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Un troisième système d’indemnisation pour les chômeurs de longue durée ?

Frank Vandenbroucke, ministre flamand de l’Emploi (SP.A) propose de créer, parallèlement à l’assurance maladie et à l’indemnisation des demandeursd’emploi, un troisième système d’aide, qui serait dédié aux chômeurs de longue durée. Il s’agirait de leur octroyer des indemnitéssans plus lier celles-ci à la condition de se tenir disponible sur le marché de l’emploi. Le ministre réagissait ainsi, mi-décembre, à une estimation de FonsLeroy, administrateur flamand du VDAB (équivalent flamand du Forem et de l’Orbem) selon laquelle 20 % des demandeurs d’emploi actuellement enregistrés en Flandren’avaient absolument aucune chance de trouver un emploi.

11-01-2006 Alter Échos n° 200

Frank Vandenbroucke, ministre flamand de l’Emploi (SP.A) propose de créer, parallèlement à l’assurance maladie et à l’indemnisation des demandeursd’emploi, un troisième système d’aide, qui serait dédié aux chômeurs de longue durée. Il s’agirait de leur octroyer des indemnitéssans plus lier celles-ci à la condition de se tenir disponible sur le marché de l’emploi. Le ministre réagissait ainsi, mi-décembre, à une estimation de FonsLeroy, administrateur flamand du VDAB (équivalent flamand du Forem et de l’Orbem) selon laquelle 20 % des demandeurs d’emploi actuellement enregistrés en Flandren’avaient absolument aucune chance de trouver un emploi.

Selon les statistiques du VDAB, il y avait fin 2005 58.872 chômeurs de longue durée (c’est-à-dire depuis plus de deux ans sans emploi) en Région flamande. FrankVandenbroucke estime qu’il faut « les soutenir, les prendre en main et les aider financièrement ». Pour certains exclus du circuit économique classique, il voit aussides pistes dans l’économie sociale. Mais il estime lui aussi qu’environ 11.000 demandeurs d’emploi risquent de rester toute leur vie au chômage. Il propose donc poureux un troisième système d’indemnisation, mais dont la mise en place ne se ferait qu’à moyen terme : le problème n’a en effet pas étéabordé dans la déclaration gouvernementale de juin 2004 et le ministre ne dispose d’aucun budget à cet effet. Comment en est-on arrivé là ?

Pour Fons Leroy, le problème des chômeurs de longue durée a été négligé pendant des années, le VDAB s’étant conformé auxdirectives européennes en la matière : s’occuper en priorité des demandeurs d’emploi qui avaient le plus de chances de retrouver un travail. Ainsi, selon lui, leVDAB, qui avait au cours des années 80 développé une excellente collaboration avec « Weer werk », un projet issu du milieu associatif spécifiquementdirigé vers les chômeurs de longue durée, a-t-il perdu beaucoup par la suite en voulant à tout prix développer le même type d’expertise en interne. Ilestime en outre que trop longtemps, les demandeurs d’emploi ont été considérés comme un groupe homogène, qui pouvait être approché avec une seuleet même stratégie.

Depuis juillet 2004, le VDAB a entrepris de rencontrer systématiquement tous les chômeurs de longue durée en Flandre. L’office a commencé par les demandeursd’emploi de moins de 30 ans qui cumulaient 21 mois ou plus de chômage. En 2005, cela a été le tour des trentenaires et des quadras. Ceux de plus de 50 ans devraientêtre reçus par la suite. Pour Fons Leroy, ce sont certainement ces derniers qui constituent la catégorie la plus problématique. Souvent, ils présentent des ennuis desanté ou des problèmes d’ordre psychique et/ou social qui les empêchent de trouver du travail. Le VDAB veut maintenant faire l’inventaire de ces problèmes.Généralement, ils n’entrent pas directement en ligne de compte pour de l’aide sociale ni pour des soins dans le secteur de la santé mentale, d’autrespopulations étant prioritaires. Fons Leroy estime que, même si la tâche principale du VDAB est d’activer les demandeurs d’emploi, il est également de son devoirde présenter une solution d’un autre type aux cas les plus difficiles.

D’après De Morgen et De Standaard

Pierre Gilissen

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