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Sowecsom : « Des objectifs économiques et sociaux peuvent être poursuivis ensemble »

Le 9 juillet, la Sowecsom (Société wallonne d’économie sociale marchande)1 publiait son nouveau rapport d’activités. À ce jour, elle aaccordé du financement à 48 entreprises pour un montant de 8,6 millions d’euros au moyen de prêts, de participations au capital et de garanties. Quelques 600 emplois ontété crés par ces 48 entreprises.

28-07-2005 Alter Échos n° 146

Le 9 juillet, la Sowecsom (Société wallonne d’économie sociale marchande)1 publiait son nouveau rapport d’activités. À ce jour, elle aaccordé du financement à 48 entreprises pour un montant de 8,6 millions d’euros au moyen de prêts, de participations au capital et de garanties. Quelques 600 emplois ontété crés par ces 48 entreprises.

La Sowecsom a été créée en 1995 à l’initiative de la SRIW (invest régional wallon) en collaboration avec les organisations syndicales. Ses moyensinitiaux destinés au financement des entreprises sociales marchandes s’élèvent à 11,15 millions d’euros2. Sur six ans et demi de fonctionnement, 8,6millions d’euros ont été accordés à 48 entreprises. En 2002, huit projets ont reçu un accord pour un montant de 812.500 euros, soit beaucoup moins quel’année précédente (2.301.000 euros). Le président du Comité d’acceptation explique cette chute par la conjoncture économiquedéfavorable.

Pour qui ?

Le public cible de la Sowecsom sont les sociétés qui se créent ou se développent en région wallonne et qui répondent aux critères suivants :

– critères de taille : au maximum 50 équivalents temps plein, 6,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, 2,5 millions d’euros de total bilantaire ;

– critères éthiques : la finalité de service aux membres et à la collectivité plutôt que le profit, l’autonomie de gestion, le processus dedécision démocratique, la primauté des personnes et du travail sur le capital, dans la répartition des revenus (principes fixés en 1990 par le Conseil wallon del’économie sociale) ;

– critères économiques : l’activité est marchande (l’entreprise produit des biens ou des services répertoriés sous un code NACE), la valeurajoutée produite doit être supérieur aux subsides éventuels.

Les projets doivent également avoir un potentiel de création d’emplois. Des personnes qui veulent se lancer toutes seules comme indépendantes ne sont pas à labonne adresse à la Sowecsom.

Le montant maximum que la Sowecsom peut investir dans un projet est de 250 000 euros3 Des projets qui nécessitent plus, au-delà de leurs fonds propres, obtiennent le plus souvent dufinancement chez Credal ou Triodos.

Le parcours d’une demande d’intervention

Les porteurs de projets, parfois accompagnés par une Agence conseil en économie sociale, font leurs demandes aux collaborateurs de la Sowecsom qui aident à monter lesdossiers. Le Comité d’acceptation examine les demandes préalablement au Conseil d’administration, donne un avis et peut également décider de ne pasprésenter un dossier au Conseil d’administration. À ce stade, certains projets sont encore accompagnés, transformés pour améliorer leurs chances. Le Conseild’administration prend les décisions d’octroi ou de refus sur la base du dossier présenté, en dehors de la présence du porteur de projet.

600 emplois créés

Aujourd’hui, 600 emplois ont été créés au total par les 48 entreprises qui ont obtenu un financement de la Sowecsom. Une grande majorité sont des contratsà durée indéterminée : 69 %. La plupart des emplois sont créés dans des très petites entreprises : 61 % des entreprises financées occupent moinsde dix personnes.

Jean-Claude Vandermeeren (FGTB), président du Comité d’acceptation, souligne qu’“il ne s’agit pas uniquement des personnes qui n’ont pas de formation etqui sont au chômage depuis longtemps. Malheureusement, ce discours ‘insertion’sur le secteur est mis trop en avant au fédéral. Il y a aussi des personnes‘normales’, avec un haut niveau de formation, qui sont salariées et veulent se lancer dans l’économie sociale marchande parce qu’elles accrochent aux valeurs dece secteur. Les activités peuvent aussi avoir une haute valeur ajoutée. Le secteur de l’économie sociale marchande ne peut pas être dévalorisé comme lesecteur où on place les chômeurs de longue durée dans des entreprises de recyclage”. Les secteurs dans lesquels se trouvent les entreprises financées sont trèsdivers : horeca, construction, environnement, technologies de l’information,… “Dans tous les secteurs, des objectifs économiques et sociaux peuvent être poursuivisensemble”, remarque Nathalie Demanet, conseillère du ministre Kubla et présidente du conseil d’administration.

“La durabilité des emplois n’est pas moindre que dans l’économie traditionnelle : il n’y a pas plus de faillites dans le secteur de l’économiesociale marchande”, selon Jean-Claude Vandermeeren. Sur les 48 entreprises qui ont obtenu un financement, 10 ont fait faillite. Ces sinistres représentent pour la Sowecsom un coûtde 750.000 euros (9 % du total).
Le coût moyen par création d’emploi s’élève à presque 14.500 euros4. Pour Jean-Claude Vandermeeren : “Si on compare ce montant avec le coûtd’une création d’emploi dans le cadre de l’Objectif 1 en Hainaut, soit presque 75.000 euros, c’est loin d’être mauvais.”

Brusoc piaffe pour sortir de sa zone

La même semaine paraissait le rapport d’activités de Brusoc5, invest régional bruxellois spécialisé qui soutient les entreprises sociales,l’économie locale et l’autocréation d’emplois, donc un public et des missions plus étendus que la Sowecsom. En 2002, Brusoc a octroyé septmicrocrédits (à des particuliers qui s’installent comme indépendants) pour un total de 55.065 euros, huit prêts du fonds d’amorçage (à dessociétés en création) pour un total de 167.360 euros, et un prêt subordonné à une entreprise d’insertion (6.500 euros).

Ces résultats sont disproportionnés par rapport au volume du capital de Brusoc, soit plus de 1,3 million d’euros. Brusoc les explique en bonne partie par la contraintequ’il rencontre depuis son lancement : ses clients doivent localiser leur activité dans les quartiers élus à l’Objectif 2, ce qui rend irrecevables 40 % des demandesreçues par la société, et qui pose des problèmes à nombre de porteurs de projets accompagnés. Sans cette contrainte, le taux de demandes donnant lieuà un prêt passerait de 13 % à 22 %.

1. Michel Colpé, directeur, Immeuble Bibot, place Léopold 3 à 5000 Namur, tél. : 081 24 01 31, fax : 081 24 01 50.

2. Un capital social de 2,5 millions d’euros (51 % octroyés par la SRIW et 49 % par la Région wallonne) et des emprunts pour 8,65 millions d’euros (6,15 de la SRIW et 2,5de la Région wallonne).
3. Si le projet le justifie, la limite maximum peut aller jusqu’à 375 000 euros.
4. La somme des interventions financières divisée par le nombre d’emplois créés.
5. Sophie Fetu, rue de Stassart 32 à 1050 Bruxelles, tél. : 02 548 22 11, fax : 02 511 59 09, site web : http://www.srib.be

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