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Plan logement aux Dames Blanches : les habitants sont chocolat

À Woluwe-Saint-Pierre, des riverains dénoncent l’absence de concertation dans le cadre du Plan logement.

30-01-2009 Alter Échos n° 266

À Woluwe-Saint-Pierre, des riverains dénoncent l’absence d’une réelle concertation dans le cadre de la mise en œuvre du Plan logement dans le quartier des DamesBlanches.

Sis à Woluwe-Saint-Pierre, le terrain des Dames Blanches est un champ de 10 ha adossé à la Forêt de Soignes, près du carrefour des Quatre-Bras. C’est ladernière grande réserve foncière de la SLRB (Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale). La secrétaire d’État bruxelloise auLogement, Françoise Dupuis (PS), souhaite y construire un maximum d’unités dans le cadre du Plan logement1. Au printemps 2007, elle annonce 1 000 logements sociaux et moyens.Or, un plan particulier d’affection du sol communal (PPAS) prévoit la construction de 132 logements. La polémique éclate au sein de la majorité régionale. Pourcause : le ministre de l’Emploi Benoît Cerexhe (CDH) est échevin empêché du Logement à Woluwe-Saint-Pierre. Lui et sa commune rappellent que le nombre delogements ne figure pas dans l’accord de gouvernement.

En juin, plusieurs associations, dont le Rassemblement bruxellois pour le droit au habitat (RBDH)2, « plaident pour que soit créé, en concertation avec les habitantset les associations, un quartier durable d’une densité qui permette le développement d’infrastructures communautaires. »

En décembre 2007, c’est au tour des riverains de poser leurs exigences3. Ils rappellent que c’est le rejet d’un projet de 600 logements en 1982 qui a donnénaissance au PPAS. De plus, il existe des contraintes liées au terrain : enclavement dans la forêt, unique voie d’accès par l’avenue des Dames Blanches,problèmes hydrographiques (nombreuses inondations), insuffisance de commerces, crèches, écoles et transports publics. Enfin, ils souhaitent que les futurs logements respectent ladensité actuelle du quartier.

Information ou participation ?

Toujours fin 2007, Françoise Dupuis lance un marché pour une étude urbanistique et organise des ateliers de participation citoyenne destinés à alimenter lesauteurs de projets. Rapidement, les riverains qualifient ce processus de « simulacre de participation ». Le 10 mars 2008, une réunion prévue pour présenter uneétude urbanistique est annulée, puis reprogrammée le 14 octobre.

L’étude propose trois scénarios qui font tous l’impasse sur le PPAS : un scénario intergénérationnel de « cité parc » (450logements, pour 1 000 habitants), un scénario urbain de « cité grille » (624 logements, pour 1 400 habitants) et un scénario plus familial dit « citéjardin » (500 logements, pour 1 140 habitants). Les riverains font part de leurs remarques habituelles. Le 7 janvier 2009, la ministre annonce dans Le Soir que le scénario «cité grille » a été adopté à l’unanimité par le CA de la SLRB. L’information est démentie dès le lendemain par Damien DeKeyser, échevin du Logement à Woluwe-Saint-Pierre et administrateur de la SLRB. Il précise que les urbanistes travaillent toujours sur un projet de « cité jardin».

Du côté du comité d’habitants, c’est la surprise. Une fois de plus, Thomas Dallemagne constate que « la concertation avec les riverains, c’est de la poudre auxyeux. Le projet prévoit d’élargir l’avenue des Dames blanches, de tailler dans le vieux quartier. » Devant les accusations de nimbisme, il réagit : « Onne s’est jamais opposé au logement social. On veut éviter que les personnes qui habiteront là se retrouvent enfermées dans un quartier. On n’est pas dans le nimby.Nous sommes simplement en droit de poser des questions critiques. Personnellement, je vis dans une maison ouvrière, dans le vieux quartier social – où certaines maisons sontencore du logement social. Il y a de la mixité sociale. Notre crainte est qu’avec 100 % de locataires, il y ait beaucoup de rotation de gens qui ne s’impliqueront pas dans le quartier.»
Les nouveaux projets seront présentés lors d’un prochain atelier participatif. De son côté, le comité d’habitants compte faire du projet un enjeuélectoral. La crainte principale reste qu’au travers de la réforme du Cobat (Code bruxellois de l’Aménagement du territoire), la ministre court-circuite le PPAS.« On comprend le besoin de logements, mais il faut que cela se fasse en concertation avec les habitants », conclut Thomas Dallemagne.

1. Plan logement :
– site : www.planlogement.be/fr_BE/projects/project/id/30.html
2. RBDH-BBRoW (Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat-Brusselse Bond voor het Recht op Wonen ) :
– adresse : quai du Hainaut, 29 à 1080 Bruxelles
– tél. : 02 502 84 63
– site : http://www.rbdh-bbrow.be
3. Thomas Dallemagne :
– adresse : rue J.-B. Dumoulin, 30 à 1150 Bruxelles
– courriel : tdallemagne@hotmail.com
– site : www.damesblanches.be

Baudouin Massart

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