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"Transit, le centre enfin sorti de l'ornière évolue vers de nouveaux projets"

26-08-2002 Alter Échos n° 125

Il y a quelques mois, Transit1 faisait parler de lui, en cause± les difficultés financières du centre. Quelques mois plus tard, point sur la situation et présentationde l’évolution du projet lancé il y a sept ans déjà, en septembre 1995.
Inscrit dans le cadre des projets de Contrat de Sécurité «plan drogue» du ministère de l’Intérieur, Transit recevait jusqu’il y a peu pratiquement196.961 euros en frais de fonctionnement et 731.285 euros, en frais de personnel. «Le problème auquel le centre a été confronté, explique Muriel Goessens,coordinatrice du projet, est que, comme pour tous les contrats de sécurité, les subsides alloués sont insuffisants et ce sont les communes, responsables desdits projets quidoivent suppléer. Finalement, la Région et le ministère de l’Intérieur ont débloqué des moyens supplémentaires à concurrence de 224.000euros pour la Région et de 182.530 euros pour le ministère de l’Intérieur. »
Historique
Transit est considéré comme un projet pilote. À l’origine, il est né d’une demande des services de police d’avoir un lieu d’accueil des usagers dedrogues interpellés et non gardés à disposition par la Justice. Dès lors, le centre garde toujours disponibles quatre admissions en hébergement pour usagersorientés par la police. Le centre est la seule maison d’accueil accessible 24 heures sur 24 qui accueille des toxicomanes adultes sans conditions d’admission. Installé dansune ancienne école primaire appartenant au CPAS de la Ville de Bruxelles, Transit se compose d’un centre d’hébergement d’une capacité de vingt lits ainsi qued’un centre de jour. L’encadrement est effectué par six équipes de trois personnes qui assurent le fonctionnement 24h/24 et 7j/7.
Le projet se caractérise par l’absence de conditions d’accès : pas d’obligation d’avoir une assurance soins de santé, ni de revenus, de participer àun entretien préliminaire, ou d’être abstinent.
L’objectif du centre est de permettre d’accéder à un minimum de dignité humaine (un toit, une douche, une vie communautaire) et, dans un second temps, de viser laremise en ordre socio-administrative et le soutien de la personne dans la construction d’un projet de base à mettre en place en aval de Transit.
Aucune thérapeutique n’est prodiguée sur place. Transit se présente comme un relais vers les structures de soins. L’infirmière psychiatrique du centre orientevers le réseau médical existant pour la mise en place de traitements de substitution. Elle veille au respect des prescriptions. Elle a également pour rôle de donner lesconseils d’hygiène et de surveiller l’état de santé des usagers pour éviter le plus possible les cas d’overdose car s’il y a parfois des crises demanque, aujourd’hui, ce sont surtout les risques d’overdose qui guettent.
Profil
Actuellement, la population est essentiellement poly-toxicomane. L’usager de drogues consomme en fonction de ses revenus ou au gré des prix des produits. La substance la plusfréquente est l’héroïne, parfois la cocaïne. Dans beaucoup de cas, on constate qu’il y a prise de médicaments associée à une consommationd’alcool.
Au niveau de l’évolution du travail réalisé avec les personnes toxicomanes, les responsables du centre constatent, par rapport aux premières annéesd’activité de Transit, qu’il est aujourd’hui facile de mettre en place un traitement de substitution. Ce qui prend davantage de temps est d’essayer de régler lasituation administrative des personnes et encore plus de trouver un logement.
Toujours en évolution
La directrice explique que le mode de fonctionnement du centre évolue régulièrement afin de pouvoir s’adapter à la mouvance de la problématique et auxréalités du terrain. Les périodes d’hébergement s’allongent pour envisager une remise en ordre socio-administrative. Au départ, le séjourétait de trois à sept jours. La moyenne aujourd’hui est de douze à quinze jours avec des possibilités de prolongation. Cette évolution renvoie auproblème du logement.
Rien n’est imposé, et même si certains viennent au centre avec l’idée de « se déposer », ils sont stimulés par rapport à la mise enplace d’un projet. Souvent, ils arrivent dans un état lamentable : sans revenu, sans mutuelle, sans toit, avec une hygiène et une santé déplorables. Les usagersviennent de toute la Belgique, même s’ils viennent principalement de Bruxelles et de Wallonie et moins de Flandre.
Au départ, l’objectif du projet était d’être le relais entre la rue et le réseau socio-thérapeutique mais il a évolué vers une passerelleà double sens de circulation. Les responsables relèvent qu’en premier accueil, 75 % des usagers sont orientés par le secteur, alors qu’en deuxième accueil, ilssont autant à venir de leur propre chef. L’équipe reconnaît que les demandes ponctuelles sont plus difficiles à gérer et que la nuit ils doivent êtrerecommandés par un service. L’objectif est pourtant d’ouvrir 24h/24 aux demandes ponctuelles tout en restant attentif à éviter les nuisances nocturnes pour lequartier.
Enfin, parmi les divers services rendus à la population toxicomane, Transit propose aussi, une fois par semaine, une table « logement », et depuis trois ans, un comptoird’échange de seringues (projet LAIRR). Les travailleurs actifs dans ce projet font actuellement un sondage auprès des usagers en leur soumettant l’idée de comptoirsdécentralisés ou d’antennes mobiles. Transit est aussi impliqué dans les projets «Boule de Neige» (formation par les pairs) et «Stérifix»(pochettes stériles disponibles en pharmacie).
1 Transit, rue Stephenson, 96 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 215 89 90, fax : 02 215 60 10, contact : Muriel Goessens (Coordinatrice).

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