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Claude Jacquier sur Urbact : mieux comprendre les initiatives locales émergentes

Le 21 septembre 2002, Claude Jacquier, directeur au CNRS, Unité mixte de recherche CERAT – Pôle « Villes et Solidarites » 1, remettait une évaluation ex-ante2 surle programme européen Urbact 2002-2006. Trois mois plus tard, la Commission européenne approuvait ce programme, « au titre du point 15 des orientations d’Urban II ».En gros, Urbact veut « contribuer à améliorer la pertinence et l’efficacité des actions menées pour lutter contre la concentration des problèmeséconomiques, sociaux et environnementaux qui se posent dans les villes européennes, petites, moyennes ou grandes, avec les spécificités propres à chacune. Il devraégalement alimenter les réflexions sur les futures politiques communautaires dans le domaine urbain, à partir d’expériences locales concrètes de terrain.3»

28-07-2005 Alter Échos n° 148

Le 21 septembre 2002, Claude Jacquier, directeur au CNRS, Unité mixte de recherche CERAT – Pôle « Villes et Solidarites » 1, remettait une évaluation ex-ante2 surle programme européen Urbact 2002-2006. Trois mois plus tard, la Commission européenne approuvait ce programme, « au titre du point 15 des orientations d’Urban II ».En gros, Urbact veut « contribuer à améliorer la pertinence et l’efficacité des actions menées pour lutter contre la concentration des problèmeséconomiques, sociaux et environnementaux qui se posent dans les villes européennes, petites, moyennes ou grandes, avec les spécificités propres à chacune. Il devraégalement alimenter les réflexions sur les futures politiques communautaires dans le domaine urbain, à partir d’expériences locales concrètes de terrain.3»

Dans le courant de 2003, un appel à propositions a été lancé. Sur la base des projets de réseau rentrés, 11 thèmes se sont dégagés :l’exclusion sociale (1), l’insertion des populations d’origine étrangère (2), la régénération physique du tissu urbain (3),l’activité économique (PME, innovation…) et l’insertion par l’emploi (4), la prévention de l’insécurité urbaine (5), lasociété d’information (6), les jeunes – de l’exclusion a l’insertion – (7), le partenariat public/privé (8), la participation citoyenne (9), la gouvernance desprojets (10) et l’approche intégrée (11). Afin de faire le point sur le programme Urbact, Alter-Echos a interviewé Claude Jacquier, l’évaluateur ex-ante.

Alter Echos : D’ou vient Urbact ? Quel est l’objectif ou quels sont les objectifs ? Quelles sont les questions posées en amont ? Quelles réponses tente-t-il d’y apporter ? Est-cequ’elles conviennent ?

Claude Jacquier : Urbact est un réseau d’échange de savoirs, de bonnes pratiques entre des villes ayant participé aux divers programmes de la Commission (Programme piloteUrbain, PIC Urban 1, Pic Urban 2, voire Interreg, qui auraient concerné les villes). Rappelons que ces programmes essaient d’aider les villes à se doter de stratégies dedéveloppement et de faire face aux problèmes de fragmentation urbaine et de fléchissement de la cohésion sociale. À propos d’Urban, le commissaire européenen charge de la Politique régionale de l’Union, Michel Barnier, parle de trois défis pour les villes : la démocratie, l’environnement et la solidarité. Ce réseaupeut être ouvert aux villes des nouveaux pays qui arrivent dans l’UE ainsi qu’aux villes des pays de la façade sud méditerranéenne – si elles en ont les moyens, carles villes doivent participer au financement.

Ce réseau est financé par l’Union européenne. Il a été lancé en janvier 2003. C’est une vieille idée qui existait déjà dans le PICUrban 1, mais qui n’avait pas été financée alors. Cette idée reprend l’expérience réalisée dans divers réseaux anciens, tels que leréseau Quartiers en Crise (dont les débuts réels remontent à octobre 1989).

Par-delà l’idée de développer des échanges entre les villes mettant en œuvre des « programmes intégrés de développement urbain durable» et de travailler sur des thématiques plus pointues (plusieurs réseaux sont en cours de lancement – voir le site Urbact), il s’agit, d’une part, de constituer un savoircommunautaire en ce domaine et de favoriser des changements dans les manières de faire et dans les organisations au niveau des villes.

AE : Comment Urbact se situe-t-il par rapport à Urban et d’autres projets similaires ? Qu’est-ce qui le différencie ?

CJ : Pour simplifier, on pourrait dire que Urbact est le réseau des villes qui ont ou qui ont eu un programme Urban. En simplifiant encore plus on pourrait dire que Urbact est leréseau des villes labellisées Urban.

AE : Quels sont les vrais enjeux ?

CJ : Par-delà l’objectif des échanges et la constitution d’un centre de ressources concernant les bonnes pratiques et leur transférabilité, il me semble que Urbactparticipe d’une compréhension des processus et des mécanismes par lesquels des initiatives locales émergent, par lesquels il est possible de prélever un certain savoir etenfin de le généraliser. Un autre enjeu est de faire en sorte de repérer en quoi les programmes financés par l’UE ont des effets et des impacts sur les systèmespolitico-administratifs locaux et plus trivialement sur les bureaucraties urbaines. Un autre enjeu encore est : comment pérennise-t-on tout cela ?

AE : Où en est-on ?

CJ : On en est seulement au début de la mise en place d’Urbact : le recrutement des experts et la réponse à l’appel d’offres concernant les réseauxthématiques.

1. Claude Jacquier, directeur de recherche au CNRS, Unité mixte de recherche CERAT – Pôle « Villes et Solidarités », Institut d’études politiques -Universite Pierre Mendes France, rue de Constantine 25 à 38100 Grenoble, France,
tél. : 0033 (0) 476 09 55 63, fax : 0033 (0) 476 09 42 55, e-mail : claude.jacquier@upmf-grenoble.fr
2. Précisons que Giovanni Laino, de l’Università di Napoli Federico II, a collaboré à cette étude.
3. Cette définition provient du site Internet http://www.urbact.org. Secrétariat d’Urbact, rue de la Faisanderie 1 à 75016 Paris, France, tél. : 0033 (0) 147 04 1132, fax : 0033 (0) 144 05 99 13, e-mail : info@urbact.org

Baudouin Massart

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