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Personne handicapée cherche famille accueillante

Chaque année, cinquante demandes d’enfants ou adultes handicapés à la recherche d’une famille d’accueil ne peuvent être satisfaites.

06-07-2012 Alter Échos n° 342

Chaque année, cinquante demandes d’enfants ou adultes handicapés à la recherche d’une famille d’accueil ne peuvent être satisfaites. Les six servicesd’accompagnement réunis au sein du réseau Accueil familial enfants adultes (AFEA) lancent un appel.

« Accueillir une enfant handicapée, ça bouscule le quotidien. Ça change le cadre du boulot métro dodo. Ce n’est pas tous les jours facile, mais c’esttoujours un bouleversement très positif. » Kathia héberge une petite fille qui présente un léger retard mental et physique. Elle-même a étéplacée à l’âge de dix ans. A son tour, elle voulait « offrir la chance à une enfant de ne pas vivre en institution ». Il y a six ans, elle décidede répondre à une petite annonce placée dans le journal local par La Croisée, un service d’accompagnement en accueil de type familial situé à Malmedy.« Le service, c’est un véritable pilier pour nous. Ils m’accompagnent quand la petite a un rendez-vous à la Protection de la Jeunesse, m’aident si j’ai desdémarches administratives à faire, si je cherche une baby-sitter… Ça me rassure de savoir que je ne suis pas seule. »

Kathia se souvient de l’arrivée de la fillette avec une certaine émotion. Agée de 2 ans et demi, elle se comportait comme un bébé de 9 mois. « A lapouponnière, elle était devenue agressive. Elle mordait, détournait le visage. C’était une enfant fermée. Quand elle est arrivée à la maison,elle léchait les murs, les meubles, grattait le carrelage de la cuisine avec ses dents. » Patiemment, Kathia, déjà maman de deux garçons, la nourrit de petits pots,puis d’aliments solides, lui apprend à faire ses premiers pas… Les progrès sont rapides. « Ça a été comme une deuxième naissance. »Aujourd’hui, la fillette de 8 ans affiche un caractère jovial. « Elle est très motivée, elle veut montrer qu’elle est autonome et qu’elle est capable dese débrouiller elle-même », se félicite Kathia. Qui tient toutefois à modérer  : « Quand on accueille une personne handicapée, on peut lafaire évoluer. Mais il ne faut pas croire qu’on va la changer. Il faut l’accepter telle qu’elle est avec son handicap. »

Sur liste d’attente

Chaque année, quelque cent-cinquante enfants et adultes handicapés sont accueillis dans des familles volontaires. Et cinquante autres restent inscrits sur une liste d’attente.Les demandes émanent soit de la personne handicapée ou de sa famille, soit des services de l’Aide à la jeunesse, ou encore des institutions. « Les motivations sontvariées », observe Myriam Dehard, chargée de communication aux Chanterelles, un service d’accompagnement situé à Seraing. « Pour les mineurs, la demandeémane souvent des services d’Aide à la jeunesse. Mais pas seulement. On a eu le cas d’une dame, par exemple, qui habite le fin fond du Luxembourg et cherchait une familled’accueil en semaine à Liège pour permettre à son enfant de fréquenter une école spécialisée. » Pour les adultes, vivre dans une familled’accueil peut être une façon de rompre avec la solitude. « On a aussi beaucoup de parents vieillissants qui s’inquiètent du devenir de leurs enfantshandicapés et pour qui l’accueil familial est une façon de préparer l’avenir. »

Pour mieux se faire connaître, les cinq services d’accompagnement en accueil de type familial en Région wallonne – Les Chanterelles (Seraing), L’Albatros (Herstal), LaCroisée (Malmedy), La Ridelle (Ciney), le Service d’accueil familial provincial (Mons) ainsi que le service d’accueil familial de la région de Bruxelles, La Vague – se sontréunis au sein du réseau AFEA1. Par ailleurs, en Wallonie, un nouvel arrêté ministériel prévoit une meilleure indemnisation des familles etvalorise leur statut. « Les familles ne se sont jamais bousculées au portillon. Mais aujourd’hui, trouver une famille d’accueil devient véritablement mission impossible. Est-ceà cause de la crise économique, d’une société devenue plus individualiste ? », s’interroge Myriam Dehard. Qui n’exclut pas non plus que la demande aitaugmenté. « On ne tient pas de statistiques précises. Mais il est vrai que les efforts du réseau pour mieux faire connaître nos services auprès desinstitutions commencent à porter leurs fruits. »

1. AFEA :
– adresse : rue du Pairay, 87 à 4100 Seraing
– tél. 04 380 41 73
– courriel : myriam.dehard@chanterelles.be
– site : www.afea.be

Sandrine Warsztacki

Sandrine Warsztacki

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