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Vivre ensemble appelle à "bouleverser les exclusions"

« Noël n’est pas joyeux pour tout le monde ». À l’appel d’Action Vivre Ensemble1, association de lutte contre l’exclusion sociale qui soutient plusde 80 initiatives de lutte contre l’exclusion en Wallonie et à Bruxelles, quelques dizaines d’associations ont garni symboliquement un sapin de Noël ce 23 novembre sur laplace St Aubain à Namur. Associations, responsables politiques et toute personne quelle qu’elle soit ont été invités à « boule »verser lesexclusions « sans perdre la boule » en « ouvrant les chemins de la participation, droit essentiel permettant de garantir tous les autres droits de l’Homme, y compris lesdroits économiques et sociaux » (PNUD, rapport 2000). Au pied du sapin, l’expo « Ego-Egaux »2 imageait l’exclusion en témoignages et en photos.

15-12-2004 Alter Échos n° 176

« Noël n’est pas joyeux pour tout le monde ». À l’appel d’Action Vivre Ensemble1, association de lutte contre l’exclusion sociale qui soutient plusde 80 initiatives de lutte contre l’exclusion en Wallonie et à Bruxelles, quelques dizaines d’associations ont garni symboliquement un sapin de Noël ce 23 novembre sur laplace St Aubain à Namur. Associations, responsables politiques et toute personne quelle qu’elle soit ont été invités à « boule »verser lesexclusions « sans perdre la boule » en « ouvrant les chemins de la participation, droit essentiel permettant de garantir tous les autres droits de l’Homme, y compris lesdroits économiques et sociaux » (PNUD, rapport 2000). Au pied du sapin, l’expo « Ego-Egaux »2 imageait l’exclusion en témoignages et en photos.

« Faire échec à la pauvreté et à l’exclusion n’est pas seulement une question de bonne volonté et de bienfaisance mais de droits humains», affirme Claude Mormont, coordinateur de Vivre Ensemble (VE). « Tant qu’un groupe humain ne peut faire entendre sa voix dans les débats publics, là où sedécident les politiques, il reste marginalisé, infériorisé, infantilisé… Le chômage, l’absence de logement décent ou même delogement, l’illettrisme et les autres précarités sont des entraves à la liberté d’agir pour son bien et celui des autres et accapare les personnes dans desquestions de survie », complète le coordinateur.

« Lever les obstacles à la participation à la vie sociale et associative »

Parmi les revendications formulées par Action Vivre Ensemble, en voici quelques-unes :

• VE demande aux responsables politiques de revoir les « réglementations concernant les personnes ayant droit au revenu d’intégration sociale ou aux allocations dechômage pour qu’elles ne soient pas conçues dans une stricte logique de contrôle et de pénalisation et qu’elles ne découragent pas les personnes quis’investissent volontairement dans des activités citoyennes et associatives ». VE invite également à créer des haltes-garderies pour améliorer lesproblèmes de garde d’enfants des parents isolés en situation de pauvreté.

• « La participation demande une formation adéquate de tous les acteurs ». Vivre Ensemble plaide pour que les agents des services publics, administrations, CPAS,écoles, etc. soient formés au dialogue et au partenariat avec les personnes en situation de pauvreté pour éviter l’improvisation lorsque les citoyens desassociations sont invités à participer à l’élaboration de mesures politiques.

• VE appelle les hommes politiques à « donner suite au travail de concertation politique » qu’ils ont eux-mêmes lancé. Il en va ainsi du Rapportgénéral sur la Pauvreté de 1994, ou des rapports du Service de Lutte contre la Pauvreté. L’association rappelle la publication annuelle du Rapport bruxellois surl’état de la pauvreté qui doit être soumis à la concertation entre les acteurs de la lutte contre la pauvreté, examiné en commission des Affairessociales et débattu au Parlement bruxellois avec ces mêmes organisations pour faire ensuite l’objet d’un vote. Au gouvernement wallon, VE demande de tenir compte du Forum surl’Insertion sociale lancé en 2004 pour l’alerter sur tout problème d’exclusion ou d’insertion sociale.

• Sur le plan local, VE encourage au dialogue entre associations et autorités communales pour associer les personnes démunies au travail de lutte contre la pauvreté. Ellerappelle la loi de 1976 sur les CPAS qui prévoit d’organiser une coordination sociale avec les travailleurs sociaux.

• Un financement durable des associations de lutte contre l’exclusion est demandé pour leur éviter soit d’emprunter, soit de rechercher des fonds privés audétriment de leur action.

Prendre la parole avec des mots et des photos

Au pied du sapin, 17 témoignages visuels exprimaient le vécu de 17 personnes qui, avec leurs mots et des photos qu’elles ont prises elles-mêmes, nous font entrer dansleur monde, celui qu’elles aiment et celui qu’elles n’aiment pas.
Ainsi, Hannan, Marocaine arrivée en Belgique en 1998, a photographié la cuisine où elle se forme (avec l’association Forma), le geste d’offrir le thé àla menthe (symbole d’accueil), le palais de justice. Dominique, 36 ans : « Alors que l’école devait me préparer à l’avenir, c’est elle qui adécidé de tout sans moi. Exclu de l’école, du marché du travail, je ressens ce décalage même au sein de ma propre famille ». Alors, il rêvede voyager devant l’eau du canal ou devant une agence de voyages. Alain, 46 ans, évoque son passé de SDF. « Personne n’est à l’abri de devenir un joursans-abri ». Il retourne sur les lieux où il a vécu, sur son rectangle de béton sur le chemin de halage. Aujourd’hui, il est une « perche pour les autres» avec l’association La Rochelle qui est devenue sa vraie famille. « Ou tu crèves ou tu t’en sors ». Et il y a encore Betsy, Virginie, Guillaume, Serge, Sabrinaet les autres…

1. Vivre Ensemble Éducation, rue du Gouvernement Provisoire, 32 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 227 66 80 –
site : http://www.entraide.be. Dossier : « Les chemins de participation » : 7,50 euros.
2. L’expo « Ego-Egaux » est conçue pour circuler dans toute la Wallonie-Bruxelles. Elle existe en plusieurs exemplaires et est déjà programmée dans unesérie de lieux. Location : 50 euros/mois. Elle sera accessible sur le Net à partir de mars 2005.

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