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Vivre ensemble

Chez Dine With Us, la nourriture rapproche

Pour la première fois à Bruxelles, une longue tablée de 500 convives a accueilli le 16 septembre dernier d’anciens et nouveaux Bruxellois. Le but est de rapprocher les habitants autour d’un grand déjeuner, quelles que soient leurs langues, leurs origines ou religions. Reportage.

Léo Potier 18-09-2017
Pour la première fois à Bruxelles, une table où se succèdent 500 convives de toutes origines et de religions. Objectif : mieux se connaître. (c) Léo Potier

Pour la première fois à Bruxelles, une longue tablée de 500 convives a accueilli le 16 septembre dernier d’anciens et nouveaux Bruxellois. Le but est de rapprocher les habitants autour d’un grand déjeuner, quelles que soient leurs langues, leurs origines ou religions. Reportage.

Dine With Us organise son déjeuner au centre culturel flamand De Markten, au 1er étage, dans la prestigieuse Spiegelzaal, la salle aux miroirs. Sitôt arrivé à l’accueil, le visiteur reçoit un badge autocollant où est noté son prénom, le tout étant accompagné d’une pastille verte, orange ou bleue. Les couleurs sont aléatoires, tout comme les places qu’elles signalisent : tout est fait pour assurer une répartition hasardeuse des invités. Thérésa, Suleyman, Julia, Stijn, Mohammad, Ana, Akbar, les prénoms défilent à mesure que les yeux se promènent sur les badges. On se dit bonjour puis finalement un silence gênant s’installe. Il ne durera pas longtemps.

Devant les grands miroirs de la salle trônent les plats cuisinés par le collectif We Exist, groupement de cuisiniers syriens (voir leur page Facebook). Houmous, Fatoush, Kebbeh, Barak, autant de mets méditerranéens qui auront l’avantage de ne pas heurter les interdits alimentaires. Un plat de soupe aux lentilles est même prévu pour les sans-viandes. A mesure que les assiettes se vident, le miracle du déjeuner se produit. Les langues se délient, les sourires se forment, chacun commence à s’intéresser à son voisin et à sa voisine.

Il y a deux ans, Mohammed est arrivé à Bruxelles. Le jeune afghan à la chemise bleue et aux traits fins apprend le néerlandais et c’est grâce à sa classe qu’il a connu Dine With Us. Le hasard fait que sa voisine de gauche, Margot, enseigne bénévolement le néerlandais à Leuven. Thérésa résume sa situation : « un Irakien d’un côté, une Allemande de l’autre ». Ponctuées par les rires, les conversations sont un patchwork de néerlandais, de français, d’anglais et parfois d’arabe. Lorsque les mots ne viennent pas, on peut attraper un gros dé sur la table, le lancer pour tirer des petites cartes. Ces dernières proposent aux convives de faire des compliments à leurs voisins ou de leur servir à boire. Autant de moyens de briser la glace.

Échange de contacts et de bons plans à Bruxelles au moment du dessert. (c) Léo Potier

« C’est avec le pouvoir de la nourriture, de manger ensemble que l’on veut renforcer le lien entre les locaux et les nouveaux arrivants » Ruben Loodts, les poings sur les hanches, porte le tablier noir frappé du logo Dine With Us. Ce trentenaire à la barbe taillée coïncide bien avec le public urbain, jeune actif de la salle. Entrepreneur social et co-organisateur du rendez vous, il s’exprime avec un délicat accent flamand : « on veut démolir le mur qui existe entre ces deux groupes dans notre société ». Avec son petit cercle d’entrepreneurs flamands, il organise déjà des dîners entre locaux et nouveaux arrivants à Bruxelles et à Anvers. Grâce au financement participatif, Dine With Us a levé plus de 15.000 euros pour accueillir les 500 convives qui se succéderont aujourd’hui devant le buffet garni. Le premier service est bientôt fini. « Dans une heure, 110 personnes vont arriver et ça recommence » conclut Ruben avec le sourire. Avant ça, le dessert est servi au troisième étage. Les farandoles accrochés aux murs rappellent les fêtes d’anniversaire. Et pendant que les enfants cavalent entre les tables, Saskia échange son profil Facebook avec Roohii et Reza, un couple afghano-bangladais installé en Flandre. Entre deux coups de cuillères dans le gâteau à la banane, ils se promettent de garder le contact.

 

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