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Travail en prison : les ETA inquiètes

Si la problématique n’est pas neuve, le travail en prison concurrence les entreprises de travail adapté (ETA). Pourtant, en ce qui concerne tant des ETA que de la régie du travail pénitentiaire, le mot d’ordre est à plus de collaboration à l’avenir.

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(c)Mathias Muller

Si la problématique n’est pas neuve, le travail en prison concurrence les entreprises de travail adapté (ETA). Pourtant, en ce qui concerne tant des ETA que de la régie du travail pénitentiaire, le mot d’ordre est à plus de collaboration à l’avenir.

Patrick Godart est dans le secteur des ETA depuis 25 ans. À Enghien, il dirige 80 personnes. La concurrence avec les prisons, il la vit de plein fouet. Deux prisons, celles d’Ittre et de Leuze-en-Hainaut, se trouvent à une quarantaine de kilomètres de son entreprise. «J’ai perdu des clients», reconnaît-il. Principale raison: une question de prix, étant donné que le coût du travail des personnes handicapées est trois fois plus élevé que celui des détenus. «Il ne faut pas se leurrer. C’est la conséquence d’une logique économique. Tout le monde essaie de trouver le moins cher possible. Les prisons offrent des remises de prix importantes: eux, c’est 4 à 5 euros de l’heure, tandis que nous, c’est 14 à 15 euros. Je ne sais pas concurrencer cela.» Certains clients vont et viennent, faisant leur «shopping», entre l’ETA et les prisons. «Quand il n’y a pas d’impératif de temps, ils font travailler les prisons, mais quand il s’agit de délais plus courts, ils viennent chez nous.»

Cette situation de concurrence n’a pas toujours existé. «En quelques années, le travail en prison s’est profondément professionnalisé. Comme la régie du travail ...

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Si la problématique n’est pas neuve, le travail en prison concurrence les entreprises de travail adapté (ETA). Pourtant, en ce qui concerne tant des ETA que de la régie du travail pénitentiaire, le mot d’ordre est à plus de collaboration à l’avenir.

Patrick Godart est dans le secteur des ETA depuis 25 ans. À Enghien, il dirige 80 personnes. La concurrence avec les prisons, il la vit de plein fouet. Deux prisons, celles d’Ittre et de Leuze-en-Hainaut, se trouvent à une quarantaine de kilomètres de son entreprise. «J’ai perdu des clients», reconnaît-il. Principale raison: une question de prix, étant donné que le coût du travail des personnes handicapées est trois fois plus élevé que celui des détenus. «Il ne faut pas se leurrer. C’est la conséquence d’une logique économique. Tout le monde essaie de trouver le moins cher possible. Les prisons offrent des remises de prix importantes: eux, c’est 4 à 5 euros de l’heure, tandis que nous, c’est 14 à 15 euros. Je ne sais pas concurrencer cela.» Certains clients vont et viennent, faisant leur «shopping», entre l’ETA et les prisons. «Quand il n’y a pas d’impératif de temps, ils font travailler les prisons, mais quand il s’agit de délais plus courts, ils viennent chez nous.»

Cette situation de concurrence n’a pas toujours existé. «En quelques années, le travail en prison s’est profondément professionnalisé. Comme la régie du travail ...

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Pierre Jassogne

Pierre Jassogne

Journaliste (social, justice)

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