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Agriculture

Une tomate éthique pour lutter contre l’exploitation des migrants

Si les Pouilles, région au sud de l’Italie, sont devenues le nouvel éden touristique des Italiens, à l’ombre de cette carte postale, les saisonniers travaillent dans les champs dans des conditions dignes de l’esclavage. Plongée dans un des plus grands ghettos d’Italie où survivent ceux qui cueillent les tomates qui se retrouvent dans nos assiettes.

© Flickrcc Gaelx

Le rendez-vous est fixé dans un café près de la gare de Foggia, dans la province du même nom, avec Yvan Sagnet, témoin clé lors du premier procès pour esclavagisme en Italie, en 2017. Un procès contre la mafia qui organise dans la région le travail de milliers de saisonniers venus cueillir les tomates vendues ensuite dans le monde entier. En 2008, ce jeune étudiant camerounais arrive à Turin, au nord du pays, grâce à une bourse d’études. Suite à un problème administratif, Yvan cherche un travail pour poursuivre ses études. Ses compatriotes lui conseillent le seul poste disponible pour un «Noir»: la cueillette des tomates dans le Sud. C’est donc par hasard qu’il atterrit dans le ghetto de Borgo Mezzanone. Une descente aux enfers qu’il décrit dans le livre Ama il tuo sogno. Vita e rivolta nella terra dell’oro rosso (Galleria Fandango, 2017) (NDLR: Aime ton rêve. Vie et révolte sur la terre de l’or rouge). Il y découvre l’univers des caporali, des intermédiaires qui privent les immigrés de leurs documents en échange d’un travail. Douze heures à cueillir les tomates dans les champs, sous un soleil torride, sans eau ni sanitaires. Yvan se plie à ces règles inhumaines, il dort à même le sol les premiers jours, puis arrive à s’acheter un matelas qu’on lui vole aussitôt. Il endure toutes ces épreuves jusqu’au jour où un de ses compagnons fait un malaise lors d’une cueillette. Les trava...

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Alessandra Leo

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