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Une équipe universitaire pratique l’accompagnement social des locataires à Droixhe

Depuis deux ans, l’équipe d’accompagnement social LAC (Laboratoire d’Anthropologie et de Communication) de l’ULg diagnostique les logements et rencontre leslocataires du complexe Truffaut-Libération, dans le quartier de Droixhe à Liège. Les 436 appartements des six immeubles en bord de Meuse doivent être rénovéspour un budget de 26,6 millions d’euros : le chantier est prévu sans déménagement des locataires. Entre le 21 novembre et le 20 décembre 2003, quelque 100 personnesont pu visiter l’appartement témoin, au 1er étage du n° 29 avenue Truffaut. Après la fermeture de la permanence du LAC pour les fêtes de fin d’année,le logement de deux chambres, pratiquement restauré (doubles vitrages, châssis, salle de bain, normes électriques, esthétique…) a été rouvert au publicdepuis le 12 janvier. Les appels d’offres seront lancés ce mois-ci et les travaux débuteront au printemps – en commençant par l’immeuble le plusdégradé, situé place de la Libération.

27-07-2005 Alter Échos n° 156

Depuis deux ans, l’équipe d’accompagnement social LAC (Laboratoire d’Anthropologie et de Communication) de l’ULg diagnostique les logements et rencontre leslocataires du complexe Truffaut-Libération, dans le quartier de Droixhe à Liège. Les 436 appartements des six immeubles en bord de Meuse doivent être rénovéspour un budget de 26,6 millions d’euros : le chantier est prévu sans déménagement des locataires. Entre le 21 novembre et le 20 décembre 2003, quelque 100 personnesont pu visiter l’appartement témoin, au 1er étage du n° 29 avenue Truffaut. Après la fermeture de la permanence du LAC pour les fêtes de fin d’année,le logement de deux chambres, pratiquement restauré (doubles vitrages, châssis, salle de bain, normes électriques, esthétique…) a été rouvert au publicdepuis le 12 janvier. Les appels d’offres seront lancés ce mois-ci et les travaux débuteront au printemps – en commençant par l’immeuble le plusdégradé, situé place de la Libération.

Un hôtel en 1958

Le complexe a été construit entre 1954 et 1958. L’équipe universitaire de Pierre Franquignoulle et Barbara Stevens précise que « l’immeuble de laplace de la Libération a servi d’hôtel temporaire pendant l’Exposition universelle de 1958 : il reste d’ailleurs des traces dans les lavabos et sur les poignéesde portes ». Sur requête des architectes auteurs de projet, Dethier & associés, ils ont contacté 300 chefs de ménage et visité quatre des six immeublesà rénover. «Nous sommes très bien accueillis, disent-ils, car les habitants ont un déficit d’information sur la nature et la durée des travaux (10 moispar immeuble). Parfois, ils ne dissocient pas le chantier des problèmes locatifs : nous relayons toutefois leurs plaintes auprès de la société gestionnaire Atlas.Malgré les travaux prévus, ils ne désirent pas quitter le quartier, et la rénovation “sur site” est pour eux une garantie de conserver leur appartement. Lelogement témoin les enthousiasme et les encourage aussi à rester ».

Au fil des mois, à la suite des requêtes des locataires et de la concertation avec Dethier et la société Atlas, le programme des travaux a étépartiellement modifié : installation de douches plutôt que des baignoires, placement de poignées dans les bains pour les personnes à mobilité réduite, lemaintien de trois chambres dans la cage centrale du bâtiment place de la Libération… « Il faut évidemment que les demandes soient réalisables et majoritaires,précisent Pierre Franquignoulle et Barbara Stevens. Les travaux ne seront pas réalisés à la carte. » Pour l’équipe du LAC, les dégâtsprincipaux dans les immeubles sont dus à l’humidité : « Les appartements sous toiture, au 12e étage, et les logements orientés à l’ouest, soumisaux pluies, sont les plus dégradés. Il n’y a pas de dégâts locatifs ».

Pas de contact interculturel

Le photographe Jacques Piszczan a collaboré avec l’équipe universitaire pour prendre des clichés numériques et techniques dans les appartements : «L’objectif, dit-il, était de quantifier par images pour les architectes l’ampleur des dégâts et des travaux ». Il a ensuite photographié pour uneexposition les habitants dans un domicile « souvent dénudé, poursuit-il, sans cadre sur les murs : l’atmosphère propre, mais dépouillée, est typiquementculturelle du Maroc ou de la Turquie ». Il a également pris des clichés des buildings durant la nuit : « Je me baladais avec mon appareil photo, un pied… Jen’ai jamais été agressé. Je pense que l’insécurité est très amplifiée ». Quelque 68 nationalités sontreprésentées dans le complexe d’appartements : Jacques Piszczan constate que « les adultes d’origines différentes ne se parlent pas, n’ont aucun contact,ne se disent même pas bonjour : un peu comme s’ils ne se voyaient pas ». Les plaintes des locataires sur le mauvais état de leur logement restent donc individuelles.L’absence d’un « bloc » de protestations dans les 1.800 logements du complexe social ne contrecarre pas beaucoup la torpeur (750 logements dégradés dans la tourMatch, le square Micha…) et les soubresauts (cinq buildings des années 60 dans l’avenue de la Croix-Rouge à étêter, à démolir puis àvendre) du projet global de requalification du quartier de Droixhe.

1. Permanence du LAC et visites de l’appartement témoin : av. Truffaut, 29 à 4020 Liège. Le lundi de 8 h 30 à 12 h 30 et le mercredi de 13 h 30 à 17 h 30.Tél. : 04 342 00 84.

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