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Conférence pour l’emploi : c’est parti !

À l’issue de la séance d’ouverture de la conférence nationale sur l’emploi1 convoquée par le Premier ministre ce vendredi 19 septembre, onne peut encore présager du résultat de l’opération, malgré les communiqués positifs émis ce vendredi par toutes les parties en présence.À l’heure du début des travaux, passons en revue les positions des parties en présence… et de quelques autres.

28-07-2005 Alter Échos n° 149

À l’issue de la séance d’ouverture de la conférence nationale sur l’emploi1 convoquée par le Premier ministre ce vendredi 19 septembre, onne peut encore présager du résultat de l’opération, malgré les communiqués positifs émis ce vendredi par toutes les parties en présence.À l’heure du début des travaux, passons en revue les positions des parties en présence… et de quelques autres.

Le gouvernement fédéral

Sans surprise, il réaffirme son appel à la mobilisation générale et confirme l’objectif de 200 000 emplois en quatre ans, assorti de ses différentespropositions, notamment ses cinq priorités pour les 400 millions d’euros de réductions de cotisations sociales (800 à partir de 2005).

Le banc patronal

La FEB et les classes moyennes soutiennent cette priorité. Ils insistent sur des modalités complémentaires, notamment le plafonnement des cotisations ONSS pour les grossalaires.

Le banc syndical

Il émet des réserves sur ces nouvelles réductions de cotisations sociales. Il demande une évaluation des initiatives du gouvernement arc-en-ciel en la matière :en effet, en quatre ans, cette « enveloppe » a presque doublé, sans effet manifeste sur le volume net d’emplois.

Le 18, les syndicats ont créé la surprise en annonçant leurs positions communes : ils en appellent à l’investissement, et en particulier à la recherche etdéveloppement et au renforcement des budgets publics pour la recherche scientifique. Des thématiques sur lesquelles on ne les attendait pas. C’est que, expliquent-ils, desobjectifs ambitieux en termes d’emploi passent par des objectifs ambitieux en termes de croissance économique.
Mais pour le reste de ce que le gouvernement a mis sur la table, il y a accord sur la plupart des points. La priorité absolue est la conservation de l’emploi existant, et donc lebétonnage des législations et accords sur les licenciements collectifs, et la conservation de l’emploi dans les services et entreprises publics.

Les Régions

Les trois régions ont mis en avant l’emploi non marchand et les services de proximité (demande que le fédéral refinance sa participation aux Plans derésorption du chômage et aux titres-services) et affirmé la volonté d’investir plus dans l’accompagnement individuel des chômeurs. Des accentsrégionaux s’ajoutent. À Bruxelles, on met en avant deux priorités du Plan d’action régional pour l’emploi des Bruxellois (le Pare) : la lutte contre lesdiscriminations à l’embauche et la nécessité de sortir du placard le volet alternance du plan Rosetta. En Wallonie, où la position du gouvernement est commune auxpartenaires sociaux, on insiste par ailleurs sur l’économie sociale et sur la formation professionnelle.

La Communauté française a, elle, surenchérit sur l’emploi, et veut la limitation du titre-service aux activités de nettoyage à domicile.

L’opposition

Écolo amène deux propositions supplémentaires. D’abord, précisant quelque peu un des axes de travail des syndicats et de la Communauté française :l’aménagement des fins de carrière par redistribution du temps de travail, avec un volet tutorat/formation sur le modèle du plan Tandem imaginé par le ministreDetienne et les partenaires sociaux wallons du secteur du handicap. Ensuite, le potentiel des nouveaux secteurs : transports combinés, énergies renouvelables, rénovation urbaine,traitement des déchets, etc. « Nouveaux gisements d’emploi » dont l’exploitation nécessite un investissement par les pouvoirs publics.

Le CDH, quant à lui, focalise ses critiques sur le gouvernement arc-en-ciel, qui n’a tenu aucune de ses promesses en matière d’emploi : plan Rosetta, réductions decotisations , etc. En retard d’une guerre ? Non, Verhofstadt II est aussi interpellé : il doit dégager plus de moyens, y compris pour les réductions de cotisations, etaméliorer la manière dont ses projets s’articulent à la formation professionnelle et au développement économique. Et de proposer des « contrats dequalification professionnelle » (une sorte de plan super-Rosetta) complètement exonérés de charges, pour les jeunes qui quittent les études.

Et les autres

Deux prises de position « catégorielles » à relever encore. Celle de l’Ufenm, le patronat du non-marchand francophone, qui exige que les 25.000 emplois àréer dans le non-marchand le soient via la Maribel social, et demande qu’on n’en oublie pas pour autant de refinancer les politiques sectorielles (les subventions accordéesaux services agréés). Le front commun syndical du non-marchand va plus loin. Il demande même un refinancement du Maribel social : 14,7 % des nouvelles réductions de chargesdoivent lui être consacrées puisque l’emploi non marchand représente 14,7 % de l’économie. Autres idées : arrêter le titre-services au profit duMaribel social.

Vosec, la coupole flamande de l’économie sociale, a quant à elle fait part aux ministres de l’Emploi et de l’Économie sociale du fait qu’elle estprête à prendre ses responsabilités face aux enjeux.

1. Les travaux peuvent être en partie suivis sur le site web http://www.vandenbroucke.com et sur les sites internet des partenaires sociaux, http://www.feb.be, http://www.fgtb.be ethttp://www.acv-csc.be

Thomas Lemaigre

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