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SDRB : plus de logements, mais moins de ventes ?

La SDRB a produit énormément de logements moyens à Bruxelles, mais les ventes ne suivent pas. Parmi les causes : l’accès au crédit.

17-10-2010 Alter Échos n° 303

La SDRB multiplie la production de logements moyens en 2009, mais les ventes ne suivent pas. Il est vrai que les particuliers ont de plus en plus de difficultés à accéder aucrédit.

À la Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB)1, les projets de construction de logements se multiplient. En 2009, la SDRBa mis en chantier plus de 580 logements. La société pararégionale construit, en partenariat avec des promoteurs immobiliers, des logements dits « moyens »destinés aux ménages aux revenus moyens. Avec des logements à 1 200 euros du m2, les prix de vente restent largement inférieurs à ceuxpratiqués sur le marché libre. Cette production record de logements survient toutefois dans un contexte de crise financière et d’accès au crédit de plus en plusdifficile. En mai dernier, la députée régionale Elke Van den Brandt (Groen  !) s’inquiétait des possibilités pour les « personnes à revenusmoyens inférieurs » d’acquérir les logements mis sur le marché par la SDRB, lors d’une séance en Commission logement du Parlement bruxellois. Lacommercialisation des logements de la SDRB serait-elle rendue plus difficile dans la situation actuelle ?

Pour Didier Gosuin2, député régional FDF-MR, il y a incontestablement un problème de vente  : « L’offre de logements est trop importante aumoment où l’accès au crédit est très difficile. La SDRB, comme les promoteurs privés, éprouve des difficultés à écouler sonstock. » Du côté de la ministre Évelyne Huytebroeck (Écolo)3, en charge de la Rénovation urbaine, on ne confirme pas les difficultés decommercialisation. On reconnaît cependant qu’une large proportion des candidats à l’acquisition, inscrits sur les listes de la SDRB, peinent à acquérir les logements missur le marché. Pour Antoine Crahay, du cabinet de la ministre, les acquéreurs éprouvent des difficultés à contracter un crédit auprès de banques. Encause  ? « Le manque d’apport personnel et les conditions d’obtention de l’emprunt, imposées par les banques, qui se sont durcies. » De plus, la possibilité derecourir aux prêts hypothécaires à taux zéro du Fonds du logement bruxellois4 dans le cas d’un achat à la SDRB a été supprimée en2009. Ce qui a encore restreint les possibilités d’emprunter pour les ménages. Ce mécanisme est cependant de nouveau permis depuis quelques mois. Antoine Crahay indique que despistes de sécurisation des financements supplémentaires sont actuellement à l’étude au sein du gouvernement régional.

Il n’y a pas que l’accès au crédit

Si le problème de l’accès au crédit est bien sûr un élément clé, la taille des logements mis sur le marché par la SDRB serait aussi àrevoir pour faire baisser les prix de vente. Actuellement, les logements de la SDRB offrent « des superficies très généreuses », ce qui rend lesappartements plus onéreux. Selon Antoine Crahay, il « faut revoir les cahiers des charges destinés aux promoteurs privés qui travaillent avec la SDRB pour fairebaisser ces superficies afin de faire baisser les prix de vente des logements. Il y a des éléments de conception des appartements qui pourraient être revus tout en gardant unniveau de confort équivalent. »

Pour Didier Gosuin, c’est toute la politique du logement de la SDRB qu’il faut réévaluer [NDLR une demande qu’il avait déjà formulée en 2005 (AlterÉchos nº 180 : “À quand une évaluation de la politique du logement moyen en Région bruxelloise ?”)]. « La mission de rénovation urbaine de laSDRB a été mise en place à un moment où il y avait un manque d’investissement dans le logement, notamment dans certains quartiers de la Région. Aujourd’hui, noussommes dans une situation radicalement différente. Le marché de l’immobilier résidentiel est redevenu porteur et nous sommes confrontés à une offre trop importante.Il faut donc réfléchir à la réorientation de notre politique concernant le logement acquisitif aidé. Elle doit être réorientée vers desdispositifs d’aides au crédit. Je pense par exemple à des assurances en cas de perte de revenus pour assurer la solvabilité des emprunteurs mais aussi rendre plus accessibles lesprêts à taux réduits. » Des solutions envisagées par la ministre Huytebroeck  ?

1. SDRB :
– adresse : rue Gabrielle Petit, 6 à 1080 Bruxelles
– tél.  : 02 422 51 11
– courriel :info@sdrb.be
– site : www.sdrb.irisnet.be
2. Cabinet du député-bourgmestre Didier Gosuin :
– adresse : rue Idiers, 12-14 à 1160 Bruxelles
– tél. : 02 676 49 99
– site  : www.auderghem.be
3. Cabinet d’Évelyne Huytebroeck :
– adresse : rue du Marais, 49-53 à 1000 Bruxelles
– tél.  : 02 517 12 00
– courriel  : info@huytebroeck.irisnet.be
– site  : http://evelyne.huytebroeck.be/
4. Fonds du logement de la Région de Bruxelles Capitale :
– adresse : rue de l’Été, 73 à 1050 Ixelles
– tél. : 02 504 32 11
– site  : www.fondsdulogement.be

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