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"Couvin : création d'un lieu communautaire dans un camping"

04-03-2002 Alter Échos n° 115

C’est à partir de la réflexion de la commission logement du Plan social intégré (PSI) de Couvin, qui se penchait sur la problématique de l’habitat permanent dansles campings, qu’a germé le projet d’une recherche-action dans un camping de résidents permanents. Le domaine “Le Caillou d’eau” à Pétigny fut choisi parmi d’autres parcequ’il cumulait le plus de problèmes sociaux (délinquance, vandalisme, décrochage scolaire,…) et était par conséquent en rupture totale avec le reste de lapopulation. Ce camping souffre également d’un isolement géographique car il est à l’écart des voies principales et n’est pas accessible par les transports en commun.D’autre part, ses conditions matérielles se sont dégradées : pas d’éclairage public ni de système d’égouttage. La population se compose de retraitésissus des classes moyennes et de gens du voyage disposant de très peu de revenus.
Au départ, le travail de terrain fut confié à une assistante sociale du Centre d’information et d’action de Couvin (CIAC)1 et à un éducateur de rue du PSI2. Ceux-ciont commencé par “zoner” dans le camping pendant six mois, durant lesquels ils en arpentaient les allées pour établir progressivement des contacts avec les habitants, tant lesenfants et les adolescents que les parents. C’est ainsi que diverses demandes ont émergé : parmi d’autres, des animations pour les jeunes et une école de devoirs.
Création du “Caillou d’eau”
Pour y répondre, un lieu communautaire s’avérait nécessaire, et c’est ainsi qu’un espace a été aménagé dans le cadre du programme “Étésolidaire” en juillet 2000. Une caravane a été achetée (grâce à un subside de la Fondation Roi Baudouin) et installée sur un terrain inoccupé. Sixétudiants (deux jeunes du camping et quatre jeunes du village de Pétigny) ont été engagés pour transformer la caravane et fleurir les abords du terrain avecl’encadrement d’un moniteur et de deux travailleurs sociaux. La population du “Caillou d’eau” a été associée à l’aménagement, lui permettant de s’approprier le lieucommunautaire. Ce projet a également permis de favoriser la rencontre avec les jeunes du village, ce qui était un défi car cela mettait en présence deux cultures : celledu village, sédentaire, et celle des gens du voyage, les habitants du camping.
C’est à partir de septembre 2000 que des animations, avec une vingtaine d’enfants et de jeunes, ont commencé à voir le jour au sein du camping, tous les mercredis aprèsmidi. Et c’est à partir de novembre 2001 que, grâce à un apport financier de “Solidarité cistercienne” (pères trappistes de l’abbaye de Scourmont), unéducateur a été engagé à temps plein pendant un an pour développer un “espace de réconciliation entre les jeunes et l’école”. En effet, leprincipe de l’école de devoirs s’avérait insuffisant et non adapté vu l’ampleur du décrochage scolaire des jeunes du camping. Ce qui accroît leur défectionà l’école. Comme en témoigne Fabienne Leurquin, assistante sociale du CIAC : “Il leur arrive de ne pas aller à l’école parce qu’il n’y a personne pour les yconduire ou aussi parce que la maman, n’ayant pas de tartines à donner à son enfant, préfère le garder à la maison. D’autres fois, c’est le papa qui a besoin de sonenfant pour l’aider à travailler.” Il s’agit donc de les “éveiller” à quelque chose : deux plages de temps sont réservées les lundis et jeudis.
Le lieu communautaire sert aussi de lieu de permanence une heure par semaine à une assistante sociale du CPAS accompagnée d’un éducateur de rue, pour répondre aux demandesdes adultes. L’espace s’avère toutefois trop étroit pour développer les activités avec les enfants et il manque de confort (pas d’eau courante ni de sanitaires), et lesmoyens financiers sont insuffisants pour répondre à tous les besoins identifiés au “Caillou d’eau”.
Un film de 15′ intitulé “Opération Caillou d’eau” a également été réalisé avec RTA dans le but de faire connaître la réalité de lavie dans les campings, de briser les barrières existant entre les habitants des campings et les habitants des communes rurales, ainsi que pour faire avancer la défense des droits de cesfamilles marginalisées, tout en tentant de les rendre actrices de leur vie plutôt qu’assistées.
1 La recherche-action a obtenu le prix Houtman 2002. CIAC, rue de la Marcelle, 72 à 5660 Couvin, tél. : 060 34 48 84, fax : 060 34 74 91, contact : Nathalie Leurquin.
2 Plan social intégré, av. de la Libération, 1 à 5660 Couvin, tél. : 060 34 70 52.

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