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Environnement
Aquaponie(c)Arctik

Des carpes pour cultiver des légumes

Alter Échos n° Environnement 18 juin 2018 Sarah Barbier

À côté d’une épicerie collaborative à Uccle, dans un jardin, Laurence Vannier et Massimo Federico ont développé un système d’aquaponie. Il s’agit de cultiver des légumes à l’aide d’un bassin rempli de poissons. Ce projet d’agriculture durable attire de plus en plus de Bruxellois.

Les poissons se mettent au service de la culture de légumes dans les jardins bruxellois. Dans un jardinet ucclois derrière l’Epi, une épicerie collaborative, un système d’aquaponie a vu le jour en avril dernier. L’eau d’une mare et d’un autre bassin remplis de carpes passe dans des potagers surélevés grâce à une pompe. «Les déjections des poissons constituent de l’engrais pour les plantes et celles-ci vont filtrer l’eau qui va retourner ensuite dans la mare»,explique Laurence Vannier, cofondatrice de l’ASBL aquaponieBxl créée il y a deux ans avec Massimo Federico, un passionné de pisciculture. «L’aquaponie est un potager en circuit fermé qui crée un écosystème», rajoute Laurene Vannier.

Le substrat des potagers surélevés est composé de billes d’argile dans lesquelles se développent une colonie de bactéries. Celles-ci vont transformer l’ammoniac présente dans l’eau des poissons en nitrite puis en nitrate qui sont nécessaires pour le développement des légumes. «Les billes d’argile sont poreuses et neutres en PH. Ceci permet de satisfaire autant les plantes que les poissons qui n’ont pas les mêmes besoins.»

Florence Vannier espère pouvoir vendre des légumes de ce système dès juillet dans l’épicerie collaborative uccloise, l’Epi. «Nous vendrons les légumes dès qu’ils serons sortis»,affirme Clara Crabeels, une collaboratrice de l’Epi. Elle poursuit : «A terme, nous allons former des collaborateurs de l’épicerie pour l’entretien, la cueillette, etc. de ce potager».

Une ferme urbaine près d’une épicerie collaborative uccloise

Cette initiative d’agriculture urbaine et durable, dans le jardin ucclois, a commencé par la réussite d’un appel à projet lancé par Bruxelles Environnement. Une fois remporté, Laurence Vannier et Massimo Federico se sont lancés à la recherche d’un lieu. Ils ont été mis en contact avec Clara et Pierre, les propriétaires du jardin situé derrière l’Epi. «Ils ont pour projet de développer ici une ferme urbaine, bientôt il y aura des ruches sur le toit»,confie Laurence Vannier. Ce jardin contient déjà des potagers surélevés classiques et des poules dans le fond. «Nos projets sont complémentaires, nous avons réussi à recréer un écosystème. Des libellules, grenouilles et salamandres sont présentes». Avec un peu d’observation, les abeilles sur les plantes aquatiques de la mare sont vite remarquées.

Pour découvrir ce paradis urbain, Laurence et Massimo proposent une fois par mois des formations de deux heures et demie ou toute une journée. «Il existe un véritable engouement. Les gens qui viennent pour toute une journée ont la volonté de construire leur propre système », se réjouit Laurence. «En plus, ils gardent contact. Ils échangent leurs numéros à la fin de l’atelier». La jeune femme confie qu’un ancien élève qui est en électronique vient de temps en temps aider le duo.

L’aquaponie amuse les adultes mais aussi les enfants. «Depuis mars, nous montrons des petits modules toutes les deux semaines dans des classes»,affirme Laurence Vannier. Au début les directions étaient réticentes à accueillir aquaponieBxl pour des animations, car elles ne savaient pas ce que c’était. Aujourd’hui, elles sont intégrées à Classe d’eau, une ASBL qui fait des activités avec les jeunes. «Ceux du primaire sont super demandeurs. J’ai eu un mail d’une maman dont son fils voulait un système d’aquaponie chez eux», se réjouit Laurence.

L’aquaponie à l’échelle des citoyens : une évidence

Finalement, cette aventure d’agriculture durable, adaptée à la ville et accessible aux citoyens est d’abord née d’une rencontre. «Quand j’ai rencontré Massimo, il construisait des modèles d’aquaponie adaptés aux citoyens. Je me suis dit : c’est ça qu’il faut faire», se remémore Laurence Vannier, arrivée à Bruxelles il y a cinq ans. En tant que biologiste, elle a travaillé comme chef de projet dans la gestion des écosystèmes marins en France et aux Émirats Arabes Unis. De cette rencontre est donc née une collaboration dans les ateliers du Recy-K à Molenbeek. Ce lieu rassemble plusieurs start-up inscrites dans une logique d’économie circulaire. Le duo y a développé des petits modèles et un plus grand comme test. «Nous avons aussi un potager d’aquaponie dans un parc à Etterbeek. Il fait quatre mètres carré et un mètre cube d’eau ». C’est la taille nécessaire pour une famille de quatre personnes.

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