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Que deviennent nos données ?

J’aime, j’adore, haha, triste, grrr! Quand Facebook a lancé ses nouvelles émoticônes, quelques internautes se sont émus des possibilités ainsi offertes à la multinationale de tracer nos humeurs. Puis, l’émoi est retombé et les mêmes internautes se sont parfois mis à y recourir eux-mêmes. Utiliser nos données personnelles comme monnaie d’échange pour accéder aux services «gratuits» proposés par les géants du web est insidieusement entré dans les mœurs.

J’aime, j’adore, haha, triste, grrr ! Quand Facebook a lancé ses nouvelles émoticônes, quelques internautes se sont émus des possibilités ainsi offertes à la multinationale de tracer nos humeurs. Puis, l’émoi est retombé et les mêmes internautes se sont parfois mis à y recourir eux-mêmes. Utiliser nos données personnelles comme monnaie d’échange pour accéder aux services « gratuits » proposés par les géants du web est insidieusement entré dans les mœurs.

Partager les plus intimes de nos données est devenu un acte quotidien, banal.

Partager les plus intimes de nos données est devenu un acte quotidien, banal. Quand nous surfons sur les réseaux sociaux, quand nous faisons nos courses, quand nous empruntons les transports en commun, quand nous frappons à la porte de notre banquier, quand nous consultons le médecin, quand nous réalisons des démarches administratives…

La masse de données ainsi collectée est proprement colossale ! Comment nos données voyagent-elles ? Comment se croisent-elles ? Sont-elles conservées en sécurité ? Qui peut y accéder ? Avec quels objectifs et avec quels garde-fous ? Ce que révèle l’enquête d’Alter Échos sur l’utilisation de nos données informatiques en matière de sécurité sociale n’a en tout cas rien de très rassurant. Si les données de la Banque-Carrefour sont utilisées pour faciliter la vie des administrés et, parfois même, pour faciliter l’ouverture de droits sociaux, elles le sont de plus en plus dans une optique de contrôle et de lutte contre la fraude sociale. La Banque-Carrefour veut étendre ainsi peu à peu son champ d’action à des données qui semblent pourtant éloignées du domaine de la sécurité sociale comme la protection de la jeunesse et bientôt la consommation de gaz et d’électricité.

« Il y a un déséquilibre entre l’administration, qui a de nombreux outils qui facilitent son travail, alors que le citoyen est perdu et ne sait pas où sont ses données, qui les utilise et pourquoi », assène Élise Degrave, du Centre de recherche, information et société1. Car, pour comprendre comment nos données circulent, il faut s’armer de patience. Un peu comme pour suivre les mises à jour des conditions d’utilisation générale de Facebook.

  1. Lire notre article p. 6 « Sécurité sociale : l’échange hors contrôle de nos données » par Cédric Vallet.
Sandrine Warsztacki

Sandrine Warsztacki

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