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City Mine(d) contre les “krax” bruxellois

Au départ, un constat – faussement – candide posé par l’asbl City Mine(d)1 : la situation de l’emploi en Région bruxelloise ressemble fort àcelle de l’urbanisme voici dix ans. L’observateur est en effet confronté à un maquis législatif d’une technicité défiant toute velléité dedébat, à des couches de mesures et d’organismes qui se recoupent et se concurrencent, pour en arriver à un résultat objectivement insatisfaisant voire catastrophique.Forte de son expérience en matière urbanistique, l’asbl bruxelloise – qui a maintenant des antennes à Londres et à Barcelone – a décidé de mettreses compétences au service de la question de l’emploi et de l’économie à Bruxelles. De là est né le projet Micronomics, avec ses propres codes et son propre langagepour tenter de parler autrement et d’agir sur un état de fait connu.

21-01-2007 Alter Échos n° 221

Au départ, un constat – faussement – candide posé par l’asbl City Mine(d)1 : la situation de l’emploi en Région bruxelloise ressemble fort àcelle de l’urbanisme voici dix ans. L’observateur est en effet confronté à un maquis législatif d’une technicité défiant toute velléité dedébat, à des couches de mesures et d’organismes qui se recoupent et se concurrencent, pour en arriver à un résultat objectivement insatisfaisant voire catastrophique.Forte de son expérience en matière urbanistique, l’asbl bruxelloise – qui a maintenant des antennes à Londres et à Barcelone – a décidé de mettreses compétences au service de la question de l’emploi et de l’économie à Bruxelles. De là est né le projet Micronomics, avec ses propres codes et son propre langagepour tenter de parler autrement et d’agir sur un état de fait connu.

Pour cette tentative, City Mine(d) a réuni un large partenariat allant du Cecodhas (Comité européen de coordination de l’habitat social) au collectif d’artistesBlow Up, en passant par l’Agence Alter, la Fédération belge de la brique, Radio Panik, le Réseau européen des Villes & Régions de l’Économiesociale, etc. Le cadre théorique qui sous-tend la réflexion de micronomics est le « Generalized Empowerment »2. Présenté comme un défi, plusque comme un modèle figé, il vise à dépasser les contradictions inhérentes au développement urbain actuel qui, particulièrement visibles àBruxelles, font coexister des zones de production et d’accumulation de richesses énormes (Bruxelles est la 2e ville la plus riche d’Europe), et des poches depauvreté qui paraissent irréductibles (un taux de chômage de plus de 20 %). Le pari du Generalized Empowerment est de penser que les uns peuvent profiter des autres,autrement que par le seul effet de percolation (ou « trickle-down effect »)3.
Très concrètement, le projet de recherche bruxellois sur la microéconomie avait pour but d’analyser comment des interventions urbaines peuvent déceler des points deleviers entre les deux réalités économiques qui traversent Bruxelles, comment des interventions urbaines peuvent faire office de catalyseur pour renforcer des gens socialement etéconomiquement et comment des interventions urbaines peuvent contribuer à une économie (sociale) durable.

Les quatre krax

Pour tenter d’atteindre ce résultat, les participants de Micronomics ont commencé par scanner la ville à la recherche d’une traduction physique des paradoxeséconomiques bruxellois. Ils ont ainsi obtenu une « liste non exhaustive de zones de rupture économique ».

Ces zones, ils les ont nommées “krax” et les ont subdivisées en quatre sous-catégories :
• les krax verticaux qui seraient caractérisés par des bâtiments de bureaux implantés dans des quartiers populaires, sans qu’existe d’échangequalitatif entre les deux (ex : Quartier Nord)
• les krax horizontaux correspondent à la coexistence de quartiers riches et populaires, liée notamment au phénomène de gentrification (ex : le Sablon) ;
• les krax circulaires sont des îlots clairement délimités au cœur de la ville, et au sein desquels se déroulent des activités économiquesinvisibles, souvent « grises » (ex : la rue Heyvaert à Anderlecht et ses commerces de voitures d’occasion) ;
• les krax de vitesse sont des zones caractérisées par une grande différence de vitesse entre usagers, et où se croisent, comme autour du Petit Château, desautoroutes urbaines et des personnes quasiment statiques, comme ces prostituées ou demandeurs d’asile en attente d’un petit boulot ou d’un client.

Chacun de ces krax ont fait l’objet d’interventions spécifiques de la part de City Mine(d)4, qui chaque fois, visaient à combler ces krax, ou, au moinsà faire émerger la conscience de leur existence auprès des usagers. Le processus a déjà connu plusieurs temps forts dont le dernier est l’organisation d’un festivalde trois jours, à la fin novembre 2006, qui a permis d’exposer les résultats d’une démarche menée en parallèle, à Bruxelles, Londres etBarcelone.

1. City Mine(d), rue des Chartreux, 43 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 779 59 00 – courriel : info@ciymined.org

2. Plus d’informations et de traces des différents projets s’inscrivant dans la dynamique du « Generalized Empowerment » est disponible sur le site www.generalizedempowerment.org
3. Trickle-down effect : la théorie libérale prétend que l’enrichissement de l’élite irrigue, grâce à ses investissements et à sa consommation,toute la pyramide sociale.
4. Ces différentes interventions sont reprises sur le site de City Mine(d)

Edgar Szoc

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