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Santé mentale : la ministre wallonne réforme

Les 56 services de santé mentale, que d’aucun reconnaîtront sous l’appellation « centre de guidance », sont engagés dans une réforme par laministre de tutelle en Région wallonne, Christiane Vienne (PS)1. Elle entend « renforcer l’ancrage et la visibilité des services dans le réseau de soins etaugmenter les effectifs au sein des équipes ».

29-06-2007 Alter Échos n° 232

Les 56 services de santé mentale, que d’aucun reconnaîtront sous l’appellation « centre de guidance », sont engagés dans une réforme par laministre de tutelle en Région wallonne, Christiane Vienne (PS)1. Elle entend « renforcer l’ancrage et la visibilité des services dans le réseau de soins etaugmenter les effectifs au sein des équipes ».

La ministre Vienne annonce six axes à son projet, qu’elle entend pouvoir présenter en première lecture au gouvernement wallon, dès le printemps 20082 :

l’accessibilité à tous les Wallons. Au vu de la disparité de l’offre, les arrondissement de Mons, de Thuin et de Virton seront dotés d’unnouveau service.

La prise en charge des enfants. La ministre parle d’une « clarification de l’offre de prise en charge enfants-adultes ». Huit services bénéficientaujourd’hui d’un agrément spécifique pour la prise en charge des enfants. Ils sont dès lors composés différemment, avec quelques fonctionscomplémentaires comme un logopède, un psychomotricien. Or, constate la ministre, « la plupart des services de santé mentale généralistes accueillent plus de50 % d’enfants dans le cadre de leurs consultations. » Une enquête approfondie devrait être menée. Révision et transformation d’agréments seraientà l’agenda. Concernant les jeunes, la ministre entend également analyser la possibilité de mettre sur pied une équipe mobile, pour « répondre auxbesoins spécifiques des jeunes populations, sur l’ensemble du territoire wallon ».

L’introduction d’une indexation automatique des frais de fonctionnement. Ils n’ont en effet pas été indexés depuis 10 ans, annéed’écriture du décret relatif aux services (4 avril 1996).

La création d’une fonction de liaison. La ministre la conçoit à la fois selon un rôle de « lien interne » – veiller àl’organisation journalière du service dans ses aspects fonctionnels et administratifs et dégager ainsi les thérapeutes de ces tâches -, à la fois selon unrôle de lien externe – construire et entretenir l’ancrage du service sur le territoire.

La formation obligatoire du personnel.

L’obligation de rentrer un projet thérapeutique en même temps que le dossier d’agrément ou de renouvellement. La ministre détaille : « Il devrapermettre d’identifier : le contexte, les moyens, les modalités de prise en charge, la relation avec le patient, l’inscription dans le réseau, l’évaluation.

Les services de santé mentale, selon un concept formalisé en 1975, associaient dans un premier temps missions de prévention et de consultation. Depuis ’94 et le transfert vers lagestion par la Région wallonne, les activités se sont recentrées sur les activités de consultations. Les équipes sont pluridisciplinaires. S’adresser àeux, c’est s’adresser à une équipe aux approches multiples : médicale, sociale, basée sur l’écoute… en fonction de ce qui correspond lemieux au patient.
Pour ces services publics, et selon des particularités locales, l’accessibilité à la population est une préoccupation majeure. Ainsi, entre autres, le tarif y estréglementé par une législation ad hoc, il ne doit quoi qu’il en soit, pas être un frein.

La ministre évoque aussi un acteur spécifique, l’Institut wallon pour la santé mentale3. Pour elle, « il s’agit de faire en sorte que lefinancement régional serve à venir en appui aux services régionaux dans le domaine de la santé mentale, c’est à dire exclusivement aux services desanté mentale. L’Institut restera bien entendu libre de développer d’autres missions, mais désormais sur d’autres crédits que les créditsrégionaux ». L’Institut, de par ses ambitions de concertation et d’approche transversale, réunit des membres tels que des hôpitaux psychiatriques, des structuresambulatoires, des plateformes de concertation, des structures psycho-médico-sociales, des usagers… Les services de santé mentale ne sont donc qu’une partie. Lesdéclarations de la ministre l’amènent à se pencher sur l’avenir du projet fondateur, sur la manière de rencontrer au mieux les missions financées et lacohérence avec le projet originel.

1. Cabinet Vienne, rue des Brigades d’Irlande, 4 à 5100 Jambes
– tél. : 081 32 34 11.

2. Ils sont l’aboutissement d’un processus de consultation qui a enchaîné e-colloques et assises, accueilli avec réserve et investi en énergie par lesecteur.
Voir : Regards sur les services de santé mentale en Wallonie, février 2007. Cahier n°4 de l’IWSM.
3. IWSM, rue Henri Lemaître, 78 à 5000 Namur
– tél. : 081 23 50 15
– site : http://www.iwsm.be/

Catherine Daloze

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