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Un Conseil de la jeunesse plus mature

Le nouveau Conseil de la jeunesse est à présent bien installé. Il organise sa première agora fin mars.

01-03-2010 Alter Échos n° 290

Le Conseil de la jeunesse prépare sa première Agora1. Épreuve du feu pour Anne-Caroline Burnet, présidente de l’assembléegénérale, la première à être élue pour ce Conseil nouvelle mouture. Rencontre.

On va pouvoir rentrer dans le vif du sujet. On se souvient qu’un nouveau décret avait réformé le Conseil de la jeunesse d’expression française (CJEF) devenu« Conseil de la jeunesse » afin de le rendre plus efficace et plus représentatif. Question représentativité, il avait été décidéque les jeunes eux-mêmes éliraient leurs représentants à l’assemblée générale. Les 86 organisations de jeunesse (OJ) ont dû réduireleurs prétentions et faire place aux représentants des milieux étudiants et aux jeunes « porteurs d’initiatives », avec respectivement 60  %, 30 %et 10  % des places disponibles. Les élections qui se sont tenues à l’automne dernier ont réuni 123 candidats (pour 50 places) et environ 3 000 votants. Avec 623voix, Anne-Caroline Burnet a décroché la timbale. « Je ne connaissais pourtant pas cet organe, puisqu’il était assez fermé », avoue la jeunefemme, étudiante en 1er master en Sciences économiques. En revanche, elle avait déjà un beau parcours d’engagement. Ancienne présidente des jeunesCDH, huit ans dans un club de volley, membre d’un club d’étudiants entrepreneurs, Anne-Caroline a toujours trouvé moyen d’occuper ses temps libres. « Cettefois, j’avais envie d’un engagement plus sociétal. Mais c’est une vraie gageure de représenter les 800 000 jeunes de 16 à 30 ans de la Communautéfrançaise. »

Devançant toute critique, elle précise  : « Je suis bien consciente qu’avec seulement 3 000 votants, nous ne sommes pas encore arrivés à unevéritable représentation de la jeunesse. Ce sera un de nos gros chantiers. Évaluer les élections, étudier les manières d’encore élargir lareprésentativité et améliorer notre visibilité. Nous sommes une génération “test” sur ce point. » Parmi les membres du CJ, la question revientsans cesse sur le tapis, mais la présidente semble déterminée. « À l’Assemblée générale, on trouve aussi bien des étudiantsque des chercheurs d’emploi, des jeunes actifs et des élèves du secondaire. C’est très diversifié. Mais on sait aussi qu’il y a certains jeunes qui sontplus difficiles à toucher. C’est pourquoi on bosse avec des AMO et on réfléchit aux moyens d’aller à la rencontre de jeunes plus isolés plutôt qued’attendre qu’ils viennent à nous  : nous projetons d’aller dans des écoles, voire dans des IPPJ (Institution publique de protection de la jeunesse). Gagner enlégitimité est une vraie préoccupation. »

Des ambitions à la hausse

Début décembre, une rencontre a eu lieu avec les parlementaires de la Communauté française, histoire d’établir un premier lien. Le Conseil de la jeunesseentend bien remplir son rôle consultatif et émettre des avis qu’ils soient ou non sollicités. « Nous avons reçu un très bon accueil desparlementaires ainsi que de la ministre de la Jeunesse, Évelyne Huytebroeck. C’est encourageant de voir qu’on ne travaille pas dans le vide. Il y a pas mal de questions surlesquelles nous pensons avoir notre mot à dire. »

Les membres de l’assemblée se sont donc réparti le travail au sein de sept commissions  : développement durable, éducation, emploi, citoyenneté,média, international, et une commission « fourre-tout » pour les sujets culture, santé, enfance ou encore publicité. Dans ce cadre, Anne-Carolinedéfinit plutôt son rôle comme celui d’une médiatrice impartiale  : « Je vais surtout écouter, observer, tenter de concilier les points de vue engardant à l’esprit les valeurs de respect et de démocratie. Ce n’est pas toujours simple de concilier les différentes opinions, mais on nous donne un pouvoir :on ne peut pas faire semblant, tergiverser trois siècles, il faut y aller. »

Elle a déjà quelques idées pour bousculer les politiques sur les thématiques de l’éducation ou de l’emploi. « Le marché estsaturé et on demande aux jeunes d’avoir de l’expérience avant de décrocher un premier emploi. On dit de la jeunesse qu’elle est le moteur, mais on se sentexclus  ! » Un moyen de mieux impliquer la jeunesse  ? Le vote à 16 ans. « C’est une question sur laquelle nous allons plancher. Cela impliqueraitd’introduire des cours d’éducation civique à l’école, de responsabiliser plus les jeunes. » Voilà qui promet de beaux débats.

1. L’Agora se tiendra du 26 au 28 mars dans une auberge de jeunesse de Namur. La première soirée rencontre-débat sera organisée autour du film « Entreles murs ». Le samedi sera consacré à des ateliers et le dimanche matin à des rencontres de type speed-dating avec des personnalités politiques. Renseignementset inscriptions sur le site du Conseil de la jeunesse  : www.conseildelajeunesse.be

aurore_dhaeyer

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