empêcher les dépôts sauvages d’immondices : « Nous sommes entourés de grilles, se plaignent les habitants. À quoi ressemble encore notre quartier ?» Ils demandent un « projet global pour améliorer le cadre de vie de Droixhe ».
Les locataires s’opposent aussi au projet wallon de surveillance des tours 24 heures/24 par des vigiles : « D’abord parce que c’est perçu comme une répression,explique Kabule Kasonia, habitant de l’avenue de la Croix-Rouge. Ensuite parce que le budget prévu pour les vigiles pourrait servir aux réparations des portes, àl’engagement d’une assistante sociale et d’un ouvrier bricoleur pour les pannes d’électricité et les petites réparations des robinets qui coulent…Ce budget serait ainsi utilisé à la qualité de la vie ». Malgré le manque d’entretien et les incertitudes relatives à la requalification du quartier,les locataires disent apprécier leur appartement : « Je me plais bien ici », insiste Guillaine Smets, locataire dans l’îlot central depuis 12 ans. Et de louer « labonne desserte des bus : nous n’aurions pas mieux ailleurs ».
Échéance électorale
Pierre Demeuse demande que « la Région wallonne prenne ses responsabilités financières pour assurer une qualité de vie, le respect et la dignité deslocataires ». Reste que l’enveloppe budgétaire wallonne prévoit 1,8 milliard : le président de l’association espère obtenir davantage : « C’estun choix politique », dit-il, en rappelant « la prochaine période électorale ».
Il désire aussi redorer l’image de marque du quartier : « Nous sommes des personnes respectables, or nous sommes considérés comme des pestiférés : lequartier est désigné à tort comme la pépinière du banditisme. » Et de rappeler l’organisation de la Caravane des quartiers (en juin), du Villageinterculturel (en septembre) et le projet de la Maison de l’emploi. Philippe Catoul, membre d’une nouvelle association de commerçants à Droixhe, se réjouitégalement « du nouveau dynamisme et de la diminution de l’insécurité ». Pendant la conférence de presse, les organisateurs ont toutefois mis lesjournalistes en garde contre « les Gitans qui tournent autour des voitures »… Par ailleurs, les journalistes ont décliné la proposition de l’association deslocataires d’emprunter un ascenseur pour bénéficier d’« une vue aérienne de Droixhe ».
1 Asbl Association des locataires du complexe social de Droixhe, rue Nicolas Goblet, 2 à 4020 Liège, tél. : 04 341 37 34, e-mail : asloc.droixhe@swing.be.

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